Publié le 1 Avril 2021


Bonjour à tous

Surréaliste et amusant pour certains, érudit et génial pour d'autres, pédant et insupportable pour d'autres encore (1), "La mezzanine" de l'écrivain américain Nicholson Baker a fait sensation lors de sa parution en 1986. Ce récit sans dialogue ni action (2) se caractérise par un procédé d'écriture très particulier (3), une narration concentrée volontairement dans les notes de bas de page obligeant à de fréquents retours en arrière pour retrouver le fil d'une histoire principale devenue de fait simple support anecdotique (4).

Au bout de dix chapitres, sept minutes seulement se sont écoulées lors du "voyage" en escalator d'un jeune employé de bureau (5), concentré de temps qui aura permis à notre personnage une analyse de différents processus industriels (6) ou la dissection méticuleuse de gestes insignifiants et anodins (7) et donné l'occasion à l'auteur de critiquer les travers de la société américaine (8), la complexification de la vie moderne aux dépens de la simplicité et du bon sens, le rythme trépidant des villes ou la stupidité du travail de bureau.

Derrière la chronique d'un lacet, derrière une vie lisse, banale, ennuyeuse, que de mystères, de questions essentielles et importantes ! Les réponses se trouvent quelques fois entre deux étages, sur un escalator ou une mezzanine !

(1) Parfois rébarbatif comme une notice technique ou un ouvrage scientifique spécialisé.

(2) Assemblage des observations, réflexions, pensées, souvenirs, idées et suppositions d'un jeune homme qui se pose des questions existentielles sur les objets du monde quotidien qui l'entourent, les petits gestes mécaniques, les fils invisibles qui relient tous ces objets (a), leur histoire, les détails que les autres ne remarquent pas et auxquels personne ne prête attention.

(3) Exercice de style unissant fond et forme et rappelant avec des phrases parfois très longues les constructions "mathématiques et neuronales" du français Georges Perec.

(4) Le lecteur trouvera même dans les derniers chapitres des notes sur les notes et des notes dans les notes ! Le principe de la digression anticipe évidemment le phénomène de navigation sur internet.

(5) L'escalier mécanique, "système de transport fixe", conduit à la mezzanine, lieu public incertain coincé entre ciel et terre, entre imaginaire et réel, où se trouve le bureau du personnage principal.

(6) Problème de la paille flottante, conception des protège-tympans, abandon du verre au profit du carton pour les emballages de lait, évolution du design des agrafeuses, fonctionnalité des distributeurs automatiques de boissons, de cigarettes ou de journaux, comparaison du sèche-mains électrique et du distributeur de serviettes en papier et leur impact écologique...

(7) Une page est consacrée au boutonnage de sa chemise et un chapitre entier au laçage de ses chaussures.

(8) Hyperconsommation, gaspillage à outrance, invasion publicitaire, stupidité et inutilité de certaines parutions scientifiques...

(a) Objets engendrant à leur tour un "muet folklore d'inventions comportementales" sans lien avec leur première destination.

Tonton Daniel
 

la mezzanine

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

Repost0

Publié le 24 Mars 2021

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

Repost0

Publié le 24 Mars 2021

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

Repost0

Publié le 24 Mars 2021

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

Repost0

Publié le 17 Mars 2021


Bonjour à tous

En 1983, la France découvre l'affaire Boursicot, extravagante histoire d'espionnage mêlant sexe, mensonges, manipulations et exotisme. Où quand la réalité dépasse la fiction !

L'histoire débute en 1964 lors d"une réception à l'ambassade de France à Pékin quand Bernard Boursicot, fonctionnaire français âgé de vingt ans, rencontre Shi Pei Pu, interprète masculin de rôles féminins à l'Opéra de Pékin, âgé de vingt-six ans et parfaitement francophone. D'apparence frêle et parlant avec une voix aigue, le jeune mandarin confie au comptable français être une femme travestie en homme pour raisons familiales et culturelles. Très vite, une liaison physique s'installe et la jeune femme informe son amant de sa grossesse fin 1965, juste avant le retour de celui-ci pour la France. De retour en Chine en 1969 en pleine révolution culturelle, Bernard Boursicot retrouve la jeune femme, celle-ci lui présente des amis qui l'initient à la doctrine communiste et au célèbre Petit Livre rouge du président Mao. Par conviction ou pour protéger sa nouvelle famille surveillée par les gardes rouges, le français qui a enfin rencontré en 1973 son fils Bertrand-Shi Dudu transmettra courriers diplomatiques et documents officiels pendant cinq ans à ses "officiers traitants" du Qingbao et du Diaochabu, les services secrets chinois. Après plusieurs mutations en Mongolie et en Amérique centrale, il ne retrouvera définitivement sa famille qu'en 1982 à Paris où leurs activités parallèles sont enfin découvertes un an plus tard.

Dès son ouverture, le procès pour espionnage sera source de révélations encore plus invraisemblables ! Car Shi Pei Pu est réellement un homme qui a menti pendant vingt ans à son amant ! Sans expérience amoureuse, le jeune fonctionnaire ne s'était jamais rendu compte que le chinois dissimulait toujours son sexe entre ses jambes lors d'ébats amoureux aussi rares que fugaces et furtifs, la peau du scrotum permettant une pénétration superficielle et un simulacre de reproduction. La supercherie était très méticuleuse : serviettes tâchées de sang, ébats réalisés dans la pénombre, nudité partielle, rôle passif attribué à l'homme... Quant à Shi Dudu, l'enquête révèle qu'il s'agit d'un orphelin "fourni" dès son plus jeune âge par le Qingbao et choisi pour ses traits métissés pour rendre le subterfuge plus crédible.

Présentée à la télévision comme une vedette de l’Opéra de Pékin lors de son arrivée à Paris, Shi Pei Pu est désigné comme agent des services secrets chinois, condamné pour espionnage à six ans de prison, grâcié un an plus tard pour raisons "officielles" de santé et meurt à Paris en 2009. Boursicot, lui, est inculpé pour "intelligence avec des agents d'une puissance étrangère", tente de se suicider en prison en apprenant la vérité sur son "couple", obtient une liberté conditionnelle après cinq ans en cellule, renoue avec un ancien amant pour vivre enfin pleinement son homosexualité refoulée jusqu'à la mort de son compagnon et vit désormais dans une maison de retraite en Bretagne. 

Cette histoire incroyable inspirera une pièce de théâtre en 1988 puis "M. Butterfly", film réalisé par David Cronenberg en 1993. Lors du procès, d'aucuns ont prétendu que les documents transmis à des espions chinois de seconde zone par un homme bien naïf et à la personnalité complexe étaient en réalité de très faible importance. L'affaire aurait surtout été le prétexte et l'occasion pour les services secrets français de mieux connaitre les méthodes du renseignement chinois et d'infiltrer ses filières... Réalité ou fiction ?

Sources : Histoires de Paris n°14 - Le Paris des espions - Mars 2021 / Internet

Tonton Daniel

 

l'affaire boursicot

Lire la suite

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #histoire, #chine

Repost0