Publié le 21 Février 2020

 

Malaises, hallucinations, crises de larmes, d'angoisse ou d'hystérie, bouffées délirantes, sensations de dépersonnalisation, sentiment de persécution... Voyager à l'étranger peut parfois conduire aux urgences psychiatriques ! Dans quelques rares endroits du monde, une infime proportion de touristes relèvent d'un malaise nommé "syndrome du voyageur" aux causes et aux manifestations très diverses. Accompagné de troubles corporels, vertiges, sueurs ou accélérations du rythme cardiaque, ce trouble psychique, passager, réversible et a priori sans gravité, est ressenti subitement par des personnes confrontées à une réalité à laquelle elles n'étaient pas préparées ou contraire à leurs fantasmes.

A Florence, berceau de la Renaissance, la profusion d'oeuvres d'art peut déclencher chez des touristes submergés par le message artistique ou l'interprétation qu'ils en font une mystérieuse et très vive émotion esthétique nommée "syndrome de Stendhal" en référence aux troubles décrits par l'écrivain lors de son passage à Florence en 1817. Décrit depuis 1979, ce syndrome ne fait pas l'unanimité au sein du corps médical car il reste très difficile à définir et n'aurait touché que quelques dizaines de touristes dans une ville recevant chaque année des millions de visiteurs. Les plus pragmatiques l'expliquent même par les effets cumulés de la fatigue, de la chaleur et du décalage horaire !

En Inde, destination à forte "personnalité" qui stimule l'imaginaire, beaucoup d'occidentaux perdent leurs repères et ne supportent pas le choc culturel face à la foule, aux excès du climat et à l’omniprésence de la mort. Autre lieu et autre raison, à Jérusalem, l'Histoire, la quantité de symboles religieux et le caractère sacré de la ville entraînent de nombreux pèlerins sur une voie mystique ou dans un état modifié de conscience.

Quant à la France, le "syndrome de Paris" est souvent ressenti par des japonais qui espèrent trouver une image paradisiaque et fantasmée de la capitale française, raffinement, mode, chic et délicatesse, mais qui découvrent au contraire un désordre, des comportements, des codes de communication et une culture au quotidien très éloignés de ceux véhiculés et idéalisés par la littérature et le cinéma !

A l'opposé des urgences psychiatriques, il faut enfin évoquer le "sentiment océanique", cette impression rarissime d'être en lien avec l'Univers, mêlant béatitude des sens et temps figé dans lequel rien ni personne n'existe plus, bonheur absolu indescriptible, ataraxie ressentie un matin d'été face à un paysage sublime, plénitude absolue dans un moment de paix parfaite qu'on souhaite à chacun de ressentir au moins une fois dans sa vie !

"J’étais déjà dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur ; la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber." (Stendhal - Rome, Naples et Florence / Journal de voyage - 1826)

Tonton Daniel
 

syndrome de stendhal

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #médecine, #les arts, #souvenirs de voyage, #le voyage

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Publié le 17 Février 2020


Bonjour à tous

Connaissez-vous le lac Chagan, petit lac de 400 mètres de diamètre perdu dans les steppes du Kazakhstan ? Son histoire est simplement hallucinante ! Alors que le traumatisme des explosions nucléaires de 1945 sur Hiroshima et Nagasaki était encore très vif, les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale imaginaient déjà comment utiliser à nouveau la fantastique énergie fournie par la fission de l'atome, mais cette fois pour des applications civiles et pacifiques. 

Après quelques années d'étude et dans le contexte de l'utopie technologique du début des années 1950, les Etats-Unis lancèrent un programme ahurissant dénommé Plowshare et destiné "à faire accepter l'arme nucléaire" aux civils avec la collaboration de plusieurs entreprises privées. Guerre froide oblige, l'URSS s'inspira très vite des manoeuvres américaines pour lancer à son tour son programme officiel nommé "Explosions Nucléaires pour l’Économie Nationale" impliquant de son côté différents ministères et organismes d'état. 

Ces deux opérations invraisemblables de génie civil nucléaire avaient en commun l'étude et l'utilisation d'explosions nucléaires pour de nombreuses applications civiles, terrassement à grande échelle, prospection sismique, exploration géologique, excavation de mines de charbon, extraction de gaz et de pétrole, extinction d'incendies de puits de gaz et de pétrole, production de vapeur ou même création de cavités souterraines pour le stockage de gaz, de pétrole ou d'eau potable !

Outre la création de canaux, de réservoirs, de barrages, de lacs, de ports ou d'aqueducs, Plowshare incluait quelques projets "atomiques" aussi farfelus qu'inquiétants : élargissement du canal de Panama, construction d'une voie navigable à travers le Nicaragua surnommée le canal Pan-Atomic, creusement de chemins de fer et d'autoroutes à travers des montagnes, jonction de différents réseaux de rivières ou extraction industrielle de schistes bitumineux. Le programme soviétique, lui, envisageait la création d'un vaste réseau fluvial artificiel reliant la mer Caspienne à la mer de Kara, la destruction d'armes chimiques ou l'enfouissement de déchets toxiques.

