Publié le 15 Novembre 2013
Bonjour à tous
Il était une fois une forêt tropicale, un botaniste et un cinéaste. De cette triple rencontre naquit un jour un film au titre suggestif : "Il était une forêt". Tourné en Nouvelle-Guinée, dans le bassin du fleuve Congo au Gabon et dans la forêt amazonienne au Pérou, ce documentaire signé du réalisateur Luc Jacquet nous raconte la naissance, la vie et la mort des grands arbres centenaires peuplant les grandes forêts primaires et secondaires de la planète.
Dès la première séquence, un dessin réalisé par le botaniste Francis Hallé commence à prendre vie, se transformant grâce à la magie des images de synthèse en une succession de feuilles, de fleurs, de lianes, de fougères fragiles et d'arbres majestueux aux mille nuances de vert. Suivent plusieurs séquences aussi étonnantes qu'instructives, la photosynthèse, la lutte de la passiflore et du papillon héliconius, le rôle des champignons forestiers ou celui des parfums, la stratégie du figuier étrangleur ou celle des fruits et des graines assurant la reproduction de ces géants immobiles. Sans oublier l'omniprésence de l'eau nourricière et de la faune tropicale dans ce biotope en harmonie : insectes, fourmis, termites, oiseaux, singes, fauves et éléphants se croisent, se cachent, se nourrissent ou se reproduisent dans une ronde sans fin où chacun a trouvé sa place dans l'histoire de l'évolution : "L'animal règne sur l'espace, le végétal règne sur le temps".
Derrière les images superbes et les prouesses de tournage, certains commentaires sont nécessairement plus techniques. Du haut de la canopée, Francis Hallé n'hésite pas à parler de hasard et de mutations génétiques, de réactions biochimiques entre végétaux par voies aérienne ou souterraine, mais n'oublie pas heureusement l'aspect poétique de cette aventure végétale en décrivant des "arbres voyageurs" qui "charment les nuages"... Alors que la musique d'Eric Neveux se mêle aux bruits de la forêt et aux cris de ses habitants, on pense à "Microcosmos", à l'arbre d'"Avatar" et à "La forêt d'émeraude". Le seul reproche possible concerne les images de synthèse et les animations virtuelles en accéléré : étaient-elles nécessaires à la pédagogie ? Ne peut-on plus se passer désormais de techniques numériques, y compris dans un documentaire de ce genre ?
En attendant la sortie dans quelques jours et sur grand écran du plus classique film animalier "Amazonia" dans lequel un petit singe tente de survivre seul dans un milieu hostile, l'actualité nous rappelle que la déforestation en Amazonie s'est de nouveau accélérée au cours des douze derniers mois. Principalement en raison des grands travaux d'infrastructure et à cause de la hausse mondiale des prix agricoles entrainant l'extension des terres arables. Le combat contre la déforestation illégale et pour la préservation des grandes forêts tropicales doit donc continuer. Afin de continuer à pouvoir raconter d'autres belles histoires commençant par "Il était une fois"...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Wild_Touch
http://tontondaniel.over-blog.com/tag/arbres/
Tonton Daniel




