Publié le 13 Décembre 2023

Diane et Actéon - Giuseppe Cesari - 1603 - Musée du Louvre

Diane et Actéon - Giuseppe Cesari - 1603 - Musée du Louvre

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #les arts, #actualité

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Publié le 8 Décembre 2023

"Réveillez-vous, gens qui dormez,
Priez Dieu pour les trépassés !"

Ainsi concluait le crieur de morts chargé d'annoncer publiquement le décès d'un villageois dans la France du XIIIe siècle. Vêtu d'un habit noir brodé de crânes, de tibias et de larmes, l'officier public passait de jour comme de nuit dans les ruelles de son village au son d'une cloche puis se postait dans un lieu propice à la diffusion des nouvelles, carrefour, place du marché ou parvis d'église. L'auditoire rassemblé et enfin silencieux après un ultime roulement de tambour, le "crieur-juré" énumérait le nom du défunt, la date des funérailles, le lieu de l'enterrement et la formule consacrée pour la prière aux morts.

La pratique concernait également les personnages illustres et l'Histoire rapporte qu'en 1416, à la mort de Jean de Berry, fils du roi de France Jean Le Bon et frère de Charles V, huit crieurs parcoururent les rues de Paris pendant quatre jours pour annoncer sa disparition.

Tout comme le garde champêtre, le crieur public ou le campanier itinérant, équivalent dans les campagnes du crieur de morts, le "clocheteur des trépassés" a officié bien après l'invention de l'imprimerie au XVe siècle, la plupart des membres de la communauté rurale ne sachant ni lire ni écrire. Seuls quelques-uns pouvaient alors déchiffrer et lire à haute voix les affiches placardées sur les murs de la cité ou la porte des églises. Au XVIIIe siècle, les plus riches commencent à faire distribuer à quelques destinataires choisis des petits billets, ancêtres des faire-part qui vont à leur tour se généraliser parmi les classes populaires. Enfin, au XXe siècle, les avis d’obsèques sont publiés dans les journaux quotidiens par les familles de défunts, enterrant définitivement un métier du passé parfaitement oublié aujourd'hui.

Sources : Internet / Le Parisien - Histoires de Paris n°13 - Dans le secret des cimetières parisiens - Décembre 2020

Tonton Daniel
 

le crieur de morts

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #la mort, #le saviez-vous

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Publié le 3 Décembre 2023

Qui de mieux pour évoquer "Le parfum des forêts" qu'un ancien bûcheron reconverti dans l'industrie du parfum ? Dominique Roques, aujourd'hui "sourceur d'extraits naturels" pour l’un des leaders mondiaux de la parfumerie et des arômes, a longtemps abattu des arbres par tradition familiale. Dans son dernier ouvrage, il tente de concilier deux discours paradoxaux, celui de l'homme émerveillé par la Nature et celui de l'exploitant au service d'intérêts industriels et financiers. Amour des arbres et exploitation des forêts pourraient donc faire bon ménage ?

Des cèdres du Liban quasiment disparus aux séquoias géants de Californie en passant par les hêtres européens, les pins des Landes et le gaïac du Paraguay, l'auteur évoque un temps immobile, silencieux et très long, l'histoire des arbres, végétaux plus anciens que les dinosaures auxquels ils ont survécu comme ils ont survécu jusqu'à présent aux haches, aux tronçonneuses et aux "moissonneuses d'arbres". Pour combien de temps encore ?

L'histoire parallèle des hommes et des forêts a en effet connu bien des remous. Au fil des siècles, charbonniers, sylviculteurs et bûcherons ont laissé place à une agriculture industrielle, à la déforestation des tropiques, au massacre de quelques peuples autochtones et aux besoins d'une pression démographique exponentielle. Afin de ralentir ou d'inverser la déforestation mondiale, nombre de solutions ont été proposées ou testées, plantations artificielles basées sur la monoculture mais synonymes de baisse de la biodiversité, d'utilisation massive de pesticides ou de compactage des sols, projets parfaitement utopiques de grandes "murailles vertes" africaines et chinoises ou encore plantations à grande échelle sous l'impulsion de grands groupes industriels papetiers, chimiques, pharmaceutiques ou de parfumerie...

Une vision pragmatique imposerait le retour des haies, l'agroforesterie ou l'exploitation raisonnée des forêts même si ces pratiques sont issues d'une réflexion sur l'amélioration des rendements ou la réduction des factures énergétiques. Quant à la sanctuarisation, la surveillance de forêts "sans finalité économique" ou la recréation de forêts primaires, elles restent pour l'instant anecdotiques et incompatibles avec le temps rapide des hommes.

Entre souvenirs, regrets et craintes pour l'avenir, Dominique Roques nous offre une vision très différente du discours habituel, une glorification anachronique et parfois dérangeante du métier de bûcheron mêlée à un réquisitoire contre le machinisme infernal et la course au profit, un récit dans lequel les bois odorants et les parfums sont hélas souvent absents ! Au lecteur de faire la part des choses et trouver un moyen terme entre une Réformation à la Colbert et une fable à la Giono !

