Publié le 19 Octobre 2022


Bonjour à tous

Article signé Claire Carrard et paru dans le magazine Courrier International du 6 février 2020 :

“Où sont passés les bébés ?”, “Maman, j’ai rétréci les gosses”, “Alertez les bébés !”, “Bébés, le crash mondial…” : voilà quelques-uns des titres auxquels vous avez échappé cette semaine, et c’est tant mieux, comme nous l’expliquions à une lectrice en visite au journal vendredi dernier, qui s’interrogeait sur la “fabrication” de la une. Côté visuel, moins d’hésitations cette fois, tant le bébé râleur donnant une conférence de presse, par l’Espagnol Javier Jaén, a fait l’unanimité dans l’équipe pour la couverture de ce numéro.

Nous avons cette méchante habitude, dans la presse, d’annoncer plus que de raison la fin d’à peu près tout. Celle de Macron, de la démocratie, du monde, et, aujourd’hui, des bébés… Pourquoi ce sujet tout d’un coup ? Parce que la démographie reste un enjeu majeur dans de nombreux pays et que les réponses que les États tentent d’apporter en disent beaucoup sur l’avenir de nos sociétés.
À Fermoselle, dans la province de Castille-et-León, aucune naissance n’a été enregistrée depuis deux ans. “‘Nous sommes la capitale d’une Espagne qui se vide’, se vantent les habitants, comme s’ils avaient été choisis pour accueillir les Jeux olympiques”, écrit joliment El Mundo. Depuis plusieurs semaines, les articles se multiplient dans la presse étrangère sur un phénomène observé depuis des décennies déjà : la chute du taux de natalité qui frappe de nombreux pays. Les pays occidentaux ne sont pas seuls concernés. En Asie (en Chine comme au Japon), en Europe de l’Est, en Amérique latine et jusqu’en Afrique, le taux de fécondité baisse.

Longtemps, ce fut sans doute pour de bonnes raisons, explique Anna Louie Sussman dans le long article du New York Times qui articule notre dossier : une meilleure diffusion des moyens de contraception et une plus grande liberté de choix en matière de procréation, un meilleur accès à l’éducation et au monde du travail pour les femmes, une hausse du niveau de vie…

Mais voilà, ne plus faire d’enfants est de moins en moins une affaire de choix. La journaliste dénonce une faillite du capitalisme moderne, qui rend incompatibles travail et vie de famille. “La dénatalité est, au fond, le symptôme d’un mal bien plus vaste. Partout dans le monde, les conditions économiques, sociales et écologiques agissent tel un contraceptif insidieux.” L’intérêt de l’article réside dans le lien qu’il établit entre trois pays a priori très différents pour expliquer la chute des naissances : les États-Unis, la Chine et le Danemark.

En plein débat sur les retraites en France, alors que la crise migratoire divise plus que jamais les Européens, un dossier sur la fin des bébés apporte aussi un autre éclairage sur les réponses (non neutres) proposées par les différents gouvernements à cette crise démographique. De Moscou à Ankara, de Rome à Budapest, de Rio à Séoul… les mesures en faveur de la natalité (dans de nombreux pays, le taux de fécondité ne suffit pas à assurer le renouvellement de la population) traduisent bien l’inquiétude des dirigeants politiques face à ce qu’ils vivent comme un déclin : en Turquie, le président Erdogan exhorte régulièrement ses concitoyens à faire “au moins trois enfants” ; en Russie, Vladimir Poutine lance un vaste programme d’allocations familiales ; à Bruxelles, Ursula von der Leyen vient de nommer une commissaire à la démographie ; en Hongrie, le gouvernement Orbán rend l’accès à la PMA gratuit…

Comment expliquer ce sentiment de panique ? Retour au New York Times. “L’état de la natalité soulève des inquiétudes en matière d’équilibre des finances publiques et de stabilité de la population active et, dans certains cas, vient même alimenter la montée de la xénophobie.” C’est particulièrement le cas en Europe de l’Est, mais pas seulement.

En Italie, pourtant, nous dit La Stampa, la situation démographique du pays (qui a vu sa population baisser en 2018) serait pire “sans l’apport de l’immigration”. C’est bien l’un des enjeux majeurs de cette “crise démographique”. À suivre."

Tonton Daniel

 

la fin des bébés

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #démographie

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Publié le 17 Octobre 2022


Bonjour à tous

Publié en 1963, en pleine Guerre Froide entre Occident et URSS, le roman de politique-fiction de l'écrivain australien Morris West "Les Souliers de Saint Pierre" ("The Shoes of the Fisherman") résonne aujourd'hui comme le témoignage d'un passé révolu. Le récit sur lequel passent souvent des "nuages atomiques" met en lumière le rôle du pape et de l'Église catholique dans la géopolitique internationale à l'issue de la crise des missiles de Cuba d'octobre 1962.

Partagé entre pouvoirs temporel et spirituel et chaussé des "Souliers de Saint Pierre", le nouveau pape d'origine ukrainienne Cyrille Ier doit composer avec les arcanes vaticanes, la puissance orgueilleuse de la Curie romaine, une situation internationale explosive et ses propres convictions. Jeune et pragmatique, il découvrira rapidement tous les défauts d'une Eglise sclérosée, trop vaste, trop rigide, trop dogmatique, repliée sur elle-même et ignorante du quotidien des fidèles. Soucieux de réformes, d'ouverture et de modernité, il soulèvera les questions du célibat des prêtres et de l'emploi unique du latin et interviendra auprès des puissants pour offrir au Monde une paix fragile et provisoire.

