Publié le 5 Mai 2021


Bonjour à tous

Déjà évoqués ici en novembre 2013, le visage pâle et le sourire angélique de la "Joconde noyée" nous reviennent aujourd'hui sous les traits de "L'inconnue de la Seine", dévoilés par le romancier Didier Blonde dans un récit passionnant, plein de grâce et de délicatesse. Guidé par des fantômes bienveillants et par le souvenir du "Piéton de Paris" que fut Léon-Paul Fargue, il nous emmène dans le Paris oublié de 1901, le long d'un fleuve aux eaux troubles, sombres et fascinantes, au temps des pêcheurs à la ligne, des lavandières et des baigneurs du dimanche.

Le récit commence de nos jours avec la découverte par un libraire parisien du masque mortuaire de la jeune fille qu'on surnomma autrefois la "Joconde du suicide", celle dont l'histoire vraie et extraordinaire fut chantée par des poètes et des écrivains comme Supervielle, Aragon, Horváth ou Rilke. A la fois célèbre et anonyme dans la mort comme le sera quelques années plus tard le soldat inconnu inhumé sous l'Arc de Triomphe de la Capitale, l'inconnue reste aujourd'hui une icône nimbée d'obscurité, un miroir secret qui "renvoie chacun à sa propre conscience".

Notre libraire a perdu sa compagne récemment et considère "la mort comme une énigme à déchiffrer". Obsédé par ce silence, il fera tout pour superposer les deux visages et comprendre qui était la jeune femme derrière le masque. Ses investigations l'amèneront à croiser une autre enquêtrice, il élaborera plusieurs hypothèses insatisfaisantes, mais ne renonçant pas à ses rêves et préférant le mystère à la vérité, la transfiguration à la réalité, il choisira finalement de reprendre ses recherches...

N'est-il pas en effet plus important de chercher que de trouver ?

Tonton Daniel
 

 

l'inconnue de la seine

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #la mort, #secrets et mystères

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Publié le 2 Mai 2021


Bonjour à tous

Antoine, critique d'art et admirateur inconditionnel de Vuillard et des Nabis, déteste Venise ! Il va néanmoins retourner se perdre dans les calles de la Sérénissime afin de retrouver Ornella, jeune femme croisée à Paris, et résoudre le mystère de "la bulle de Tiepolo". Qui est et que fait le personnage mystérieux de la fresque peinte par Giandomenico Tiepolo au XVIIIe siècle intitulée "Il mondo nuovo" et représentant le spectacle de la lanterne magique ?

Court récit de Philippe Delerm, réflexion sur l'art, l'édition et la création, cette bulle de savon de Tiepolo est aussi un symbole du temps qui passe, une sphère instable, chatoyante et déformante qui propose la vision d'un monde éphémère, fragile et fugace. La rencontre décisive entre Antoine et Ornella, tous deux confrontés à des secrets de famille et tourmentés par leurs passés respectifs, va leur permettre de percer les "métaphores secrètes" de deux oeuvres d'art très différentes et de contempler enfin Venise et le monde autrement.

Tonton Daniel
 

la bulle de tiepolo
la bulle de tiepolo
la bulle de tiepolo

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #les arts

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Publié le 28 Avril 2021


Bonjour à tous

Il était une fois, dans un temps et un lieu fort lointains, deux hommes de conditions inégales, un conteur, le vénitien Marco Polo, et un empereur, le mongol Kublai Khan. Sous la plume de l'écrivain italien Italo Calvino est né un dialogue imaginaire entre le voyageur qui évoque "les villes invisibles" qu'il prétend avoir traversé et le petit-fils de Gengis Khan qui remet en question sa gloire, son pouvoir sur les hommes et la véracité du récit de son visiteur... Songes, souvenirs, inventions poétiques, constructions de l'esprit, voyage dans la mémoire, nostalgie d'une cité natale perdue au bout du monde ?

"Il en est des villes comme des rêves, les villes comme les rêves sont construites de désirs et de peurs, secrètes, absurdes, trompeuses" raconte Marco Polo à son hôte. 
Il est ainsi des endroits qu'on cherche, qu'on découvre, qu'on visite, qu'on ne veut plus quitter ou qu'on veut fuir, des villes-étapes qu'on regrette et d'autres où l'on voudrait revenir...

