Publié le 24 Septembre 2022


Bonjour à tous

A la lecture de son "Dictionnaire amoureux de Venise", il semble évident que le provocateur Philippe Sollers soit réellement amoureux de Venise, écrivain qui sait si bien évoquer le double visage de cette cité-état résumé désormais à deux interprétations contradictoires. La mélancolie germanique, l'austérité protestante, l'assurance de la décrépitude, "l'effondrement inéluctable" d'une part. L'éblouissement français, l'absolution catholique, la puissance de la résilience, les beautés cachées et la force intérieure de l'autre. Venise, chacun y apporte et y trouve en effet ce qu'il souhaite et ce dont il est capable.

Pour l'amoureux Sollers, malgré le "parcours culturel fléché" et le triste commerce du carnaval contemporain, la ville est bien vivante, éternelle et combative, loin du naufrage et de la nostalgie. C'est la cité des "écrivains de Venise", flamboyante, sensuelle, érotique, libre et libertine, mélange de solitude et d'aventure, la patrie de Vivaldi, Proust et Bellini, une entité féminine qui nargue depuis longtemps les chefs de guerre et autres dictateurs napoléoniens...

Hélas, les amoureux ont parfois les sens brouillés par leur passion... On pardonnera le style parlé bien connu de l'auteur, "le rejet des structures narratives traditionnelles" et le choix réduit des entrées forcément arbitraire pour un tel exercice. En revanche, difficile de ne pas relever l'insupportable, vaniteuse et répétitive litanie de références égotistes à ses précédents ouvrages ! Et, le fin du fin, une entrée "Philippe Sollers" dans son propre dictionnaire ! Sollers par Sollers, qui affirme pourtant à la page 51 que l'esprit vénitien est l'antithèse de l'économie bourgeoise ! Une provocation en forme d'autopromotion que feront heureusement vite oublier une magnifique collection de morceaux choisis et les portraits de visiteurs de la Sérénissime de toutes les époques.

Tonton Daniel
 

dictionnaire amoureux de venise

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Publié dans #littérature

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Publié le 8 Septembre 2022

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #actualité, #histoire, #portraits

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Publié le 7 Septembre 2022


Bonjour à tous

Très courte nouvelle de l’écrivain Georges Perec publiée en 1980, "Le Voyage d'hiver" raconte la découverte par un jeune professeur de lettres dans une bibliothèque privée d'un livre du même nom signé par un illustre inconnu. Livre déconcertant qui semble a priori être un plagiat multiple, empruntant des passages entiers à de nombreux auteurs célèbres du XIXe siècle. Très vite, le jeune homme comprend d'après la date de parution de l'ouvrage, antérieure à toutes les oeuvres qu'il est censé avoir reprises, que ce "Voyage d'hiver" EST l'original copié par tous les autres ! Hélas, l'exemplaire unique du livre mystérieux disparaitra pendant la seconde guerre mondiale, toute trace de son auteur sera effacée des fichiers et le professeur finira sa vie dans un hôpital psychiatrique après trente ans de recherches infructueuses...

Mystification ? Réflexion sur la création littéraire ? Contrairement au "Voyage d'hiver" dans "Le Voyage d'hiver", la mise en abyme quasi fantastique de Perec ne finira pas dans l'oubli ! Les facétieux membres de l'Oulipo et collègues de Perec (dont Jacques Roubaud et le récent lauréat du Goncourt Hervé Le Tellier) apporteront des compléments au texte original, créant ainsi vingt-deux suites, variations ou extensions dans une sorte de "roman collectif" d’un genre tout à fait nouveau intitulé "Le Voyage d'hiver et ses suites". Hasard, clin d'oeil ou reconnaissance, le titre sera aussi repris par Amélie Nothomb pour son dix-huitième roman paru en 2009. On pourra aussi évoquer l'extraordinaire "Tiré à part" écrit et réalisé par Bernard Rapp, histoire d'une vengeance et d'une machination littéraire dans laquelle les dates de parution auront un rôle capital...

Tonton Dani.l
 

le voyage d'hiver

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 2 Septembre 2022


Bonjour à tous

Une légende ancienne raconte qu'une amphore fut un jour trouvée dans la tombe d'un pharaon et, qu'une fois ouverte, un parfum miraculeux s'en échappa. Grâce aux résidus qu'elle contenait, douze essences purent être identifiées mais personne ne put jamais identifier la dernière et treizième fragrance qui demeura pour toujours un mystère. La même histoire affirme qu'en sublimant les douze autres, cette "13e note" au chiffre on ne peut plus symbolique serait l'élément vital et mystique permettant la création d'un accord parfait, celui du Paradis et de "l'odeur de Dieu" !

