Publié le 19 Juin 2014

Bonjour à tous

Le piège Amélie Nothomb s'est une fois de plus refermé sur un pauvre lecteur innocent ! En 2005, la romancière au look excentrique a choisi l'univers sulfureux de la téléréalité comme sujet principal de son bien-nommé "Acide sulfurique". Mais attention ! Pas la télé-poubelle que nous servent sans vergogne et à longueur de journée des chaines pour adolescents qui ne méritent même pas d'être nommées ici, non, la téléréalité selon Nothomb est bien pire... Filmée dans un véritable univers concentrationnaire avec rafles, matricules, tatouages, humiliations, souffrances et mise à mort, l'émission "Concentration" combine à la fois les jeux du cirque donnés dans la Rome antique et toutes les horreurs, les aliénations et les abominations du système totalitaire nazi dans l'Europe du XXe siècle.

La mort annoncée et acceptée, sujet de spectacle filmé par des caméras anonymes ou en direct à la télévision, n'est pas un sujet nouveau. Sur le même thème des "TV death games", la littérature et le cinéma ont produit "La Dixième Victime" d'Elio Petri en 1965, "La Mort en direct" de Bertrand Tavernier en 1980, "Le Prix du danger" d'Yves Boisset en 1983 d'après Robert Sheckley, "Running Man" de Paul Michael Glaser en 1987 d'après Stephen King, et plus récemment "Battle Royale" de Koshun Takami en 2000 ou "The Hunger Games" en 2012 d'après Suzanne Collins.

Autant d'inspirations pour La Nothomb qui ajoute à la rencontre de deux concepts incompatibles sa très identifiable touche personnelle, des personnages hors du commun aux noms extravagants, quelques digressions religieuses et réflexions philosophiques un peu convenues ("La guerre révèle la nature profonde des êtres"...) et la projection de son ego sans borne sur une héroïne exceptionnelle aussi angélique que télégénique : comme elle le suggère dans la quatrième partie, Dieu et l'écrivain n'ont-ils pas en commun leur pouvoir de création ainsi que le droit de vie et de mort sur leurs créatures !?

"Acide sulfurique", c'est aussi la rencontre et le choc de deux personnalités a priori incompatibles, des rapports sado-masochistes non exprimés, le fascinant et inextricable spectacle de l'Amour et de la Haine enchainés l'un à l'autre depuis la nuit des temps. C'est enfin la dénonciation de la bêtise humaine, de la course à l'audimat, des manipulations de masse et de la passivité du public qui de nos jours a de plus en plus de difficulté à distinguer le réel des journaux télévisés du virtuel des jeux vidéo.

Malgré le malaise provoqué par cette lecture dérangeante, difficile de lâcher cet "Acide sulfurique" aussi noir que cynique et improbable. Entre écoeurement et fascination, la fin du livre arrive très vite, amère et légèrement décevante... Décevante car pas assez dramatique... Décevante car pas assez mortelle... Décevante car non conforme à l'attente du lecteur... Un lecteur odieux qui finit peu ou prou par réagir comme le téléspectateur monstrueux de "Concentration"...

Je vous l'ai dit ! Le piège diabolique d'Amélie Nothomb s'est une fois de plus refermé sur un pauvre lecteur innocent !

Tonton Daniel

acide sulfurique

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 17 Juin 2014

Bonjour à tous

Pointant vers le ciel et les étoiles depuis 3000 ans, le plus ancien monument de Paris semble imperturbable au temps qui passe... L'obélisque de la place de la Concorde, taillé et érigé pour le pharaon Ramsès II au 13e siècle avant notre ère, a fait au XIXe siècle un long et périlleux voyage depuis l'Egypte pour rejoindre son emplacement actuel. C'est l'histoire de cette épopée que retrace aujourd'hui l'exposition "Le voyage de l'obélisque" présentée à Paris au Musée de la Marine jusqu'au 6 juillet prochain.

Nous sommes en 1830. La campagne d'Egypte de Napoléon Bonaparte est terminée depuis plus de 30 ans, le pays est à la fois sous tutelle ottomane et sous influence britannique. Suivant les habiles conseils de Champollion, le vice-roi d’Égypte Méhémet Ali qui désire faire un cadeau à la France offre à Charles X les deux obélisques couverts de hiéroglyphes érigés devant le temple de Louxor. Cadeau impressionnant, cadeau de poids, cadeau délicat ! Il faudra attendre plusieurs années avant la livraison du colis !