Le roman visionnaire de Morris West deviendra célèbre quinze ans après sa parution, lors de l'élection du pape Jean-Paul II en 1978, pontife d'origine polonaise en lutte contre l'idéologie communiste, voyageur et missionnaire infatigable et victime d'un attentat à Rome en mai 1981 comme l'envisageait l'auteur au chapitre IX.

Après plusieurs cycles de "détente" et de refroidissement entre blocs opposés, un traité de non-prolifération nucléaire, la chute du Mur et celle de l'URSS, l'émergence économique et politique de la Chine et de l'Europe, l'Histoire des Hommes a bien changé depuis soixante ans. Un passé révolu ? "L'histoire n'est qu'un éternel recommencement !" aurait déclaré l'historien grec Thucydide au Ve siècle avant notre ère. Ce que semble confirmer le contexte actuel et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. L'Etre humain n'apprendra-t-il donc jamais de ses erreurs passées ?

Tonton Daniel
 

les souliers de saint pierre

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #religion, #histoire

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Publié le 9 Octobre 2022


Bonjour à tous

Le hasard aura permis la lecture de "L'Evènement" de la romancière Annie Ernaux le jour même de sa nomination au prix Nobel de littérature !
Evoqué ici en mai dernier grâce au texte du "Jeune Homme", le récit de l'avortement illégal et clandestin subi par la jeune femme en 1964 nous plonge dans l'époque si proche et si lointaine des aiguilles à tricoter et des "faiseuses d'anges", dans le temps figé d'une société sclérosée autour d'une loi implacable, d'une morale imbécile et de classes sociales encore très marquées.

Témoignage simple et bouleversant réalisé avec une économie de mots, parfois crus mais nécessaires et irremplaçables pour une auteure toujours dans le souci de transcription du réel, le récit accompagne l'intimité, la solitude et le quotidien des femmes en souffrance dans les années 60, la longue chaine invisible et silencieuse des femmes enceintes qui ont partagé la même histoire douloureuse et culpabilisante, cet évènement central et "inoubliable", tout à la fois "faute, épreuve et sacrifice".

Avec "L'Evènement", Annie Ernaux a dépassé malgré elle la simple narration autobiographique, base habituelle de son oeuvre, au profit d'un travail de mémoire collectif et permis d'éclairer et de mettre en mots le vécu de toute une génération. En plus d'une exceptionnelle qualité littéraire reconnue unanimement, voici qui justifie, si besoin était, l'attribution de la prestigieuse récompense !

Tonton Daniel
 

l'évènement

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 29 Septembre 2022


Bonjour à tous

Malgré la disparition de son dossier médical, tout le monde sait aujourd'hui qu'Adolf Hitler était gravement malade dans les dernières années de sa vie. Insomniaque, insuffisant rénal, atteint de tremblements (probablement à cause de la syphilis), le dictateur était consommateur de nombreux médicaments parmi lesquels la pervitine, dérivé de méthamphétamine massivement utilisé par les armées du Reich et leur état-major dès 1938 et connu désormais sous le nom de "crystal meth".

A tort ou à raison, Adolf Hitler était aussi un grand paranoïaque, persuadé de pouvoir être empoisonné par des agents anglais alors qu'il suivait volontairement un strict régime végétarien ! Quinze goûteuses attitrées furent donc réquisitionnées afin de tester tous ses repas quand il occupait la "Tanière du Loup", son principal Quartier général de Prusse-Orientale. Cette "petite histoire" dans la grande et l'extraordinaire témoignage de Margot Wölk (Woelk) à la fin de sa vie ont inspiré en 2018 la romancière italienne Rosella Postorino pour son roman "Le assaggiatrici" ("La goûteuse d'Hitler"), point de vue inhabituel sur la deuxième guerre mondiale et très belle réflexion sur la vie des femmes soumises en temps de guerre à l'absence, l'attente, l'engagement, le remplacement, à une époque où "le droit de parler d'amour" n'existe pas.

En compagnie quotidienne, "trois fois par jour", de la mort, ces femmes oubliées de l'Histoire pour qui manger deviendra une torture et condamnées au silence pour survivre ne rencontreront jamais le Führer. Bien que très romancé et doublé d'une très belle histoire d'amour, le récit n'occulte pas les horreurs de la guerre, la vie dans les tranchées sur le front russe, les trains de déportés, les fosses communes, les chambres à gaz, l'extermination des juifs. Récompensé à juste titre par de nombreux prix, "La goûteuse d'Hitler" nous rappelle à chaque page que "les morts sont le matériau de l'Histoire" et "qu'on peut cesser d'exister alors qu'on vit encore".

Tonton Daniel
 

la goûteuse d'hitler

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #histoire

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Publié le 25 Septembre 2022


Bonjour à tous

Premières aventures policières du commissaire Guido Brunetti imaginées en 1997 par la romancière américaine Donna Leon, "Mort à la Fenice" nous transporte dans une Venise que connait bien l'auteure pour y avoir vécu pendant plus de trente ans. La Cité des Doges y est présentée comme "une ville de province où le commérage fait l'objet d'une véritable religion", "une vieille mémère fatiguée désireuse de se couler de bonne heure sous sa couette, femme d'un certain âge ayant besoin d'un éclairage trompeur pour donner l'illusion de sa beauté évanouie" !

Malgré cette vision excessive parfois condamnée en Italie et en Vénétie, le charme opère comme toujours avec la Sérénissime, l'enquête se lit avec plaisir grâce à des personnages attachants et un scénario bien ficelé. Une trentaine de titres et quelques récompenses suivront, ainsi qu'une série télévisée à succès et des critiques souvent élogieuses : "Le lecteur de Donna Leon découvrira Venise mieux qu'avec n'importe quel guide touristique" !

Un premier opus à lire en écoutant La Traviata, un verre de Spritz à la main.

Tonton Daniel

 

mort à la fenice

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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