Publié le 26 Février 2014

Bonjour à tous

Sentinelle énigmatique posée sur un piton rocheux escarpé, le château de la Roche du Roi surplombe depuis plus d'un siècle la cité d'Aix-les-Bains en Savoie et le magnifique lac du Bourget qui inspira le poète Alphonse de Lamartine au XIXe siècle. Edifié en 1900 par l'architecte Jules Pin aîné, il a vu défiler sous ses fenêtres et dans ses murs de nombreuses célébrités et les plus prestigieuses têtes couronnées attirées tout ensemble par la magie de l'endroit et les sources chaudes calciques et sulfurées exploitées ici depuis l'Antiquité.

Après le passage de la famille Bonaparte au grand complet, la ville thermale a ainsi reçu à plusieurs reprises l'impératrice Sissi, la reine Victoria, Napoléon III, le roi Fayçal ou l'Aga Khan, Victor Hugo, George Sand ou Sarah Bernhardt, et vu construire à la Belle Epoque près du Parc du Bois Vidal palaces et grands hôtels aux noms prestigieux comme le Royal, l'Astoria, le Bernascon ou l'Excelsior, aujourd'hui tous restaurés et transformés pour des usages moins élitistes. Surplombée par les sommets enneigés du massif des Bauges, Aix-les-Bains, présente aussi des vestiges gallo-romains, des thermes art déco, un casino aux mosaïques dorées, un parc thermal aux essences rares, une atmosphère surannée propre à beaucoup de villes d'eaux ainsi qu'un monument commémorant les entretiens pour l'indépendance du Maroc tenus à Aix en 1955.

Aix-les-Bains, c'est aussi le charmant musée Faure, une de ces collections méconnues de province, comme celles du château-musée de Dieppe ou du musée Boudin de Honfleur qui recèlent de nombreuses signatures prestigieuses. A Aix, dans le décor agréable d'une villa italienne de 1900 et sans la cohue des grands musées nationaux, sont ici exposés grands maitres impressionnistes ou romantiques (Corot, Cézanne, Sisley, Pissarro...), collection de sculptures de Rodin et mobilier évoquant le séjour du poète Lamartine.

Au loin, de l'autre côté du lac, un autre bâtiment prestigieux semble attirer le visiteur dans un cadre beaucoup plus sauvage et plus propice au recueillement : l'abbaye d'Hautecombe, nécropole des princes et ducs de Savoie dont l'église au décor exubérant de style "gothique troubadour" mérite à elle seule le voyage. Bâtie au bord de l'eau dans un site exceptionnel et accessible par bateau depuis Aix, l'abbaye abrite tombeaux, monuments et cénotaphes des membres de la famille de Savoie depuis le 12e siècle.

A la fin du jour, quand les nombreux oiseaux sauvages se posent sur l'eau du lac pour la nuit et que les derniers feux du soleil illuminent la chaine enneigée des Alpes dans le lointain, le château de la Roche du Roi semble plus mystérieux et plus fascinant que jamais... Cité dans les guides touristiques comme un modèle d'architecture 1900 et classé monument historique depuis 1986, ce château de conte de fées n'a pourtant pas résisté au temps qui passe. Vendu à plusieurs reprises sans jamais avoir été habité par ses propriétaires successifs, résidence dans les années 60 de plusieurs vedettes, théâtre de soirées mondaines extravagantes, il est aujourd'hui dans un état proche du délabrement total et ne fait plus illusion que de loin, comme la carcasse d'un animal sauvage mort et empaillé depuis longtemps ! Son propriétaire actuel, un mystérieux allemand du nom de Eberhardt Zerrweck, à l'adresse incertaine et à l'identité controversée, ne s'est jamais inquiété de l'état de décrépitude avancée du bâtiment ni des différentes procédures lancées par la municipalité, la préfecture et le ministère de la culture. Grille en ruine pissant la rouille, marquises en fer forgé couvertes de mousses, fenêtres et volets cassés, façades taguées, toiture endommagée par les tempêtes et les incendies, piscine défoncée et parc envahi par la végétation, le château est désormais le royaume des courants d'air et des fantômes solitaires... Les fantômes d'une époque révolue qui chuchotent en soupirant les vers les plus célèbres de Lamartine ("Le lac") :

"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !"

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #sur les routes de france, #architecture

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Publié le 19 Février 2014

Bonjour à tous

Nankin, décembre 1937. Les troupes impériales japonaises ont envahi la capitale chinoise. Un homme et sa femme enceinte se débattent pour survivre au milieu du chaos. Tokyo, été 1990. Logée dans une vieille demeure à l'atmosphère envoûtante, Grey, une jeune anglaise au passé mystérieux, recherche un vieil universitaire et un film sulfureux, témoignage oublié des atrocités de Nankin...

Par le biais de deux histoires imbriquées et la rencontre de deux êtres que tout oppose a priori, la britannique Mo Hayder a composé son roman "Tokyo" ("The Devil of Nanking"), un récit passionnant et dérangeant, au titre laconique mais d'une rare puissance évocatrice, à la fois thriller et livre d'Histoire, qui superpose étroitement fiction et réalité, suspense haletant et visions atroces de la seconde guerre sino-japonaise. Les deux survivants, deux êtres fragiles traqués et hantés par leurs souvenirs respectifs, vont progressivement s'apprivoiser et nous amener à percer le secret du "Diable de Nankin" dans une lente plongée morbide vers la violence et la perversité...

