Publié le 2 Juillet 2014

Bonjour à tous

Alors que sunnites et chiites s'affrontent en Irak, alors que palestiniens et israéliens sont au bord de la troisième Intifada, alors que la Syrie est toujours à feu et à sang, alors que des migrants africains se noient par dizaines en Méditerranée, alors que des milliers de soudanais meurent dans l'indifférence la plus totale, alors que la Corée du nord lance de nouveaux missiles vers la mer du Japon, alors que la situation en Ukraine s'enlise, alors que (de manière plus anecdotique) la classe politique française dans son ensemble a définitivement perdu toute crédibilité... pendant le même temps, abeilles et papillons butinent paisiblement en forêt de Saint-Germain en Laye à l'ouest de Paris...

Entre Achères et Maisons-Laffitte, il faisait presque chaud à l'ombre des grands arbres centenaires aujourd'hui et la forêt était si déserte qu'elle semblait avoir été privatisée à mon intention... Un seul regret : n'avoir pas réagi assez rapidement pour photographier le magnifique chevreuil surgi d'un buisson devant moi et disparu aussi vite comme par enchantement...

Les Humains peuvent s'étriper, Dame Nature s'en moque !

Tonton Daniel

Quelques photos prises aujourd'hui :

en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain
en forêt de saint-germain

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 30 Juin 2014

Bonjour à tous

En 1612 à Paris, trois artistes peintres sont réunis dans l'atelier de l'un d'entre eux et dissertent sur la finalité de leur art en évoquant Rembrandt, Titien, Dürer, Véronèse et Raphaël. Deux d'entre eux, Nicolas Poussin et Frans Pourbus, ont réellement vécu. Le troisième, nommé Frenhofer, est une pure invention du romancier Honoré de Balzac qui en fait en 1831 la figure principale de sa nouvelle "Le chef-d'oeuvre inconnu". Le ton rappelle à la fois "Le Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde, l'ambiance fantastique des récits d'Edgar Allan Poe et celle des contes d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann dont elle est probablement inspirée. Les deux autres personnages du récit sont Gillette, modèle vivant et femme-objet amoureuse de Poussin, et un mystérieux tableau commencé dix ans auparavant par le maitre Frenhofer que personne n'a jamais contemplé et qu'il affirme être son chef-d'oeuvre. Le chef-d'oeuvre inconnu...

Hélas, malgré son talent professoral et devant l'incompréhension des plus jeunes devant son "chef-d'oeuvre" subjectif, le maitre va comprendre que la perfection est inaccessible et que son insatisfaction permanente révèle son incapacité à s'exprimer. Nouveau Pygmalion amoureux de son oeuvre immortelle, il lui a prêté vie et âme avant de sombrer peu à peu dans la folie et dans la mort...

Bien que de trois générations différentes, les trois hommes se sont accordés sur le principe énoncé par Frenhofer que le trait, le contour, la forme et les apparences du dessin doivent laisser place à la lumière, à la couleur, au dégradé et à la poésie, qu'une oeuvre d'art doit provoquer idées, visions et sensations plutôt que de se révéler conforme à la réalité du modèle ou du paysage original : "La mission de l'art n'est pas de copier la nature, mais de l'exprimer !" Un bon peintre ne fait pas forcément un artiste ! Un vrai manifeste d'avant-garde signé Balzac que n'auraient pas renier impressionnistes et pointillistes !

Tonton Daniel

le chef-d'oeuvre inconnu

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #les arts

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Publié le 25 Juin 2014

Bonjour à tous

Reprise par de nombreux artistes depuis 50 ans (Aretha Franklin, Isaac Hayes, The Four Seasons, Gloria Gaynor...), "Walk on By" a été composée par Burt Bacharach et écrite par Hal David pour Dionne Warwick en 1964. Une petite merveille !

