Publié le 14 Février 2018
Publié le 4 Février 2018
Bonjour à tous
"Il faudrait toujours être en route pour l'Alaska"... Partir... Avancer... Ne jamais s'arrêter... Vivre l'instant présent et ne jamais regarder en arrière... "Je veux juste qu'on me laisse courir" chuchote Lili... Guidée par une formidable passion et un irrépressible besoin d'action, d'immédiateté et de liberté, armée d'une énergie sans pareille et d'une incroyable insensibilité à toute douleur morale et physique, la frêle héroïne du "Grand marin" de Catherine Poulain décide un jour de tout plaquer, d'aller au bout du monde et au bout d'elle-même, de quitter la France pour rejoindre l'Alaska et embarquer comme marin-pêcheur sur le premier bateau qu'elle trouvera...
Ce bateau de pêche, ce sera le 'Rebel", ses compagnons des marins taiseux, son décor un univers mouvant, contrairement à la terre où "tout est fixe", son quotidien l'air du large, les sourires et les coups de gueule, les accidents, l'attente, l'horizon, le gros temps, les ciels gris, l'instinct primaire de la lutte, le ventre blanc des poissons accrochés sur les palangres, parfois le dos d'une baleine ou "un croissant de lune pris dans les haubans"...
A terre, les souvenirs, les silences, les petits boulots à la journée, les rêves inassouvis, les hommes de mer échoués sur la rive et les fantômes des disparus, les cuites "pour ne pas mourir d'ennui ou de désespoir, pour calmer et assomer la bête dans nous" et toujours l'attente "comme une douleur", l'avenir incertain se limitant souvent au lendemain...
Et puis, il y a Jude, l'homme-lion à la crinière et au regard dorés, silencieux, costaud, fragile à terre, respecté et expérimenté à bord, marin "idéal", le grand marin qui pourrait donner un autre sens à sa vie... Bientôt, les sentiments bruts et inavoués, une histoire d'amour comme une lame de fond dont on pressent la fin possible, l'ombre de celui qui finira sans doute lui aussi par partir se chercher au-delà des océans...
Première oeuvre saluée par de nombreux prix, "Le grand marin" est à 100.000 lieues de ce qui fait notre monde moderne, futile et dérisoire, réseaux sociaux, publicité, internet, hyperconsommation, confort matériel, société de loisirs, peur du lendemain. Parfois noir comme les grands fonds, le récit aux dialogues minimalistes est animé d'un souffle rare et traversé en permanence de sensualité, de couleurs vives, d'odeurs puissantes, de températures glacées, de saveurs inconnues, de sons étranges...
Choc littéraire, récit de voyage et d'aventures à l'extraordinaire pouvoir évocateur, série de portraits magnifiques, rencontre indispensable et bouleversante, le roman quasi autobiographique de Catherine Poulain est une ode à la liberté chantée par un personnage hors du commun, qui a peur de "se retrouver prise dans un filet" et qui n'aspire qu'à disparaitre aux yeux des siens et dériver sans attache au gré des courants : "Comme je voudrais être un flotteur" se confie-t-elle un jour rêveusement...
Il faudrait toujours être en route pour l'Alaska !
Tonton Daniel
Publié le 4 Février 2018
Bonjour à tous
Accompagnée d'un frisson pluvieux, la nuit vient de tomber sur l'Espace Cirque du Théâtre Firmin Gemier d'Antony où va débuter le spectacle "Bestias" de la Compagnie Baro d'Evel Cirk...
Sous le chapiteau, sur la piste et autour des gradins, chevaux, perruches et corbeau-pie vont donner la réplique à une troupe de comédiens dynamiques enchainant chant, musique, expression corporelle, dressage, portés acrobatiques, clowneries... De cet assemblage hétéroclite et déconcertant au premier abord naitra peu à peu un spectacle original, insolite et plein de symboles, univers du cirque contemporain où se mêleront rires et frissons, émotions et interrogations... Animaux, femmes-oiseaux, hommes-buissons... Tous des bêtes ? Tous humains ?
Echo métallique d'un carillon... Ombre furtive d'un cheval au pas... Lumières qui faiblissent... Que le spectacle commence !
Tonton Daniel
Publié le 28 Janvier 2018
Bonjour à tous
Comment réduire les effets néfastes de la surpopulation humaine sur l'Environnement ? Réponse du scénariste et réalisateur américain Alexander Payne : en réduisant la taille des êtres humains à... 12 centimètres ! Résultat : un nanar sidéral, film bancal, mal construit, hésitant en permanence entre plusieurs genres, comédie, drame et science-fiction, des personnages caricaturaux et des acteurs inexistants voire mauvais comme le pitoyable Udo Kier... Seule performance à noter, celle de l'actrice Hong Chau. Quant à Matt Damon, il aurait mieux fait de rester seul sur Mars !
Surpopulation, surconsommation, dégâts irréversibles sur l'Environnement, diminution des ressources naturelles, réchauffement climatique, pollution... Sur le fond, le film pose les bonnes questions mais donne de mauvaises réponses, même pour un film de science-fiction ! Film auquel on n'adhère pas une seconde, dont le scénario oblitère intégralement l'aspect scientifique et qui bifurque très vite de la parabole écologiste à la critique sociale du rêve américain et à ses dérives inégalitaires !
