Publié le 14 Janvier 2024
Publié le 10 Janvier 2024
Il fut un temps dans l'arrière-pays provençal où les hommes parlaient encore au feu, aux arbres, aux bêtes, aux étoiles, au vent et aux nuages. Un temps où l'on naissait, vivait, travaillait et mourait dans le même logis. Un temps rythmé par les seules saisons et le travail aux champs, si long et lent qu'il s'arrêtait parfois, vidait maisons, villages et campagnes, et n'abandonnait que face aux vieilles pierres et aux vieux chênes.
Mais passé ce temps d'hiver immobile revient toujours le printemps. Le Mistral s'apaise alors, le froid, sec et stérile, s'éloigne, le soleil brille à nouveau, faisant renaître la vie, un agneau, un ruisseau, une nouvelle herbe... Dans la cour de ferme comme au jardin, voici les parfums de menthe poivrée et de foin coupé, le caquetage des poules, le vol agaçant des mouches et les chats lézardant sur un vieux mur. Partout le renouveau, précieux et provisoire.
Les hommes aussi changent. Dans les coeurs et les corps, le désir à fleur de peau, les ardeurs, le sang qui bouillonne, la sève qui remonte, la folie animale, la chasse instinctive pour la reproduction... Dernier habitant de son village en ruines, Panturle, travailleur solitaire, va comme les autres succomber à cette fièvre et "acheter" littéralement la pauvre Arsule au rémouleur Gédémus... Grâce à la jeune femme, le foyer reprendra vie, le blé germera, l'herbe poussera. Enfin viendront la période des foins puis celle du regain, cette deuxième pousse plus tendre et plus tardive, symbole de renaissance accompagné cette année des cris d'un nouveau-né...
Roman magnifique et véritable chant d'espoir, "Regain" de Jean Giono est avant tout une ode incomparable aux Hommes et à la Nature. Un récit dans l'air du temps qui pourrait nous inciter à reparler enfin au feu, aux arbres, aux bêtes, aux étoiles, au vent et aux nuages.
Tonton Daniel
l'homme qui plantait des arbres - Le blog de Tonton Daniel
Bonjour à tous Il était une fois au siècle dernier, dans la Haute-Provence chère à Jean Giono, un berger humble et solitaire nommé Elzéard Bouffier qui plantait des arbres, chênes, hêtres,...
https://tontondaniel.over-blog.com/2019/05/l-homme-qui-plantait-des-arbres.html
le grand troupeau - Le blog de Tonton Daniel
Bonjour à tous Quelque part en Provence, 1916. Lentement, inexorablement, mené par un berger solitaire qui sera bientôt mobilisé, un interminable troupeau de brebis, de moutons, d'agneaux et de...
https://tontondaniel.over-blog.com/2016/06/le-grand-troupeau.html
Publié le 7 Janvier 2024
Confronté depuis la nuit des temps à l'ennui existentiel, au mal de vivre et au désoeuvrement, l'Homme a toujours été à la recherche de divertissements pour oublier sa condition mortelle. Jeux du cirque, fêtes galantes, voyages touristiques, consoles vidéo ou poker menteur, tout est bon pour tuer le temps ! Y compris la guerre et le meurtre à en croire le philosophe Blaise Pascal ou l'écrivain Jean Giono qui lui emprunta en 1948 une "Pensée" pour le titre de son roman "Un roi sans divertissement".
Au XIXe siècle, dans le décor hivernal d'une montagne enneigée, un jeune officier est envoyé dans une communauté villageoise afin de démasquer et arrêter un meurtrier sanguinaire dissimulé derrière un rideau de nuages et de brouillard. Son exploit accompli, le meneur d'hommes gagne la confiance, le respect et l'admiration de tous, de la communauté paysanne aux gens de la grande ville, ces notables qui portent "des bibliothèques dans leurs yeux", puis s'installe à demeure dans ce cadre simple et rude. Mais, peu à peu, malgré la contemplation de la nature, la recherche d'une épouse et quelques épisodes animés, chasse au loup, messe de minuit, cérémonies paysannes et fêtes brillantes, l'ennui s'installe irrémédiablement. Le drame final et spectaculaire devient alors inévitable...