Ne pas se fier aux simples apparences, aux codes sociaux hypocrites, aux traditions familiales, aux superstitions millénaires. Voilà ce que semblent nous dire l'auteure et le décor aseptisé de la capitale nippone. Car, derrière les idéogrammes Kanji et les cartes de visite, derrière les camélias fleuris et les bouquets Ikebana, derrière les portes coulissantes et les écrans de papier de riz se cachent souvent d'autres visages de l'Empire du soleil levant. Sous la neige omniprésente et la blancheur des flocons immaculés se dissimulent clubs à hôtesses, lanternes de geishas et estampes érotiques. Par-delà les masques kabukis, les jardins aux lanternes de pierre et les codes du théâtre Nô sommeillent de féroces yakuzas, des sabres samouraïs et de lourds secrets pliés comme autant de complexes origamis... Dans cet univers aseptisé et moderne, le léger parfum du thé de riz empêche parfois la perception d'odeurs plus méphitiques comme celles des incendies ou de la viande grillée...

Malgré l'horreur distillée à petite dose, insidieusement, implacablement..., malgré les viols et les tortures, malgré les larmes et les frissons, impossible de quitter la lecture de "Tokyo". Ce texte ravageur est écrit dans un style extraordinaire et aborde de nombreux thèmes universels : l'amour, la violence gratuite, le pardon, le témoignage, le pouvoir des images, l'ignorance, le mal, les instincts primitifs, la crainte de la mort, la folie des êtres et de la société humaine... Récompensé par plusieurs prix, "Tokyo" est avant tout une histoire terriblement humaine, illustration des défauts, des faiblesses, des failles de chacun d'entre nous, qui fait naitre une foule d'émotions brutes et qui pourrait, presque un siècle après les faits historiques, révéler "un chemin vers la paix de l'esprit".

Merci à Kevin pour ce voyage littéraire et instructif, à déconseiller cependant aux plus jeunes et aux femmes enceintes !

Tonton Daniel

tokyo

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #japon

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Publié le 15 Février 2014

Bonjour à tous

On a beaucoup écrit sur la coquetterie, les frasques amoureuses et les folles dépenses de Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte. Et pour cause... Celle qui lança la mode du gant long et qui ne voulait pas porter une paire de gants deux fois de suite en fit commander à ses gantiers jusqu'à 985 paires par an, soit deux à trois paires par jour pendant des années ! Les plus coûteux étaient même brodés de fil d’or... mais furent à usage unique comme les autres !

Pour ses bijoux, ses centaines de robes, ses gants, ses châles, ses chapeaux, ses fleurs, ses parfums et son train de vie, l'impératrice se fera verser par son ange gardien et empereur de mari trente millions de francs en dix ans, une fortune phénoménale pour l'époque. Endettée en permanence et répudiée pour n'avoir pas donné de descendant à Napoléon Ier, elle finira sa vie au chateau de la Malmaison où son boudoir, saturé de parfums lourds et entêtants à base de musc, d'ambre et de civette, embaumait encore 60 ans après sa mort !

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #histoire

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Publié le 13 Février 2014

Bonjour à tous

Un petit tour en musique dans les années 60 avec Tammi Terrell et Marvin Gaye ?

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

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Publié le 7 Février 2014

Bonjour à tous

Vodka, balalaïkas et troïkas ! La cérémonie d'ouverture des jeux olympiques d'hiver de Sotchi vient juste de s'achever, nous donnant l'occasion, comme tous les deux ans en comptant les jeux d'été, de réviser histoire et géographie mondiales et de croire naïvement à la paix dans le monde pendant la trêve olympique. Le faste déployé à cette occasion nous a également permis de revisiter la Russie éternelle mais sans nous projeter dans l'avenir...

Hélas en effet, le rythme, l'imagination, la musique et la folie des jeux de Londres en 2012 ont laissé la place à la légendaire nostalgie slave et à une série de clichés d'une autre époque : les bulbes de Saint-Basile, les ballets russes, la faucille et le marteau, Tolstoï et Gagarine, Spoutnik et le Lac des cygnes... Grandeur et décadence, aucun symbole ne manquait et rien ne présentait la Russie de demain à l'exception du dernier tableau illustrant un éventuel retour vers l'Espace... Des évocations du temps passé, le retour de l'idéologie religieuse orthodoxe, des gloires passées comme Valentina Terechkova en porteuse de drapeau... jusqu'au stade dont la forme imite la couronne impériale des Romanov et au mât supportant la flamme olympique rappelant furieusement le design du stade olympique de Montréal en 1976 !

Sans réclamer un exposé sur les ambitions "eurasiennes" du président Vladimir Poutine ou des éclaircissements sur ses relations avec Alina Kabaeva, avant-dernière relayeuse de la flamme olympique ce soir, on aurait aimé un peu plus de vie et de modernité, une vision moins "slave" et moins fataliste, l'espoir d'un vrai projet pour un grand pays qui ne manque pas d'atouts humains, géographiques ou naturels. L'exercice est raté. Dommage ! Et maintenant, place aux jeux !

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #sports et jeux, #actualité, #international, #russie-urss

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