Publié le 26 Septembre 2020


Bonjour à tous

Afin d'entraîner ses astronautes dans les conditions les plus proches de la réalité, la NASA a cherché en 2008 à reproduire en laboratoire l'odeur naturelle du vide spatial !
Mandaté par l'agence spatiale américaine, le chimiste Steve Pearce, fondateur d’Omega Ingredients, a mis quatre ans à élaborer une formule illustrant les témoignages des astronautes décrivant l'odeur "amère, métallique, un peu fumée et brûlée" de leurs combinaisons après quelques sorties dans l'espace. Biochimiste, astronaute et ancienne résidente de la Station Spatiale Internationale, Peggy Whitson a décrit une odeur soufrée, celle "d'une arme à feu qui vient de tirer”.

En 2020, cette composition initialement non destinée à être commercialisée est opportunément devenue un parfum grâce au site de financement participatif Kickstarter ouvert par un certain Matthew Richmond, homme d'affaires qui n'a pas hésité à recruter Steve Pearce pour élaborer le jus de ce produit grand public. Très ambigu, le descriptif du projet donne presque l’impression qu’il s’agit du parfum officiel de la NASA et sa fiche produit indique qu'il peut réellement être porté. Via la campagne de financement participative du projet, l'auto-proclamé "directeur produit" a ainsi récolté 600.000 dollars, soit 400 fois plus d'argent que prévu, et promis que les 13.000 contributeurs recevront chacun un flacon avant l'automne. 

Résultat de ces marketing et storytelling à l'américaine, "Eau de Space n°1", une fragrance évoquant "un mélange de poudre à canon, de viande grillée, de framboises et de rhum" ! Flacon et boite minimalistes, senteur pas très engageante, substantif francisé pour faire plus sérieux... Pas de quoi effrayer a priori les Dior, Chanel et autres Guerlain !

L'objectif affiché de Matt Richmond était d'accroître l'intérêt des jeunes pour l'apprentissage des sciences et de créer de nouvelles vocations pour la conquête spatiale en promouvant "l'éducation par l'expérience sensorielle". Néanmoins, Omega Ingredients propose déjà un autre parfum au nom très évocateur : "Eau de Luna n°2", à ne pas confondre avec les "Luna" de Nina Ricci, Prada, Byblos ou Penhaligon's et qui reproduirait l’odeur que l’on peut trouver sur la Lune... Source d'inspiration inépuisable, l’espace a-t-il vraiment une odeur ? L'argent, lui, n'en a toujours pas !

Tonton Daniel
 

un parfum d'espace
un parfum d'espace

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum, #astronomie et espace

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Publié le 16 Septembre 2020


Bonjour à tous

Loin de la planète Terre, surpeuplée, ruinée et "gaspillée par la race humaine", deux planètes jumelles gravitant l'une autour de l'autre dans le système de Tau-Ceti forment le décor imaginaire du roman "Les dépossédés" (The Dispossessed) que l'écrivaine américaine Ursula K. Le Guin fit paraitre en 1974.

Sur Anarres, lune minière de la planète Urras, tout n'est que désolation, nature hostile, habitats communautaires, bureaucratie invisible et pesante, syndicats dotés de pouvoirs démesurés, négation de l'individu, peuple endoctriné, obéissant et incapable de réfléchir. Sur Urras, berceau des exilés d'Anarres, un environnement paradisiaque masque en revanche une société hiérarchisée, matérialiste et désunie.

Entre être et avoir, tout oppose ces deux mondes. Si Anarres rappelle de manière à peine voilée le totalitarisme, le communisme et le collectivisme soviétiques pendant la Guerre Froide, Urras, elle, semble le reflet parfait de la société capitaliste et inégalitaire des Etats-Unis pendant la même période. Ici, les banques, le commerce et le consumérisme reposent sur "cupidité, paresse et jalousie" pour le plus grand bonheur des classes supérieures et au détriment d'une majorité silencieuse et opprimée. Entre les deux mondes, un mur symbolique d'incompréhension, de peur, de mépris, d'ignorance et d'orgueil, bien plus difficile à traverser que l'espace interplanétaire.