Récit complexe et d'une poésie extraordinaire, à plusieurs niveaux de lecture et aux nombreux personnages, évoquant simultanément le destin d'un homme et "la marche du monde", ce Roi de Giono regroupe plusieurs histoires contées par différents narrateurs qui nous confient chacun à leur tour leurs souvenirs et leur compréhension des évènements et du héros. Comme toujours chez Giono, la Nature reste imperturbable à la folie des hommes, tel le hêtre majestueux posé dès la première page, "d'une force et d'une beauté rares", régnant sur sa forêt, se suffisant à lui-même et n'ayant pas besoin d'artifices pour exister. Les hommes et les dieux s'ennuient. L'arbre vit.
"Un roi sans divertissement est un homme plein de misères."
Tonton Daniel
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les grands chemins - Le blog de Tonton Daniel
Dans les années 50 et le décor hivernal des montagnes de l'arrière-pays provençal, un routard plus tout jeune et sans intérêt pour les évènements du monde, rencontre en chemin un vagabond p...
https://tontondaniel.over-blog.com/2024/01/les-grands-chemins.html
Publié le 3 Janvier 2024
Dans les années 50 et le décor hivernal des montagnes de l'arrière-pays provençal, un routard plus tout jeune et sans intérêt pour les évènements du monde, rencontre en chemin un vagabond plus jeune, rusé, égoïste, tricheur, menteur, au regard et au sourire mauvais.
Le premier, honnête et plein d'imagination, qui ne trouve son bonheur que dans la contemplation de la Nature et l'apaisement des sens, reconnait que l'intelligence est un "mauvais outil pour le bonheur". Si vivre au hasard des rencontres et des évènements lui suffit à "passer le temps", il n'hésite pas à chercher du travail afin d'améliorer son ordinaire.
Le second, pour qui la vie n'est qu'un jeu, un combat contre l'adversaire fait de pertes et de gains, est un de ces hommes destiné à l'errance et au malheur mais qui, aux yeux de l'autre, "existe" vraiment et vit pleinement quelque chose d'exceptionnel au lieu du quotidien fade et monotone du commun des mortels.
De cette amitié bancale imaginée par Jean Giono entre deux marginaux solitaires, tous deux ivres de liberté mais aux caractères bien différents, naîtra évidemment un récit plein de bêtise, de méchanceté et de violence, une histoire au dénouement aussi tragique qu'inattendu...
Pour "exister et être quelqu'un", faut-il emprunter "Les grands chemins" ou les petits sentiers ?
Tonton Daniel
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Publié le 20 Décembre 2023
Aujourd'hui associée à la biodiversité qu'elle protège et au climat qu'elle régule, la forêt a longtemps été perçue par les humains comme un lieu de ténèbres et de mystères peuplé de sorcières et de fantômes. Malgré les progrès de la science, cette vision poétique et romantique n'a pas entièrement disparu. Témoin la forêt d'Aokigahara située au pied du mont Fuji au Japon, considérée depuis les années 1950 comme l'un des sites où l'on se suicide le plus au monde après le Golden Gate Bridge à San Francisco !
Surnommée localement "Jukai" ("mer d'arbres"), Aokigahara est installée sur une ancienne coulée de lave au relief accidenté couvrant 3.500 hectares. Dépeint en 1959 par l'écrivain japonais Seicho Matsumoto comme "un endroit idéal pour mourir en secret" puis conseillé en 1993 par l'auteur Wataru Tsurumi dans son controversé "Mode d'emploi complet du suicide", le site a été choisi pour décor de nombreuses oeuvres de fiction, films, livres et mangas. Selon la tradition, il serait aussi très présent au Pays du Soleil Levant dans la pratique mythique de l'ubasute, géronticide consistant à l'abandon volontaire de personnes âgées dans un endroit isolé...
Si des humoristes nippons s'amusent que le nombre de suicides par pendaison ou overdose de drogue serait en nette augmentation au Japon à l'approche du mois de mars marquant la fin de l'année fiscale, on recensait 108 suicides bien réels en 2004 à Aokigahara malgré des affichages préventifs et de fréquentes patrouilles de surveillance. Les autorités locales de la préfecture de Yamanashi ont donc décidé à cette date de ne plus publier aucun chiffre afin d'éviter toute publicité involontaire et macabre.
Malgré son cadre idyllique, sa faune abondante, ses oiseaux, ses papillons, ses nombreux conifères, érables et rhododendrons, la forêt des suicides demeure un lieu de ténèbres, de silence et de mort qui porte bien son nom !
Tonton Daniel
plan 75 - Le blog de Tonton Daniel
Bonjour à tous Confronté à une chute vertigineuse des naissances sur son sol, à une population toujours plus âgée et à une hausse incontrôlée de ses dépenses publiques, et profitant des t...
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