Publié le 8 Janvier 2021


Bonjour à tous

Malsaine, lugubre, morbide, choquante, incroyable... Les adjectifs manquent aujourd'hui pour définir la pratique de la photographie post-mortem, activité consistant à prendre en photo des personnes récemment décédées. 

Née peu après l'invention du procédé dans un temps où l'on mourrait principalement chez soi, la photographie funéraire fut très en vogue dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle car elle permettait aux familles de défunts à une époque d'épidémies, de niveau sanitaire exécrable et de très grande mortalité infantile de conserver un portrait commémoratif de leurs proches disparus, notamment des jeunes enfants dont on n'avait pas eu le temps de faire établir un portrait. Moins coûteuse et plus rapide que l'exécution d'un tableau, cette pratique proposée par des ateliers-studios spécialisés comme celui de Frascari à Paris gagna le reste de l'Europe et les Etats-Unis et se développa à grande échelle avec l'invention dès 1838 du daguerréotype.

Certaines mises en scènes paraissent aujourd'hui pour le moins invraisemblables. Si la plupart des nourrissons et des enfants morts étaient photographiés sur les genoux d’un parent, couchés sur un canapé ou semblant endormis dans une pose "naturelle" au milieu de leurs jouets, beaucoup d'adultes étaient habillés, maquillés et maintenus par des cales, des corsets ou des armatures de métal dans une position naturelle afin de sembler bien vivants ! Assis ou maintenu debout grâce à un "tuteur" parfois visible et souvent entouré de ses proches, le cadavre avait les yeux maintenus grands ouverts grâce à des inserts et légèrement orientés vers l'intérieur pour donner l'illusion qu'il regardait l'objectif ! Même sa bouche était légèrement cousue afin d'éviter le rictus provoqué par le relâchement des chairs et, pour l'anecdote, on rappellera que le temps de pose et d'exposition nécessitant plusieurs minutes d'immobilité, on reconnait souvent le mort à sa figure "nette" sur une photo ou un daguerréotype de groupe...

La pratique de la photographie post-mortem réalisée par des professionnels ne déclina qu'à la fin du XIXe siècle avec la peur des épidémies, l'apparition de la photographie instantanée, la mise en place de législations funéraires et le vote de lois visant à protéger la vie privée, le droit à l'image ou le respect du corps humain. Si, pour l'Histoire, la photographie funéraire a permis de témoigner de l'horreur des camps d'extermination ou, plus récemment, de l'exécution de plusieurs dictateurs, elle existe toujours dans le cadre de la médecine scientifique et de la police médico-légale et a servi de support à la série télévisée irlando-canadienne "Dead Still" dans laquelle un photographe des années 1880, spécialisé dans le portrait de personnes décédées, est confronté à des meurtres qui semblent liés à son travail. Néanmoins, hors fiction, elle serait encore pratiquée dans certaines régions d'Europe de l'est comme elle l'était au XIXe siècle dans un cadre strictement familial !

Sources : 
Le Parisien - Histoires de Paris n°13 - Dans le secret des cimetières parisiens - Décembre 2020,

Magazine hors série Science et Vie n°298H - La mort et la tentation de l'éternité - Novembre 2021,
Différents sites internet.

Tonton Daniel
 

photographie post-mortem

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #la mort, #le saviez-vous

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Publié le 3 Janvier 2021


Bonjour à tous

En ce début de XXe siècle pauvre et laborieux, on les appelait les Hirondelles... Discrètes et silencieuses, ces jeunes femmes traversaient chaque année les Pyrénées à pied depuis l'Espagne pour venir coudre des espadrilles dans les ateliers de Mauléon, capitale de la Soule en Pays Basque français. C'était dans le nord de la France le temps des mines de charbon au fond desquelles les ouvriers mineurs usaient une paire d'espadrilles par semaine, et dans les Pyrénées le temps des contrebandiers, des migrations vers l'Argentine et des sabots cloutés...

Oubliées aujourd'hui, les Hirondelles revivent sous la plume de la romancière Anne-Gaëlle Huon et avec elles la jeune Rosa, vilain petit canard maigre et boiteux mais doué d'un talent artistique sans égal. A Chéraute, commune voisine de Mauléon, l'ouvrière va très vite croiser un autre groupe de femmes bien différent, les Demoiselles, parisiennes émancipées ayant fui la Capitale pour des raisons mystérieuses, elles aussi réfugiées en Soule et chez qui le Champagne coule à flot. Commencera alors pour Rosa, partagée entre ses deux familles, une longue succession de questions et de doutes, de drames et de fêtes, de rencontres et de défis professionnels qui la conduiront de la maison aux volets bleus de Chéraute à la renommée internationale !

Extraordinaire portrait doublé d'une magnifique histoire d'amour et d'amitié, "Les Demoiselles" est une saga essentiellement féminine, ponctuée de musique et de seconds rôles masculins, dans laquelle se croisent des bergers en béret, des courtisanes de la Belle epoque, le couturier Christian Dior ou Charlie Chaplin lors de son passage en Soule à Tardets en 1931. C'est aussi la violence des hommes, des conditions de vie difficiles, le camp de concentration de Gurs, la guerre civile espagnole mais surtout une ode mélodieuse au Pays Basque et à la Soule, "région sauvage, verte et brute, terre de brebis, de forêts et de rivières".

Léger comme des bulles de Champagne, savoureux comme un gâteau basque, fier et fort comme les Pyrénées, voici un livre qu'on ne lâche plus et qu'on dévore très vite... le temps qu'une hirondelle passe sur la maison...

"Le destin, ce n'est pas une question de chance. C'est une question de choix."

Tonton Daniel
 

les demoiselles

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #pays basque

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Publié le 2 Janvier 2021

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Publié le 2 Janvier 2021

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Publié le 2 Janvier 2021

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