Censure, répression des idées, fraternité par la souffrance et "liberté par la pauvreté" d'une part, illusion du vote démocratique et liberté factice de l'autre, les deux systèmes se révèlent bien fragiles et finiront par se fissurer grâce à l'obstination d'un scientifique, transfuge spatial qui porte en lui l'esprit de la révolution permanente menant à la résistance et à la révolte. Avide de savoir, de vérité et de connaissance, celui qui rêve de modifier le futur grâce à une "théorie temporelle générale" et un principe de "simultanéité" n'a en effet qu'une ambition, abattre les murs, refermer le "cercle du temps" et oeuvrer pour le bien commun des "neuf mondes connus" dont fait partie notre Terre.

Loin d'être un simple roman de science-fiction récompensé par de nombreux prix, l'oeuvre alimente aussi une réflexion philosophique passionnante sur la condition humaine, le sens de la vie ou la place de l'Homme dans l'Univers. En fin de récit, la parabole écologique visionnaire évoquant la surexploitation des ressources naturelles et la surpopulation humaine sur la bien réelle planète Terre fait frémir... Méconnue aujourd'hui mais néanmoins pressentie de son vivant pour le prix Nobel de littérature, Ursula Le Guin nous aura prévenu : sans ouvrir les yeux et notre esprit, nous qui sommes des "enfants du temps" comme les habitants d'Urras et d'Anarres pourrions bien à notre tour finir tous dépossédés !

Tonton Daniel

 

les dépossédés

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 12 Septembre 2020


Bonjour à tous

Paris est en émoi, la Joconde a disparu ! Qui a donc barboté Mona Lisa ? Et où le voleur a-t-il dissimulé le tableau le plus célèbre du monde ? Doublement inspiré par la crue historique de la Seine à Paris en 1910 et le non moins réel vol de la Joconde au Louvre en 1911, le romancier Frédéric Lenormand a eu la bonne idée de faire renaître le plus célèbre des gentlemen-cambrioleurs, Arsène Lupin en personne ! Mais le héros emprunté à Maurice Leblanc est cette fois-ci innocent du larcin et va devoir enquêter sous son déguisement de chef de la sûreté, le bien-nommé... Lenormand !

Plusieurs meurtres par noyade ou par empoisonnement, une famille farfelue et autant de suspects, les silhouettes de Georges Clémenceau et du président Fallières, Lupin-Lenormand aura fort à faire pour relever les indices, interroger les suspects, séduire quelques soubrettes et résoudre le mystère entre deux promenades en barque... 

Erudite, amusante et sans prétention, cette nouvelle enquête lupinienne bénéficie en outre du style Lenormand, léger et plein d'invention, qui aide à faire oublier quelques défauts de construction. Seul bémol d'importance que relèveront les lupinophiles les plus aguerris, le portrait affaibli d'un esprit supérieur que les plus fidèles admirateurs ne reconnaitront pas et le passage du génial Arsène sur le divan d'un psy pour cause de névrose... et de kleptomanie ! Pardonnera-t-on à l'auteur de ce "Noël d'Arsène Lupin" cette petite trahison au plus sympathique et au plus infaillible de nos monte-en-l'air ?

Tonton Daniel

 

le noël d'arsène lupin

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 23 Août 2020

Bonjour à tous

En plus des microbiotes cutané, vaginal et placentaire, tout le monde connait aujourd'hui le microbiote intestinal que nous abritons dans notre système digestif, ensemble de bactéries et de micro-organismes essentiel à la digestion, aux fonctionnements du système immunitaire et du système nerveux central et avec qui nous vivons en parfaite symbiose. Mais l'observation récente de bactéries dans des cerveaux humains en bonne santé laisse désormais deviner un milieu encore plus fascinant : le microbiote cérébral !