Tonton Daniel

Dionne Warwick :

Aretha Franklin :

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paroles et musique

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Publié le 24 Juin 2014

Bonjour à tous

"Il faut habiter à Paris." Par cette première et sibylline affirmation débute l'histoire d'Arnold Spitzweg, petit fonctionnaire d'âge indéterminé, depuis 30 ans guichetier à la Poste où il a parfois des problèmes avec son ordinateur, personnage principal et quasi unique du roman de Philippe Delerm "Il avait plu tout le dimanche". Le titre à la fois sombre et nostalgique de cet extraordinaire portrait distillé par petites touches à la manière d'un puzzle naïf est emprunté à Georges Simenon et à son "Maigret et l'homme du banc". Marcheur anonyme parmi la foule sous son parapluie et sous un ciel plombé, banale silhouette rappelant un dessin en noir et blanc de Sempé, M. Spitzweg est un simple passant, neutre et médiocre.

Arnold Spitzweg est en effet plutôt rond, plutôt dégarni, falot en apparence et pas très original. Provincial "monté" à Paris il y a bien longtemps, il est toujours resté célibataire, habite un petit deux-pièces dans le XVIIIe arrondissement de la Capitale, à mi-chemin entre "chic froid" et "promiscuité babylonienne", un quartier qui lui ressemble. M. Spitzweg est "un français moyen dans un quartier populaire de Paris", un homme qui "n'aime pas les vacances", pour qui la Dordogne et la Belgique sont des destinations exotiques et la blanquette une folie par rapport au petit salé. M. Spitzweg ne fait pas de grands projets, n'a pas de grandes idées, pas de grandes ambitions, il n'a pas de convictions religieuses ou politiques et ne va sans doute ni prier ni voter. M. Spitzweg vit dans le présent, mène une vie lisse et ne rêve pas d'absolu. Il affirme avec lucidité : "J'ai de la mémoire car je n'ai pas de souvenirs", collectionne les cassettes vidéo, s'achète un nouveau pull chaque automne et pense que "La fête de la musique est devenue fête du bruit". Ne trouvant jamais sa place, M. Spitzweg est un homme passif et résigné.

Mais ne vous y trompez pas, ce portrait d'un homme fondu dans la masse n'est qu'apparence. Sans avoir l'intelligence ou l'élégance du "Hérisson" de Muriel Barbery, cet homme-là a une vie intérieure bien remplie. Il dit lui-même ne pas connaitre le mot "ennui", va dans le métro comme on va au spectacle, "pour rencontrer l'Humanité" dit-il. M. Spitzweg est fier d'être parisien et dans les musées préfère le paysage vu par la fenêtre aux tableaux exposés. M. Spitzweg fume des cigarillos et dine chez Chartier, lit Simenon dans les cafés, a "le lyrisme solitaire" et serait capable de s'asseoir au bord d'une rivière sans pêcher. "M. Spitzweg n'est pas pressé" et profite de petits plaisirs fugaces que lui offre la vie. Le front contre la vitre, M. Spitzweg est un contemplatif épicurien.

Bien sûr, il y a Clémence Dufour, la collègue qui habite Bécon les Bruyères et qu'Arnold fréquentera un moment. Mais loin de ressembler à Amélie Poulain et vivant dans "l'irréductible médiocrité de la banlieue", Clémence Dufour ne pourra pas lutter longtemps contre ce nid, ce cocon protecteur, ce centre du monde en coquille d'escargot qu'est Paris. De la Défense au Palais-Royal, du Parc des Princes au passage Jouffroy, dans le métro et dans les expositions, sur les marchés et sur la Place du Tertre, admirant les marronniers au printemps et jouant avec les voiliers du bassin des Tuileries, Arnold Spitzweg revient toujours vers la Capitale et nous entraine avec lui dans une promenade aussi romantique que pittoresque, dans une ville aussi riche et colorée que lui semble terne et effacé. M. Spitzweg est amoureux de Paris.

