Publié le 15 Janvier 2023
Bonjour à tous
Décor sombre et royaume enchanté où se croisent les fantômes de Rimbaud et du Grand Meaulnes, la forêt des Ardennes a servi d'abri à la relation mystérieuse entre l'écrivain et journaliste Blaise Cendrars et la jeune Elisabeth Prévost, deux êtres que tout séparait a priori lors de leur rencontre à Paris en février 1938. Mutilé de la "Grande Guerre" pendant laquelle il combattit au sein de la Légion étrangère, l'auteur de "L'Or" a déjà beaucoup bourlingué et cherché la liberté "par le voyage, l'alcool ou la violence" quand il accepte l'invitation d'Elisabeth à la rejoindre chez elle dans sa propriété des Ardennes à la veille de la seconde guerre mondiale. Elisabeth, elle, est une aventurière de 27 ans, voyageuse et insouciante, ni fantaisiste ni excentrique, juste une femme libre que l'écrivain fatigué va reconnaître comme muse, comme amie, comme complice, un double féminin qu'il surnommera affectueusement "Madame mon copain" ! Différents en apparence, tous deux auraient pu néanmoins partir ensemble faire le tour du monde sur un coup de tête afin de découvrir de nouveaux horizons, goûter de nouveaux plaisirs et vivre intensément le moment présent. Ils n'en auront hélas pas l'occasion.
A l'abri des regards et du monde, leur isolement secret durera un an et demi jusqu'à la déclaration de guerre de 1939 qui les séparera définitivement. Celui qui avait écrit quinze ans plus tôt "Quand tu aimes, il faut partir" a-t-il choisi la fuite, l'effacement, le renoncement ? Malgré quelques indiscrétions, la nature de cette relation est toujours restée inconnue mais sert aujourd'hui de prétexte et de fil directeur à François Sureau, avocat, écrivain, ancien officier de la Légion étrangère et désormais membre de l'Académie française pour son court récit "Un an dans la forêt". Avec beaucoup d'érudition, il y partage ses souvenirs d'enfance, d'armée et de voyages ainsi que sa réelle admiration pour le jouisseur et l'aventurier, admiration d'où semblent percer par moments une pointe de jalousie et quelques regrets...
Dépositaires de nombreux secrets et incapables de la moindre imagination, les arbres de la forêt des Ardennes, quant à eux, gardent toujours le silence et la vérité sur cette liaison aussi fugace qu'énigmatique...
Tonton Daniel
fuir le bonheur - Le blog de Tonton Daniel
Bonjour à tous Attitude opposée au romantisme, cette "réaction du sentiment contre la raison", la fuite du bonheur est parfois salutaire... Ce que Blaise Cendrars suggérait déjà en 1924 dans ...
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