Hors contes et légendes, égyptologues et historiens reconnaissent l'Egypte antique comme le berceau de la parfumerie et rappellent que le parfum, "transpiration des dieux", relevait alors d'une pratique sacrée et d'une origine divine, qu'à ce titre il était le privilège de Pharaon et de sa famille et qu'il était jalousement préparé par les prêtres dans l'enceinte des temples afin d'honorer les dieux et soigner certaines maladies. D'aucuns affirment d'ailleurs que l'un des charmes de la reine Cléopâtre reposait sur ses parfums épicés et musqués capables d'avoir envoûté à la fois Jules César et Marc Antoine ! Conservées dans de fragiles flacons en verre ou en albâtre, les huiles aromatiques accompagnèrent peu à peu les hauts dignitaires du royaume afin d'imprègner vêtements, tuniques et petits cônes de graisse posés dans les perruques de cérémonie et les chevelures abondantes. Pour ceux qui y avaient accès, le rituel de l'embaumement était enfin destiné à accéder à la vie éternelle, à devenir un "Parfumé", autrement dit un Dieu.

Parmi les créations antiques connues aujourd'hui grâce aux écrits de Pline l’Ancien figurent le "parfum de Mendès", le Kyphi, le Métopion et l’Aegyptium, réputés pour leurs ténacités et leurs profondeurs intenses. A base d'huiles de ben (extraite des graines de moringa), d’olive verte (omphacium), de souchet, de lin ou de sésame et surtout d'iris et d'amande amère, ces parfums tenaient davantage d'onguents gras et solides obtenus par macération ou enfleurage d'ingrédients végétaux et floraux. Parmi ces matières nobles, rares et coûteuses, la myrrhe, l'encens, le safran, la résine de pin, le galbanum, la graine de baumier ou la cannelle ainsi que le miel comme conservateur et le jonc odorant comme épaississant et fixateur.

Parfumeurs, écrivains et fous évoquent souvent le mythe de la "13e note" mêlant Histoire, fiction et scène biblique. Parfums et légendes n'ont-ils pas en effet en commun de faire rêver, frissonner, réveiller la mémoire et arriver à l'extase des sens ?

Tonton Daniel
 

la légende de la 13e note

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum, #secrets et mystères

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Publié le 24 Août 2022


Bonjour à tous

Mais qui sont ces "lépreuses" qu'évoquait en 1939 le quatrième et dernier volet de la quadrilogie des "Jeunes filles" d'Henry de Montherlant ? Dans ce dernier recueil, il est l'heure pour Costals, homme lâche et cruel, de partir se réfugier au Maroc où il espère échapper au sacrement, au "verbiage, à l'insignifiance et à la stérilité", au temps des furoncles et du tricot qui succède inévitablement à celui du grand amour et des voyages en Italie !

Entre la lente noyade du mariage et la furtivité d'un rapport physique, l'homme a donc choisi pour son plaisir de retrouver une très jeune fille qu'il déflora quatre ans auparavant quand elle n'avait que douze ans et qui depuis se prostitue régulièrement ! Refusant à "s'isoler d'elle" par le passé, il avait été contaminé à deux reprises à son contact mais découvrira cette fois trop tard que la petite est désormais atteinte de la lèpre. Dans le doute d'une contamination, il devra choisir à nouveau, entre effondrement et abdication, combat et virilité ou sagesse et grandeur d'âme. Encore une fois, le choix d'Epicure est fait. Carpe diem ! La maladie possible et le temps restreint justifient la jouissance à venir, la réalisation des envies, désirs, caprices, pour soi et sans les autres. L'épreuve donne des couleurs à la vie, à l'existence, la rend plus précieuse, plus intéressante. "Le voyageur presse la nuit" et n'a aucun regret, il assume son destin, le revendique comme glorieux et différent du sort commun. "Il ne peut y avoir de sagesse sans égoïsme"...

Empli de souvenirs personnels d'Afrique du nord où séjourna longtemps Montherlant, ce dernier chapitre de la vie de Costals se conclut par un dernier échange épistolaire, mettant un terme final à toute interrogation et rappelant les temps heureux du premier tome. Notre écrivain finit par retrouver son confort personnel mais les femmes qu'il a croisé entre-temps, femmes mariées ou amoureuses, ont beaucoup souffert par sa faute. Comme des lépreuses consumées à petit feu par un mal sournois, incurable, lent, peu contagieux et parfois mortel comme une maladie d'amour...

Tonton Daniel
 

les lépreuses

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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