Pour commencer, il faudra désensabler le monument de droite sous les ordres de l'ingénieur Apollinaire Lebas, raser une trentaine de maisons situées sur le chemin jusqu'au fleuve, créer un petit village pour l'équipe d'ouvriers, apporter vivres et matériels introuvables sur place, construire un bateau spécial pour le transport, le Luxor. Avant le délicat basculement, on découvrira une fissure de 8 mètres à partir de la base de l'aiguille nécessitant la création d'un coffrage en bois protecteur et cette fissure est toujours visible aujourd'hui sur le côté de l'obélisque faisant face à la Seine. Puis, ce seront des températures de 50°C, des épidémies de choléra, de malaria et de dysenterie. On attendra sept mois la crue du Nil permettant la navigation du Luxor jusqu'à la Méditerranée. Remorqué par un deuxième navire, le Sphinx, le Luxor subira tempêtes, quarantaine à Toulon et devra encore attendre une crue de la Seine à Rouen avant de remonter vers Paris...

Le choix de l'emplacement par l'architecte Hittorff est adopté par la ville de Paris et c'est sur l'air des "Mystères d'Isis" de Mozart que 200 000 parisiens assisteront le 25 octobre 1836 à la deuxième érection de l'obélisque à son emplacement actuel. Il aura fallu attendre cinq ans et deux jours pour redresser le monument de 23 mètres et de 230 tonnes... et beaucoup moins de temps pour décider de laisser son frère jumeau à sa place devant le temple de Louxor ! Pour l'anecdote, ce dernier fut officiellement "restitué" à l'Egypte en septembre 1981 par le président François Mitterrand, ami et visiteur fidèle du soleil de Haute-Egypte. Autre anecdote, le piédestal d'origine représentait seize babouins dressés sur leur pattes arrière et au sexe proéminent... Impensable pour la France de 1830 ! Il sera donc exposé un peu plus loin, dans la section des antiquités égyptiennes du musée du Louvre où on peut toujours le trouver, et remplacé par un socle beaucoup moins suggestif !

Les égyptiens de l'Antiquité considéraient leurs obélisques comme des rayons de soleil pétrifiés, liens entre la terre des Hommes et la demeure des Dieux. Pour la plupart dispersés au fil des siècles dans les grandes capitales du monde (Rome, Istamboul, Paris, Londres, New-York...), ils ne sont plus que quelques-uns à demeurer sur la terre des pharaons, à pointer pour l'éternité leur pyramidion vers le ciel et les étoiles, à nous guider dans un voyage immobile et silencieux vers l'infini...

Tonton Daniel

Pour mon séjour en Egypte (épisodes 1 et 5 autour de l'Obélisque inachevé d'Assouan et de l'Obélisque de Louxor) :

http://tontondaniel.over-blog.com/article-au-pays-de-pharaon-1-40616199.html

http://tontondaniel.over-blog.com/article-au-pays-de-pharaon-5-41047798.html

Pour les expositions au Musée de la Marine :

http://tontondaniel.over-blog.com/article-paquebot-france-78975647.html

http://tontondaniel.over-blog.com/2013/11/oman-et-la-mer.html

le voyage de l'obélisque
le voyage de l'obélisque

Photo prise devant le temple de Louxor lors de mon voyage en Egypte en septembre 1990 :

le voyage de l'obélisque

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #histoire

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Publié le 15 Juin 2014

Bonjour à tous

Encore une perle trouvée sur le net !

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #humour, #internet et informatique

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Publié le 14 Juin 2014

Bonjour à tous

Dans l'avenir, les robots androïdes et gynoïdes seront-ils considérés comme des êtres humains à part entière ? Cette question a priori farfelue aurait pu être un des sujets de philo pour les épreuves du bac de lundi prochain mais elle est en fait le thème central de la série télévisée suédoise "Äkta människor" ("Real humans") dont la deuxième saison vient de s'achever cette semaine sur la chaine Arte. Au-delà des apparences, qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains et non des animaux ou des robots ? Si philosophes, écrivains, scientifiques, sociologues et scénaristes s'affrontent depuis plusieurs siècles pour définir ce qu'est l'Humanité avec un grand "H", cette série d'anticipation tente elle aussi de répondre à cette question existentielle avec beaucoup d'intelligence et de réalisme.