Alors que le cerveau humain est censé être stérile car protégé par une barrière hémato-encéphalique et en contradiction avec le discours traditionnel qui explique que seuls des cerveaux malades recèlent des microbes, la découverte dans le cerveau de bactéries jamais observées auparavant (par manque de curiosité ou par excès de certitude ?) laisse présager de nouvelles recherches et de nouvelles parutions médicales. Les bactéries restent toujours concentrées dans les mêmes zones et 92% seraient identiques à celles hébergées dans notre "deuxième cerveau". D'où l'hypothèse d'une migration de bactéries intestinales via le système nerveux, le système sanguin, voire même passagères de nos globules blancs !

Dans l'absence de contamination extérieure, d'où viennent ces bactéries ? Sont-elles utiles ? Dangereuses ? Indispensables à notre survie ou à un bon fonctionnement cognitif ? En soulignant la présence de bactéries au coeur même des neurones et au plus près de l'ADN, d'aucuns n'hésitent pas à évoquer des "bactéries de l'esprit" ou des "pensées microbiennes"... D'autres, plus prudents, y voient la réponse aux études concernant les rapports entre microbiote intestinal et maladies psychiatriques (autisme, schizophrénie, Alzheimer...). Dans tous les cas, avérée ou pas, cette observation nous rappelle que le doute doit toujours rester le moteur de toute recherche scientifique. A suivre !

Sources : Science et Vie Questions/réponses n°37 Juin 2020 + Internet

Tonton Daniel
 

le microbiote cérébral

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #médecine

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Publié le 16 Août 2020


Bonjour à tous

A la fois roman de fiction, essai philosophique et récit autobiographique, "La Nausée", premier livre de Jean-Paul Sartre paru en 1938, est une oeuvre austère et inégale, brouillon annonçant "L'Être et le Néant", ouvrage dans lequel l'intellectuel engagé exposera quelques années plus tard et plus en détail sa philosophie existentialiste.

La Nausée, c'est "un écoeurement douceâtre", "une sensation sourde et organique", un vague sentiment de dégoût que ressent Antoine Roquentin, historien désoeuvré et solitaire, dans le décor d'une petite ville de province, bourgeoise et embrumée. Revenu de tout, désabusé, sans espoir ni projet de vie, l'homme s'ennuie, a l'impression d'avoir "manqué sa vie", comprend que ses voyages et ses "aventures" passées lui donnaient la fausse impression d'exister mais qu'ils ne sont plus que souvenirs qui s'effacent...
Ecoeuré par le bonheur d'autrui, les contingences humaines et les rituels sociaux destinés à "tuer le temps", il finira par vivre une sorte de révélation mystique dans la contemplation d'objets inanimés, comprendra "l'inconsistance des choses" au-delà des mots avant d'entr'apercevoir un monde invisible et irrationnel dans lequel "tout peut arriver".

A travers les états d'âme du personnage principal, "La Nausée" préfigure donc les contours de la philosophie existentialiste dont les maîtres mots seront liberté, action et existence. Liberté totale de l'homme face aux choix de vie qui se présentent à lui, ce qui implique à la fois la négation de la volonté d'autrui et la suppression de toutes les structures sociales mais aussi la naissance d'une angoisse existentielle face au néant, à l'isolement, à la responsabilité et à la trop grande liberté individuelle de pouvoir choisir, décider et agir. 

Opposé au déterminisme ("qui stipule que l'homme est le jouet de circonstances dont il n'est pas maître") et au structuralisme (pour lequel "chaque homme est imbriqué dans des structures qui le dépassent"), l'existentialisme de Sartre rejette aussi l'humanisme des Lumières et rejoint évidemment la pensée de sa compagne Simone de Beauvoir et son célèbre "On ne naît pas femme : on le devient" ! 

Refusant toute idée de dépendance, de reconnaissance ou de structure sociale, Sartre refusa la Légion d'honneur en 1945 et le prix Nobel de littérature en 1964. Hélas pour lui, biologistes et sociologues s'accordent aujourd'hui pour affirmer que l'Homme est à la fois un animal social doué d'empathie en plus d'être un animal politique soumis à des lois. La solitude n'est plus une option à l'heure de la pensée unique et du triomphe des réseaux sociaux qui ont définitivement privé l'individu de sa liberté et de son libre-arbitre. Jusqu'à la nausée !

Tonton Daniel

 

la nausée

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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