Sur le même sujet mais dans un tout autre genre, on préfèrera l'excellent "Seven sisters" de Tommy Wirkola sorti l'an dernier sur les écrans. Quant à la miniaturisation, on reverra plutôt "Le voyage fantastique" de Richard Fleischer sorti en 1966 ou "L’Homme qui rétrécit", extraordinaire film réalisé par Jack Arnold en 1957 !
"Downsizing" est un film petit, petit, petit, qui s'élève rarement et ne parvient ni à faire rêver ni à émouvoir ni à faire réfléchir ! A fuir à grandes enjambées !
Tonton Daniel
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seven sisters - Le blog de Tonton Daniel
Bonjour à tous Si tous reconnaissent que nous avons un problème vital à résoudre, les démographes de la planète débattent aujourd'hui pour savoir si la Terre est victime de surpopulation ou ...
http://tontondaniel.over-blog.com/2017/08/seven-sisters.html
Publié le 26 Janvier 2018
Bonjour à tous
Bercé depuis toujours de légendes germaniques anciennes et désireux de nous révéler "la vie secrète des arbres", l'ingénieur forestier Peter Wohlleben nous entraine avec son dernier ouvrage dans une formidable promenade à la rencontre des habitants de la forêt. Au-delà des sujets connus comme l'éclosion des bourgeons, le repos hivernal des feuillus, le voyage des graines ou la communication olfactive entre individus soumis à un stress, l'auteur nous incite à ralentir notre marche, à nous attarder au pied des sapins et des chataigniers, à regarder sous l'écorce des pins, à observer le sol et les fourmis, à écouter le bruissement des feuilles et le chant des pinsons...
Première surprise, malgré son air paisible et son aspect figé, la forêt, écosystème caractérisé par une profusion de vie, se comporte comme un superorganisme très actif ! Grâce au "plancton terrestre" concentré dans l'humus et à la symbiose récemment découverte entre le réseau racinaire des arbres et les champignons forestiers, Peter Wohlleben imagine un "Wood Wide Web" dans lequel tous les végétaux seraient interdépendants, ou pour le moins interconnectés, et grâce auquel des pins morts continuent par exemple à produire des aiguilles vertes ! Hélas, la vie en réseau et en communauté entraine bien souvent des problèmes auxquels la forêt n'échappe pas, elle est un monde violent où règne souvent la loi du plus fort : combat pour l'eau, compétition pour la lumière, guerres entre espèces...
Peu à peu, l'auteur nous propose une vision très romantique et pour le moins anthropomorphique des forêts dont il a la garde. Il nous présente ainsi des forêts "heureuses", des arbres "individualistes", capables de "comportement social", d'entraide, d'apprentissage, de perception du temps qui passe, d'intelligence, de stockage de connaissances dans un "cerveau" végétal... Des ormes, des sorbiers et des épicéas ayant besoin de sommeil, des saules, des peupliers et des merisiers réclamant à boire par ultrasons, des hêtres "racistes" et intolérants envers des chênes...
De manière beaucoup plus pragmatique et scientifique, on relèvera aussi tous les problèmes induits par l'Homme sur son environnement végétal, et notamment en ville où les arbres souffrent beaucoup. Souvent maltraités car mal compris par les Hommes, platanes, érables et tilleuls urbains subissent terre compactée, températures élevées, air sec, gaz d'échappement, absence de champignons ou sels de déneigement. Non préparés génétiquement ou naturellement, leurs cousins soumis aux incendies provoqués ont peu de chance de survie et tous sont soumis aux espèces déplacées devenues invasives, aux hybrides et aux cultivars. Enfin, arme à double tranchant, la lenteur des arbres leur permet de vivre longtemps mais leur donne très peu de chance de modification génétique par lésion ou mutation aléatoire. Il leur est donc difficile de s'adapter aux évolutions rapides de l'Environnement souvent imposées par l'Homme.
Peter Wohlleben aborde évidemment les changements climatiques. Malgré la lenteur des forêts primaires à se régénérer (200 à 500 ans), l'auteur rappelle que les arbres comptent parmi les plus réactifs des marqueurs du climat. Pour pallier l'effet fertilisant de la concentration croissante de CO2 atmosphérique, il conseille de planter et de laisser vieillir les arbres, d'augmenter les surfaces forestières, de mettre en place un mode d'exploitation raisonnée qui assure la permanence de la forêt comme la "futaie jardinée" et rappelle aussi que les arbres sont des acteurs essentiels au cycle de l'eau en créant à leurs cimes de véritables "nuages forestiers" : "Laissons faire la Nature" !
Maltraités, surexploités, incendiés ou abattus sans raison, les arbres sont pourtant bien utiles ! Usines à oxygène, régulateurs du cycle de l'eau, "aspirateurs à CO2" et puits de carbone, refuge de biodiversité, ils offrent aussi de nombreux bienfaits physiologiques et psychologiques, enseignent la patience, alertent sur l'évolution du climat comme ces "arbres ivres" qui penchent suite à la fonte du pergélisol ou ces bouleaux qui migrent vers le nord pour cause de réchauffement. Ils peuvent aussi nous interroger sur notre propre comportement, Peter Wohlleben écrivant à propos de certains arbres : "Quelle espèce ne prend pas tout ce qu'elle peut prendre ?" Et plus loin : "Le groupe qui est trop avide, qui prend beaucoup sans offrir de contrepartie, se condamne à l'extinction par destruction de ses moyens d'existence." Comprenne qui voudra !
Tonton Daniel










