Publié le 8 Juillet 2007
Bonjour à tous
2e partie de l'article consacré à Jean Zay par Wikipédia : son oeuvre, ses idées, ses convictions et réalisations.
Jean Zay au Panthéon ?
" Le sens des réformes de Jean Zay
« Pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et
l'intelligence des citoyens, c'est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et
morale. […] Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies
révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l'humanité
s'approfondit et devient en quelque sorte plus digne d'elle-même. » (Antoine
Prost).
Il ne serait pas pensable de tenter d’expliquer l’action de Jean Zay sans la
replacer dans le contexte de l’action politique. Dès sa majorité, en effet, il
estima que « l’intellectuel ne peut pas ne pas prendre parti dans la controverse
qui chaque jour sur le forum dresse les citoyens les uns contre les autres. ».
C’est bien là, semble-t-il, le point de départ de son engagement politique.
Jean Zay était arrivé à la tête de l’Éducation Nationale sans préavis, et ce
n’était donc pas sur la base d’une réputation pédagogique, mais bien plutôt sur
celle de ses capacités d’analyse et de pondération, et de son courage vertueux,
qu’il fut placé dans cette éminente position.
Car Jean Zay était avant tout un homme politique, plutôt qu’un politicien, c’est
à dire qu’il était de cette espèce rare d’homme à qui l’action importait
beaucoup plus que le jeu des pouvoirs. Et cette action, en cette époque de
toutes les dictatures (Allemagne, Italie, Espagne, et même partis
antirépublicains français), était vitale aux yeux d’un homme de convictions.
Arrivé au poste de ministre de l’Éducation Nationale, Il avait compris que la
République ne pouvait être défendue, servie, construite, que par un peuple
instruit et éduqué dans ses valeurs démocratiques. Car la démocratie et la
République semblait à une partie de la population une option que l’on pourrait
abroger : en 1934, Le Petit Journal organisa un sondage : « si la France avait
besoin d’un dictateur, lequel choisiriez-vous ?» Pétain arriva en tête.
Bien conscient de l’importance cruciale de ces chantiers après les événements de
février 1934, visionnaire, incisif, mais sans illusion, il allait employer toute
son ardeur à servir cette cause.
Une des caractéristiques du système éducatif que Jean Zay déplorait le plus
était celle qui occasionnait la perte, pour la République, de sujets précieux,
travailleurs et doués, qui, faute d’argent, ne pouvaient accéder à des postes où
ils auraient pu donner le meilleur d’eux-même. À l’inverse, des esprits
médiocres et nonchalants, grâce à leur fortune, pouvaient sans difficulté
accéder à la haute fonction publique, sans même disposer d’une formation
adéquate. Ce fut alors l’idée de l’ENA, qui ne vit le jour qu’après la guerre.
L’actualité récente nous montre que le but de Jean Zay, à notre époque, a été
obtenu médiocrement, car ses élèves restent en grande partie issus du milieu des
notables, perpétuant une République de notables. Toutefois, l’unification de
leur formation constitue un progrès indéniable. Ainsi, un journaliste anglais
écrivait tout récemment : «… Ils ont aussi une administration hautement
qualifiée, adaptée aux défis des Temps modernes, un sens de l’Histoire et de la
nation ».
Son grand projet de réforme du système éducatif (déposé en 1937, mais jamais
voté du fait de la guerre), un des plus élaborés jamais conçu, partait de la
même conviction que la vertu, les capacités intellectuelles, et, pour employer
une expression désuète, le cœur, n’étaient pas l’apanage des classes aisées, et
que la société avait tout à gagner d’accorder le maximum de chance à tous, ainsi
qu’à former au mieux le plus grand nombre. Il faut aussi replacer son action,
d’un point de vue plus temporel, dans l’action du gouvernement de Front
populaire, qui avait pour optique d’étendre jusqu’aux classes laborieuses une
vie de bien meilleure qualité, ce qui pour Jean Zay passait par la culture et
l’instruction, tout autant que par les loisirs, ces fameux “congés payés”, que
l’on retient davantage aujourd’hui comme emblématiques de cette période.
Les réformes effectives
Comme ministre, Jean Zay est à l'origine de la multiplication des bourses aux
élèves de primaire, de la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans (passage de 13
ans à 14 ans), des vacances ramenées au 14 au lieu du 31 juillet, de la lutte
contre le surmenage scolaire, de la limitation des classes à 35 élèves (au lieu
de 60 ou plus), des activités dirigées, des classes d'orientation, de
l'introduction de l'éducation sportive obligatoire, de la création du Comité
supérieur des Œuvres en faveur de la jeunesse scolaire et universitaire (ancêtre
des CROUS qui ne verront le jour qu'après guerre)... Il crée de nombreuses
classes, des cantines et des colonies de vacances. Jean Zay est encore à
l'origine de l'ENA, du festival de Cannes, du CNRS et il encourage les
bibliobus.
Jean Zay écrit pendant sa captivité : "Souvenirs et solitude" qui est publié la
première fois en 1945 ainsi que "Chroniques du Grenier", Ed. L'Ecarlate."
Tonton Daniel