Moscou fit procéder à 124 explosions de surface ou de faible profondeur entre 1965 et 1988 mais le programme fut finalement abandonné en 1989 suite à l'initiative du président Mikhaïl Gorbatchev militant pour une interdiction mondiale des essais d'armes nucléaires. Washington, en revanche, ne fit réaliser "que" 27 tirs de bombes à hydrogène entre 1961 et 1973 mais les causes de l'abandon du programme furent aussi incroyables que le reste ! Malgré les retombées de produits de fission, les fuites de gaz radioactifs, les pollutions locales au tritium et au plutonium et une opinion publique plus dubitative que réellement inquiète, Plowshare fut abandonné non pas à cause de problèmes techniques et de considérations environnementales mais par manque de rentabilité financière !

Aujourd'hui, le lac Chagan n'est plus qu'un "lac atomique" parmi des dizaines d'autres expériences dangereuses et inutiles. Créé en janvier 1965 à l'aide d'une explosion nucléaire de 140 kilotonnes, il est toujours hautement radioactif et demeurera pour longtemps le symbole international de la bêtise, de la cupidité et de l'ignorance humaines.

Sources : QUID 2000 - Ed.R.Laffont (p.1788) / Internet

Tonton Daniel
 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #environnement, #USA, #russie-urss, #histoire, #le saviez-vous, #secrets et mystères

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Publié le 16 Février 2020


Bonjour à tous

Les images sont impressionnantes ! Située au sud de Central Park dans l'île de Manhattan à New-York, la tour Steinway sera bientôt la plus élancée de la planète. Et pour cause ! Cette nouvelle aberration architecturale haute de 438 mètres et dont la construction est presque achevée n'est large en tout et pour tout que de... 18 mètres !

Conçu par le cabinet SHoP Architects pour le JDS Development Group, ce gratte-ciel résidentiel de très grand luxe comptera 80 étages mais, surface au sol oblige (celle de deux terrains de tennis !), seulement deux ascenseurs ! Edifié un peu en retrait de la rue pour sauvegarder l'immeuble historique de style Art Déco du fabricant de pianos Steinway & Sons, il proposera jusqu'à une hauteur de 345 mètres 60 appartements avec quadruple exposition et sept duplex dont le plus cher, un penthouse situé au 74e étage, est mis à prix à 58 millions de dollars. On trouvera également dans ce nouveau complexe une piscine, un sauna, un salon de coiffure, une salle de sport et une salle de récital rappelant la vocation première du Steinway Hall. Le profil particulier et le rapport d'élancement exceptionnel du 111 West 57th Street ont nécessité la construction d'épais murs de contreventement sur les faces est et ouest et l'installation d'un amortisseur à masse au sommet afin de stabiliser l'ensemble.

Les architectes du projet ont beau rappeler que les premiers gratte-ciels étaient très fins à une époque où la climatisation n'existait pas et la lumière naturelle obligatoire, en levant les yeux vers cette aiguille fragile dressée vers les nuages, on frémit en imaginant un glissement de terrain, une erreur de calcul, un défaut structurel, un incendie, un acte terroriste ou un accident d'avion...

Tonton Daniel
 

la tour la plus fine du monde
la tour la plus fine du monde

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #architecture, #USA

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Publié le 10 Février 2020


Bonjour à tous

Régulièrement filmée lors des grandes tempêtes qui agitent les côtes du monde entier, l'écume de mer est un phénomène spectaculaire et temporaire que l'on confond souvent avec une pollution marine ou un danger pour notre environnement. Parfaitement inoffensive, cette écume est une émulsion d'eau de mer, de fines bulles d'air et de matière organique provoquée par le brassage conjugué de vagues fortes et de vent violent contre les rochers, les falaises, les digues ou tout autre obstacle côtier. La matière organique est apportée par du phytoplancton et par des micro-algues contenant une substance visqueuse et gélatineuse appelée mucilage. Particules organiques, enzymes bactériennes et déchets microscopiques en suspension dans l'eau de mer peuvent aussi faciliter la formation d'écume. Parfois très abondante lors de fortes tempêtes, cette écume peut envahir les villes côtières avant de disparaître au premier rayon de soleil !