Il y a des mégapoles peuplées de fantômes, de rois, de marchands, de voyageurs, de femmes mystérieuses, d'oracles, d'astronomes, de princes, de licornes...

Il y a des cités fabuleuses, incompréhensibles, nomades, suspendues, abandonnées, pleines de bruits ou de silence, confuses, labyrinthiques, élancées vers les nuages, reflets du ciel, des étoiles ou de l'agencement cosmique...

Il y a des villages de contes de fées, des villes-joyaux opulentes et grasses, des villes closes derrière de hautes murailles, débordantes de richesses, abritant légendes et jardins exotiques, villes-oasis, villes aux prénoms féminins, entités maternelles rondes et protectrices, perdues dans des déserts hostiles...

Il y a aussi des nécropoles et des métropoles fécales, cauchemardesques, lépreuses, angoissantes, enterrées, immobiles, sans forme, villes anachroniques encore à naître... 

Et parmi toutes ces cités, réelles, magnifiées, sublimées, imaginaires, fantastiques ou fantasmées, il y a Venise, la Sérénissime, cité des eaux, des masques et des ponts, romantique, fascinante, mystique, sensuelle, unique, éternelle... ville natale de Marco Polo qui est toutes les autres, décor de théâtre, ville-état, ville idéale, ville cachée derrière les façades de ses palais, ville dont l'âme reste invisible à tous ceux qui n'ont pas d'imagination...

Tonton Daniel

 

les villes invisibles

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 25 Avril 2021


Bonjour à tous

Comment se débarrasser efficacement et radicalement de ses parasites internes sans coup férir ? Elysia marginata et Elysia atroviridis, mollusques gastéropodes de l'ordre des sacoglosses ressemblant à des limaces de mer, ont trouvé la réponse en pratiquant l'auto-mutilation et en séparant leur tête du reste de leur corps !

Les biologistes Yoichi Yusa et Sayaka Mitoh de l’université féminine de Nara au Japon ont observé par hasard dans leur laboratoire un specimen pratiquant l'autotomie, processus permettant à un animal de s'amputer volontairement dans certaines conditions et de régénérer la partie sectionnée grâce au pouvoir de différenciation des cellules souches. Pratiqué par beaucoup d'espèces comme les lézards, les holothuries ou certains rongeurs, ce miracle de la nature augmente les chances de survie à long terme mais n'avait jamais été observé pour un corps entier. Selon l'article signé par les deux scientifiques paru le 8 mars 2021 dans la revue scientifique américaine Current Biology, il ne s'agit pas d'un mode de reproduction par parthénogénèse (l'ancien corps abandonné finit par mourir) mais d'une méthode très simple destinée à "larguer" un corps infesté par des parasites internes inhibant croissance et reproduction. 

Chez Elysia, l'autotomie conduit donc à la fabrication à l'arrière de la tête et en trois semaines environ d'un nouveau corps entier avec des organes fonctionnels. La blessure au niveau du cou cicatrise en quelques heures et la tête continue à bouger et à vivre sans coeur ni système digestif ! Elle continue à s'alimenter en absorbant des algues et profite de l'énergie libérée grâce à la photosynthèse par les chloroplastes de ces algues et ce suffisamment longtemps pour faire repousser le corps. D'autres organismes vivants pratiquent tout au long de leur vie ce phénomène symbiotique d'intégration des chloroplastes des algues appelé kleptoplastie.

L’espérance de vie de ces limaces ne dépassant pas un an, des scientifiques ont d'abord imaginé qu'une auto-mutilation serait le moyen de vivre plus longtemps à l'instar de certaines méduses capables de rajeunir leurs cellules. En plus d'être une pratique risquée, l'hypothèse est aujourd'hui écartée par l'observation de sacoglosses plus âgés incapables de se régénérer après décollation, l'âge entrainant la disparition des cellules souches capables de se différencier.

