Publié le 30 Août 2014
Bonjour à tous
"Les étoiles du Rex" ! L'affiche était prometteuse ! Las ! Ce parcours sonorisé dans les coulisses du cinéma le plus célèbre de Paris fut hier matin une réelle déception !
Dans la première salle, la partie historique retraçant les différentes étapes de la construction du bâtiment a été réduite à sa plus simple expression. Parfait exemple d'architecture art déco, le Rex, édifié et inauguré en 1932, est pourtant un bâtiment unique en son genre. Classé monument historique en 1981, celui qui reste le plus grand cinéma d'Europe est aussi l'un des derniers "cinémas atmosphériques" construits dans les années 1920-1930. Ces salles fermées, imaginées par l'architecte John Eberson et édifiées initialement aux Etats-Unis pendant l'âge d'or du cinéma hollywoodien, devaient donner au public l'illusion d'être à la fois en plein air et dans un pays exotique et romantique. Dans la gigantesque salle de 3300 places du Grand Rex, l'exotisme est matérialisé par un décor intérieur somptueux rappelant un palais méditerranéen idéalisé. Balcons vénitiens, statues gréco-romaines, fresques, végétation luxuriante, fenêtres ouvrant sur des paysages peints en trompe-l’oeil, portions de toitures... tout rappelle la douceur du midi et le chant des cigales. Quant au lointain plafond bleu marine piqueté de petites ampoules scintillant comme autant de petites étoiles, il donne vraiment l'impression de contempler la voûte céleste ! Mais pour rêver aux étoiles filantes, il vous faudra prendre une place pour le film diffusé dans la salle. Car celle-ci est inaccessible et invisible aux visiteurs de l'exposition !
Mais revenons à notre visite ! La suite du parcours est tout aussi décevante. Cabine de projection reconstituée, fausse salle de montage, effets spéciaux et trucages dépassés, mauvais enregistrements vidéo et sonore des visiteurs transformés en figurants de film catastrophe, toutes les animations sont d'un autre âge et à peine dignes d'un parc d'attractions vieillissant... Les seules étoiles présentées ici fugitivement sont les personnalités venues au Grand Rex à l'occasion d'un concert, d'une avant-première ou de la célèbre "féérie des eaux", spectacle aquatique et musical présenté sur scène chaque fin d'année. La mélancolie est à son comble quand le regretté Robin Williams, disparu il y a deux semaines, nous incite dans un extrait du "Cercle des poètes disparus" à profiter du moment présent... Dans la dernière salle, reconvertie sans surprise en boutique de souvenirs ringards et kitschissimes, un employé nous rappelle que nous pouvons acheter la pathétique vidéo de notre visite...
Passer derrière le grand écran afin de regarder les rouages d'une machine à rêves et tenter de percer les mystères et la magie du cinéma semble être une mauvaise idée. Cette exposition en est la preuve. Il est sage de se contenter du spectacle des étoiles sans chercher à comprendre comment et pourquoi elles brillent.
Tonton Daniel
Le lien (en anglais) :
http://en.wikipedia.org/wiki/Atmospheric_theatre
L'affiche et les photos prises hier matin (photo internet pour la salle) :