Cette masse blanchâtre emportée par le vent a néanmoins une autre origine possible et peut avoir des conséquences écologiques beaucoup plus graves. Toujours constitué d'une émulsion d'eau, d'air et de matière organique, le gel peut se former lors de la prolifération de Phaeocystis, algue marine présente dans tous les océans de la planète et qui se reproduit périodiquement au printemps de manière spectaculaire. On parle alors de "bloom" pour désigner l'apparition de gigantesques colonies flottantes de couleurs claires, invasives et nauséabondes, si importantes qu'elles peuvent gêner la pêche, la pisciculture et la conchyliculture ou même réduire la biodiversité et affecter des écosystèmes naturels entiers ! Observées depuis le début du XXe siècle, ces marées blanches seraient liées comme les marées vertes à des changements rapides de température et de salinité de l'eau de mer ainsi qu'à l'eutrophisation des eaux côtières et aux fortes teneurs en nitrates, en silicates et en phosphates apportés via les cours d'eau par les activités humaines.

Signal de la pollution des fleuves, des rivières et des océans, le phénomène est de plus en plus fréquent et important. Mais les Phaeocystis sont aussi connus pour produire de grandes quantités de gaz soufrés acidifiants, a fortiori lors des épisodes de blooms. Or, le sulfure de diméthyle est très impliqué dans le cycle de nucléation des gouttes d'eau et de la formation des nuages. Davantage de soufre libéré dans l'atmosphère, c'est donc davantage de nuages, davantage de pluie, davantage de lessivage des sols et... une augmentation de l'eutrophisation des eaux littorales favorisant le développement des algues ! La simple et innocente écume de mer visible fréquemment sur les plages et les rochers lors de la marée descendante cacherait-elle un serpent de mer qui se mord la queue ?

Tonton Daniel
 

écume de mer
écume de mer
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #environnement, #le saviez-vous

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Publié le 9 Février 2020


Bonjour à tous

Néologisme également employé en anglais, le "trouple" existe depuis peu. Ce qu'il désigne existe au contraire depuis longtemps ! Appelé auparavant triade, couple à trois ou triangle amoureux, le trouple n'a trouvé sa modernité que depuis quelques années et ne reflète en aucun cas un phénomène récent, un nouveau comportement ou une révolution amoureuse. Illustré au cinéma par de nombreux réalisateurs, décrit dans la littérature par Virginia Woolf, Henri-Pierre Roché ou Simone de Beauvoir inspirée par le "pacte de poly-fidélité" signé par elle et Jean-Paul Sartre, ce "contrat amoureux" entre trois individus adultes et consentants relève d'un simple choix de vie personnel et revêt de nombreuses formes, homosexuel ou hétérosexuel, relation "en triangle" ou "en V" ("vee" en anglais), amour physique ou relation sentimentale, impliquant cohabitation ou pas, souvent un compromis entre plusieurs configurations. Triangle plus souvent isocèle qu'équilatéral, le trouple n’est ni un besoin ni une mode mais une opportunité, le fruit de rencontres dûes au hasard, un phénomène complexe légal mais sans reconnaissance juridique qui remet en question l’unicité du modèle de famille traditionnel et ne laisse personne indifférent.

Le triolisme n'est qu'une des nombreuses formes de polyamour (ou pluriamour), terme générique regroupant les différentes options d’amour multiple entre au moins trois individus mais sa pratique ne doit pas être confondue avec l'adultère, l'infidélité, l'échangisme, le libertinage ou la polygamie. Basé sur de nombreuses règles tacites, le polyamour implique sentiments, liberté, consentement, complicité, ouverture d’esprit, maturité, suppression de toute jalousie, confiance en la parole donnée, honnêteté entre partenaires, respect de l'individualité et de l'autonomie de chacun, absence de possessivité et reconnaissance des droits individuels de tous, compersion, empathie et souci réciproque du bien-être des deux autres partenaires.

Les partisans du trouple mettent en avant les avantages financiers, la sécurité pour l'enfant (quand il y en a) d'un parent supplémentaire au sein d'une "famille surcomposée", la fin d'un modèle traditionnel archaïque, un meilleur épanouissement sexuel ou un appui au mouvement de libération de la femme. Bien avant la théorisation du polyamour, le phénomène a été soutenu par quelques mouvements politiques minoritaires en lutte contre les conventions, le mariage, la monogamie bourgeoise, l’exclusivité, la possessivité, la jalousie et même le romantisme : "le pluriamour est libertaire, anarchiste et révolutionnaire" !

L'être humain est-il par nature destiné à la monogamie ? Peut-on aimer plusieurs personnes à la fois ? L'amour donné est-il plus faible quand il est partagé ? Peut-il être comparé à l'amour filial multiple ? Demande-t-il plus de temps et d'énergie ? Est-il plus instable sur le long terme ? Scientifiques, sociologues, sexologues, écrivains et hommes d'église se disputent depuis longtemps sur ce sujet. Tous sont néanmoins d'accord sur un point : polyamour et triolisme sont incompatibles avec la passion, ce sentiment exclusif, rare et magnifique, douloureux et tragique, destructif et insupportable, qui ne tolère aucun compromis, aucune tiédeur, aucun partage ! Mais ceci est un autre débat !

Tonton Daniel

 

trouple
trouple
trouple
trouple
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le saviez-vous, #sexualité, #lexique

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