A travers l'émancipation dans un futur très proche d'un groupe de robots humanoïdes appelés "hubots", la série aborde presque tous les sujets de notre quotidien. Qu'est-ce que la vie, la mort, la Société, l'individu, la conscience, la liberté ? Quelles sont les différences entre intelligences biologiques et artificielles, esclavage et liberté, différence et égalité, racisme et tolérance ? Quels sont les liens entre les émotions et sensations brutes et les sentiments qui les suivent ? L'Etre Humain se définit-il à travers amour et haine, joie et tristesse, bonheur et malheur, optimisme et pessimisme ?

Oubliez C-3PO, Terminator et les réplicants de Blade Runner ! Oubliez les trois lois de la robotique formulées par Isaac Asimov ! Au fil des épisodes, entre obéissance et révolte, nos "héros" vont être confrontés comme les humains au mensonge et à la vérité, aux rêves et aux cauchemars, aux souvenirs et à l'oubli, aux virus et aux maladies mais aussi à leurs imperfections, à leurs erreurs, à l'orgueil et à la peur... Soumis tour à tour au rejet et à la sympathie, à la jalousie et au mépris, aux déceptions et à l'espoir, à la confiance et à la trahison, ils vont devoir faire preuve de libre-arbitre, d'esprit d'initiative, de morale, d'individualité, faire des projets et s'adapter à leur environnement, bref, prouver leur personnalité et conquérir leur indépendance. Aucun sujet n'est oublié : sexualité, religion, démographie, violence, création intellectuelle et artistique, barrières du langage, vieillissement conduisant à l'expérience, à la sagesse et à la mort, sans oublier le statut légal, l'ordre social, la citoyenneté, le suicide et le meurtre...

Un dernier détail cependant : s'ils éprouvent des sentiments et arrivent parfois à sourire, les hubots ne rient jamais et semblent dénués de tout sens de l'humour ! Le rire serait-il le propre de l'homme comme le suggérait Rabelais dès le XVIe siècle ? Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Vivement la saison 3 !

Tonton Daniel

real humans

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision

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Publié le 12 Juin 2014

Bonjour à tous

Trop belle et trop étrange pour être bien réelle ? Et pourtant ! Vivant dans les forêts tropicales humides d’Amérique Centrale et d'Amérique du sud, Psychotria Elata est une plante dont les deux sépales de couleur rouge sang rappellent une bouche sensuelle et pulpeuse au point d'avoir été surnommée "lèvres chaudes" ("hot lips") ou encore "Mick Jagger" entre autres désignations farfelues ! Cette couleur naturelle lui permettrait en réalité d'attirer de nombreux pollinisateurs, notamment papillons et colibris.

Comme le célébrissime "Coeur de Voh" photographié par Yann Arthus-Bertrand dans la mangrove de Nouvelle-Calédonie en 1990, les racines de mandragore anthropomorphes ou les visages souriants de certaines pensées, la "bouche" de Psychotria Elata est un nouvel exemple de paréidolie végétale, ce phénomène associant de manière fantaisiste et poétique des éléments naturels à des formes et à des visages humains.

Car, de tout temps, Dame Nature a inspiré les rêveurs et les poètes et aujourd'hui la sulfureuse Psychotria Elata ne fait pas exception à la règle : son sourire naturel ne rappelle-t-il pas à la fois la rose confidente et enchantée du fascinant "Peau d'âne" de Jacques Demy et la carnivore Audrey dans la farfelue "Petite Boutique des horreurs" de Frank Oz ? A la fois fragile et menacée d’extinction en raison de la déforestation intensive, cette fleur ambivalente et ambiguë ne sert-elle pas également lors de cérémonies chamaniques à de nombreux indiens d'Amérique latine grâce aux amines psychotropes qu'elle contient et qui ont sans doute suggéré son nom ?

Une fleur qui embrasse ou qui mord, promesse de baiser ou de souffrance... La mystérieuse Psychotria Elata est décidément bien belle et bien étrange...

Tonton Daniel

psychotria elata

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #environnement

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