Avec son style minimaliste, Philippe Delerm a réalisé autour d'un petit bonhomme sans importance une extraordinaire étude de caractère dans laquelle la sensualité l'emporte de beaucoup sur la mélancolie : plats mijotés, odeur des journaux frais, air d'accordéon dans le métro, "douceur d'un soir d'octobre"... Pour l'auteur de ce petit bijou, "chaque homme est une ile" autour de laquelle le temps qui passe s'écoule lentement... Sans heurt et sans passion, malgré les dimanches pluvieux, Arnold Spitzweg regarde passer les saisons jusqu'à la promesse de la dernière phrase du roman : "Il va neiger dans quelques jours"... Allons ! Il faut habiter à Paris !

Tonton Daniel

il avait plu tout le dimanche

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Rédigé par tonton daniel

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Publié le 22 Juin 2014

Bonjour à tous

Mille milliards de fourmis sur notre petite planète déjà surpeuplée ! Quelqu'un les aurait donc comptées et recensées une par une ? Malgré cette incertitude et quel que soit leur nombre, cette vaste approximation sert de titre à l'exposition que présente le Palais de la Découverte à Paris jusqu'au 31 août prochain. Oubliez la trilogie fantastique de Bernard Werber ! Cette exposition scientifique, organisée autour de quatre zones (espace planète, le nid, la société, à la loupe), présente au visiteur toutes les particularités de ces insectes sociaux apparus sur Terre il y a 140 millions d'années.

Dès l'entrée, les salles d'exposition grouillent d'enfants courant dans tous les sens et criant leur enthousiasme devant des fourmilières en plexiglas de grandes dimensions dans lesquelles travaillent plusieurs colonies de fourmis. Car une fourmi n'est jamais seule et vit toujours en groupe, de quelques individus à plusieurs millions d'individus. Parmi les onze espèces vivantes présentées ici, la colonie de fourmis Atta Cephalotes (fourmis parasol ou fourmis champignonnistes) reconstituée ici sur plusieurs mètres est la plus impressionnante. Des ouvrières courent, se croisent, découpent des feuilles et retournent au nid avec leur précieux butin sans se préoccuper le moins du monde des visages penchés sur elles. "La Fourmi n'est pas prêteuse, c'est là son moindre défaut" écrivait Jean de La Fontaine... A priori, elle n'est pas non plus craintive !

Au fil des présentations, vous apprendrez que l'impact des fourmis sur l'Environnement au niveau planétaire est incalculable : oxygénant la terre, cultivant des champignons, modelant le paysage, protégeant certains arbres d'herbivores affamés, ces insectes sont indispensables au bon fonctionnement de leur écosystème. Vous apprendrez aussi que les fourmis communiquent par diffusion de phéromones et qu'elles se déplacent dans de véritables tunnels d'odeurs. Vous écouterez peut-être une fourmi qui stridule grâce à un animateur qui vous mettra fort à propos la fourmi à l'oreille... Vous apprendrez que dans un nid, aucune fourmi ne dirige, pas même la reine et qu'il n'y a pas de plan d'ensemble au fonctionnement de la colonie. On parle pour les fourmis, comme pour les abeilles et pour les termites, d'intelligence collective. S'adaptant immédiatement et en permanence à leur environnement, les 12.000 espèces de fourmis ont colonisé tous les milieux naturels, à l'exception des pôles et des hauts sommets.

Présentes partout sur la Planète, interagissant avec leur milieu naturel, exploitant espèces animales et végétaux myrmécophiles, divisant le travail et se faisant parfois la guerre à coup d'acide formique, les fourmis pourraient facilement rappeler une autre espèce animale envahissante et bruyante... D'ailleurs, dernière surprise et autre parallèle, vous apprendrez ici qu'environ 20 % des habitantes d'une fourmilière seraient en permanence inactives... Mille milliards de mille sabords !

Tonton Daniel

mille milliards de fourmis

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #zoologie

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