Tonton Daniel
 

le parfum des forêts

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #arbres, #le parfum

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Publié le 29 Novembre 2023

Dans le cadre de l'émission "L'histoire au scalpel" diffusée jeudi sur France 5, le médecin légiste et anthropologue Philippe Charlier présentait l'étrange histoire des coeurs des rois Louis XIII et Louis XIV. Conservés dans des reliquaires en vermeil placés dans la chapelle des Princes de la basilique royale de Saint-Denis, les organes supposés des deux souverains ont été soumis à différentes analyses chimiques et techniques afin d'authentifier leur origine, paléopalynologie (étude des pollens anciens), radiographie (micro CT scanner), datation au carbone 14 ou protéomique (identification des protéines grâce à un spectromètre de masse). Les résultats obtenus concordent tous avec le profil des deux hommes mais, faute d'ADN exploitable, l'authentification ne peut être que partielle.

Mais au-delà de l'aspect médical et historique, les coeurs embaumés des rois dissimuleraient un autre mystère, celui des tableaux peints avec des pigments d'origine humaine ! Dès le XVIe siècle, la vente de momies de développe en Angleterre et atteint des records au XVIIIe grâce au courant romantique qui envahit alors l'Europe entière. Un temps broyés à fins médicinales pour d'imbéciles et prétendues vertus d'éternité, ces "objets de curiosité" macabres et exotiques ont très vite envahi le monde de l'art pour les mêmes raisons. Dénommé Mumiae, mummie, "terre de momie" ou encore "brun égyptien", le "brun de momie", pigment obtenu par broyage de momies égyptiennes, est utilisé par quelques peintres à l'imagination la plus saugrenue afin de rehausser leurs oeuvres d'un brun-rouge très particulier utilisé pour les glacis ou les ombres posées sur les visages et surtout afin de leur assurer une part d'immortalité.

Le commerce lucratif de momies antiques, humaines ou animales, vendues entières ou en morceaux, explique le nombre important de contrefaçons réalisées alors à partir d'un mélange de bitume, d'asphalte et de poix, substances proches des résines employées dans l'antiquité pour les embaumements. Lors de certaines pénuries, guérisseurs et charlatans ont recours aux corps de condamnés ou aux cadavres retrouvés dans les tourbières d'Europe du Nord mais quand le trafic reprend, il devient si important que de nombreuses momies importées du Moyen-Orient servent alors d'engrais au Royaume-Uni !

Inspirés par cette pratique séculaire, deux artistes français auraient, selon la légende, utilisé des fragments des coeurs des rois Louis XIII et Louis XIV pour incorporer une part d'éternité très symbolique dans leurs tableaux. Mythe ou réalité ? Après la profanation des corps à l'abbaye du Val de Grâce et le vol des coeurs, ceux-ci auraient été vendus à deux "petits maîtres", le portraitiste Martin Drölling et le paysagiste Alexandre Pau de Saint-Martin, le premier ayant également acheté plusieurs coeurs de la maison de France dont ceux d'Anne d’Autriche et de Marie-Thérèse d’Espagne. Peint en 1815, "Intérieur d’une cuisine" de Martin Drolling est exposé au Louvre qui refuse toute dégradation provoquée de l'oeuvre. C'est donc au musée Tavet-Delacour de Pontoise que Philippe Charlier va prélever d'infimes échantillons de peinture brune sur "Paysage au moulin, dit vue de Caen" peint vers 1810 par Alexandre Pau de Saint-Martin. Malgré le scepticisme général, le microscope électronique à balayage va y révéler sans aucun doute possible la présence de cellules et fibres musculaires cardiaques ! Impossible d'aller plus loin dans l'analyse et d'établir un lien direct entre le tableau et les reliques mais le résultat semble plutôt donner corps à la légende !

Les coeurs des rois Louis XIII et Louis XIV furent très rapidement restitués à leur descendant Louis XVIII lors de la Seconde Restauration. Quant au brun de momie, il est toujours vendu aujourd'hui dans le commerce. Un pigment minéral beaucoup moins envoûtant que son prédécesseur, ne contenant que carbonate de calcium, oxydes de fer et kaolin !

Tonton Daniel
 

les coeurs des rois et le brun de momie
les coeurs des rois et le brun de momie

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #histoire, #médecine, #le saviez-vous, #les arts, #secrets et mystères

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Publié le 24 Novembre 2023

Louise avait pourtant tout pour plaire ! Souriante, discrète, attentionnée, toujours disponible... Avec son titre tout en rondeur, sa couverture innocente et son col Claudine aux tons pastels, "Chanson douce", roman de Leïla Slimani lauréat du prix Goncourt 2016, débute contre toute attente par un drame épouvantable. La nounou parfaite et indispensable, mère de substitution idéale, est-elle coupable du double infanticide sanglant détaillé dès le début du récit ?

Au fil des pages, par petites touches délicates et subtiles, l'auteure brosse le portrait fascinant d'une femme seule et malheureuse destinée à vivre par procuration et à prendre place dans une famille en apparence heureuse et unie. Derrière son sourire, une condition médiocre, une accumulation de tristesse, de solitude, d'accidents, de vies ratées, d'ennui, de chagrins, de folie, de personnages effrayants, une vie de misère imposée par la société, sans passé ni avenir. Engagée dans une lente descente aux enfers, la nounou exemplaire va peu à peu se métamorphoser et laisser apparaitre son vrai visage déformé par "l'inconfort de vivre" et une "mélancolie délirante". Le drame va devenir inévitable.

Comme il est dangereux de se fier aux apparences ! Un sourire angélique, un titre léger, une couverture innocente ou une chanson douce peuvent tous dissimuler une histoire terrifiante et sombre aussi bien qu'un texte extraordinaire méritant amplement une récompense prestigieuse et un succès international !

Tonton Daniel
 

chanson douce

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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