Publié le 5 Octobre 2011
Bonjour à tous
A priori, l'argument d'"une gourmandise" était très alléchant : un critique gastronomique sur son lit de mort se remémore les meilleurs plaisirs gustatifs de sa carrière pour y retrouver une saveur oubliée... Las ! Le lecteur reste plutôt sur sa faim car l'auteure, Muriel Barbery, donne l'impression d'hésiter entre deux histoires. En alternant souvenirs rassis du mourant et descriptions fades de son entourage, elle donne une impression de confusion dans un mélange un peu brouillon et mal assaisonné...
En plus de cette construction bancale, le mourant, qui devrait dans cette situation faire plutôt naitre de la compassion, est résolument décrit comme un personnage antipathique ! Décrit par sa famille, épouse, enfants et neveux, comme aigre et tyrannique, par ses proches, médecin, femme de chambre et concierge, comme asocial et égocentrique, et même par son chat comme odieux et méchant, il n'est avant tout motivé que par son plaisir hédoniste et le revendique avec orgueil.
Sur le fond comme sur la forme donc, la sauce ne prend pas, le ton manque d'acidité et le dernier chapitre retombe comme un soufflé ! Dommage ! Mais cette première oeuvre sans sel ni piquant sera vite oubliée au profit du petit chef-d'oeuvre écrit par l'auteure quelques années plus tard, "L'élégance du hérisson", dans lequel on retrouvera en filigrane notre critique gastronomique comme l'ombre d'un fumet envolé, une anecdote fugitive, un fantôme déjà oublié...
http://tontondaniel.over-blog.com/article-l-elegance-du-herisson-85041302.html
Tonton Daniel