Sources : Internet + Magazine Sciences et Avenir n°890 - Avril 2021

Tonton Daniel
 

une limace qui perd la tête

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #zoologie

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Publié le 14 Avril 2021


Bonjour à tous

Rééditées en 2015, "Les mémoires d'un astronome" de Camille Flammarion furent rédigées en 1911 par un homme déjà âgé mais n'évoquent que les trente premières années du prestigieux créateur de la Société astronomique de France, de sa naissance en 1842 à la guerre franco-prussienne de 1870. Loin de se restreindre à la seule astronomie, cette extraordinaire et passionnante autobiographie nous plonge dans le monde des sciences du XIXe siècle, nous fait revivre un Paris déjà disparu pour son auteur, nous rappelle la petite et la grande Histoire et nous transporte à travers le temps et les étoiles !

Né en province, le jeune Camille se révèle être un "enfant contemplatif", curieux de tout, passionné par le spectacle de la Nature, fasciné par la Vie et révolté par la mort et l'injustice. Entré à seize ans à l'Observatoire de Paris, il découvre à la fois le caractère épouvantable de son célèbre directeur Urbain Le Verrier, "dictateur hautain, dédaigneux et intraitable" et une "astronomie mathématique" décevante, bornée à calculer la seule position des astres sans s'occuper de leur nature. Bourreau de travail et esprit indépendant, cet homme libre rédige alors les premiers ouvrages d'une longue série de publications à but éducatif qui permettront à ce vulgarisateur de génie et brillant conférencier de faire l'éloge de la science et des techniques sa vie durant.

Reconnu très tôt de son vivant comme un homme d'exception, Camille Flammarion renonce dès l'âge de vingt ans aux "mensonges conventionnels de la civilisation", à "la vie mondaine et ambitieuse", à la fréquentation "des rentiers et des inutiles". Affirmant n'avoir "aucune ambition", il refuse d'entrer à l'Académie Française, déclare que la gloire est un esclavage et confie que "le comble du bonheur et de l'indépendance (lui) paraitrait d'être jardinier et inconnu" !

Cherchant des réponses à toutes les questions, la vie de celui pour qui "les livres sont de bons amis" sera constamment dédiée à "la recherche de l'explication des phénomènes" et dictée par la simple observation du monde. Indissociable de la philosophie, l'astronomie est pour lui une discipline au-delà de la politique et des passions humaines, source de vérité qui lui enseigne que Dieu est une "invention humaine" et l'homme un "atome pensant", que le dogme religieux est une "pure fiction" et le christianisme une "doctrine invraisemblable et inadmissible" dont "les principes sont absolument faux". A mi-chemin entre le matérialisme de Diderot et le déisme de Voltaire, il considère néanmoins la religion comme "oeuvre d'utilité sociale", affirme que l'Univers a été organisé par un esprit supérieur afin d'y recevoir la Vie, se dit "spiritualiste" et reste convaincu de l'existence de "forces psychiques" qui lui feront un temps fréquenter les milieux spirites d'Allan Kardek.

Pacifiste et idéaliste, cet homme qui se définissait comme altruiste a toujours été révolté par la division des hommes en nations et finira par avouer sa déception face à une espèce capable des pires erreurs collectives. "L'humanité n'est pas belle" écrira cet observateur de "la comédie humaine" qui lutta toute sa vie contre les préjugés et les idées préconçues. L'Homme est faible, violent et sot, "l'Humanité a besoin de croyances", le Monde devrait se couvrir de lunettes astronomiques plutôt que de baïonnettes... Dans sa conclusion pleine de confiance et d'espoir, l'ouvrage prophétise malgré tout le triomphe de la culture scientifique, "la suppression de la guerre entre les peuples" et "l'affranchissement de la pensée humaine vers la lumière et la liberté" !

Remarquable d'érudition, de bon sens et de sagesse, "Les mémoires d'un astronome" est un livre indispensable à redécouvrir d'urgence même si l'on n'adhère pas aux convictions spiritualistes de son auteur. Face aux "choses vulgaires de la Terre", face aux ruines qui évoquent la vanité des hommes et le temps qui passe, Camille Flammarion nous suggère de lever les yeux et de contempler le spectacle infini des cieux, mystérieux, poétique, insondable... et révélateur de l'insignifiance humaine !

Tonton Daniel
 

les mémoires d'un astronome

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #astronomie et espace, #portraits, #religion, #histoire

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