Publié le 11 Mars 2009
Bonjour à tous
Dans un récent numéro de Courrier International (n°956 du 26 février), un article était consacré à la construction des 237 nouveaux réacteurs nucléaires prévus dans le monde d'ici 2030. Cet
article ne posait pas, comme souvent, le problème écologique des déchets et n'abordait pas le problème environnemental ni les choix politiques, mais bien celui des problèmes matériels et concrets
pour la réalisation de ces centrales.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a ainsi calculé que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 6 %, il serait nécessaire de construire 32 nouveaux réacteurs par an pendant
20 ans. Chose impossible pour plusieurs raisons :
D'une part, les réserves exploitables d'uranium de la planète sont bien plus faibles que les réserves d'hydrocarbures, et sont déjà en train de fondre comme neige au soleil.
Ensuite, le personnel formé à la conception, la réalisation, la maintenance, la surveillance et la déconstruction de centrales nucléaires est très largement insuffisant, avec tous les risques que
cela comporte... Se rappeler des erreurs humaines ayant entrainé la catastrophe de Tchernobyl en 1986...
Enfin se pose également le problème "sidérurgique" : "Il apparaît, en effet, que les grands constructeurs de réacteurs dépendent tous du même fournisseur pour la fabrication des cœurs de
réacteur, des lingots d’acier de 600 tonnes coulés tout d’une pièce. En 2006, révèle The Times, les principaux acteurs de l’industrie nucléaire (dont Areva et Toshiba) se sont inquiétés des
limites de cette usine, qui appartient à Japan Steel Works (JSW) et qui ne peut produire que quatre lingots par an ! Certes, JSW a décidé d’investir lourdement afin de doubler cette production,
et l’entreprise accepterait même de négocier des transferts de technologies – mais sous quelles conditions ? – pour que la production passe à douze lingots par an en 2011. Mais, même ainsi, on
voit mal comment pourraient être construits les quelque 237 nouveaux réacteurs qui, selon les décomptes de la World Nuclear Association, sont annoncés pour les vingt et une prochaines années…"
Une fois de plus, pragmatisme et idéologie s'opposent sur un débat crucial, ce qui me fait poser plusieurs questions :
Y aura-t-il un jour une guerre de l'uranium comme il y en a eu pour le pétrole en Irak, au Koweit ou dans le Caucase ?
Peut-on recycler la charge des ogives nucléaires militaires pour les centrales nucléaires civiles ? Après tout, médias et gouvernements prétendent que des terroristes peuvent utiliser des
produits radioactifs issus de la filière civile (centrales, décharges nucléaires, hôpitaux, centre de radiologie, sites industriels) pour créer des "bombes sales" : pourquoi pas l'inverse ? Entre
deux maux, il faut choisir le moindre !
Tonton Daniel
Ajouté le 05 mai 2010 :
En réponse à la question précédente et à l'occasion du sommet sur la sécurité nucléaire de Washington des 12 et 13 avril 2010, "américains et russes ont signé un accord de réduction de leur stock
de plutonium. Chaque partie s'est engagée à traiter 34 tonnes de plutonium de qualité militaire en le brûlant dans des réacteurs."
Allons, messieurs, encore un effort !

