Publié le 5 Juin 2013


Bonjour à tous

Créé à la fin du XIXe siècle sous la plume du romancier anglais Ernest William Hornung, beau-frère de Conan Doyle, le cambrioleur amateur Arthur J. Raffles a inspiré nombre d'écrivains parmi lesquels Maurice Leblanc et son célèbre gentleman cambrioleur Arsène Lupin au début du XXe siècle. Regroupées en 2007 dans un seul tome par les Éditions Omnibus, les aventures de Raffles font revivre aujourd'hui une époque révolue, celle des fiacres, des becs de gaz et des chapeaux hauts-de-forme !

Malgré leurs personnalités différentes, les deux cambrioleurs partagent le goût du déguisement, les adresses secrètes, l'amour des femmes, un certain patriotisme inhérent à leur époque, une répugnance pour les armes à feu et l'habitude de voyager dans les colonies. Tout comme Lupin, Raffles est décrit par son complice et ami biographe comme un "génie méconnu", un "esprit supérieur", "entrainé à tous les sports" et qui sait "se mettre à la portée de tous sur tous les sujets et plaisanter avec chacun." Mais la comparaison entre les deux monte-en-l'air s'arrête là car, malgré leur titre partagé, Raffles n'a rien de Lupin.

Première différence majeure, Raffles est invariablement accompagné de son acolyte et complice Bunny (!) alors que Lupin, chef de bande aux multiples pseudonymes, est paradoxalement souvent seul. Malgré le fog londonien, les aventures de l'anglais sont incomparablement moins sombres que celles du français et rappellent davantage celles de John Mannering, alias Le Baron, autre amateur anglais de bijoux et de diamants créé par l'écrivain John Creasey, alias Anthony Morton. Fort d'une biographie beaucoup plus longue, Lupin apparait dans de nombreuses nouvelles et dans une quinzaine de romans et a donc développé une personnalité beaucoup plus complexe que celle de Raffles, héros de quelques nouvelles et du seul "Raffles justicier". Enfin, opérant dans des milieux sociaux beaucoup plus variés, le français fréquente à la fois l'aristocratie et les bas-fonds, et parfois dans des conditions sordides. A cet égard, l'oeuvre de Maurice Leblanc est beaucoup plus proche de celle de Gaston Leroux. C'est l'époque de Fantômas, de Chéri-Bibi et de Judex !

Peut-on dire aujourd'hui que Lupin est le fils illégitime de Raffles ? L'horloge de "Raffles justicier" a-t-elle inspiré Maurice Leblanc pour "Les huit coups de l'horloge" ? Les deux héros auraient-ils pu un jour se rencontrer et s'associer ? Autant de questions sans importance, laissons à Raffles le mot de la fin : "Il faut toujours regarder au-dessus de soi, sinon, je vous le demande, à quoi servirait le ciel ?"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_J._Raffles

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_William_Hornung

http://serie.lebaron.free.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Morton

http://tontondaniel.over-blog.com/article-le-dernier-amour-d-arsene-lupin-111373366.html

Tonton Daniel

raffles cambrioleur amateur

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature

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Publié le 2 Juin 2013


Bonjour à tous

A la longue liste des matériaux naturels employés par les activités humaines qu'on annonce régulièrement en voie de disparition, pétrole, gaz, eau douce, lithium, terres rares, uranium ou phosphore, il faut ajouter désormais une substance inattendue : le sable !
Deuxième matériau utilisé par l'Homme dans le monde après l'eau, on le retrouve dans presque tous les secteurs de l'industrie avec un volume financier de 70 milliards de dollars par an dans les échanges internationaux. Si le silicium qu'il contient est le constituant principal des microprocesseurs fabriqués par l'industrie informatique pour les équipements électroniques, les cartes bancaires et les téléphones mobiles, le sable est également nécessaire à la production de verre, de cosmétiques, de papier, de lessive, de plastiques, de peintures...
Mais le premier secteur demandeur est évidemment celui de la construction, le sable étant utilisé pour la fabrication du béton comme agrégat mélangé à du ciment. Avec 15 milliards de tonnes coulés chaque année pour édifier deux tiers de tous les bâtiments du monde, le béton serait désormais le matériau de construction dominant à l'échelle planétaire !

Le journaliste Denis Delestrac tire aujourd'hui le signal d'alarme dans son reportage "Le sable, enquête sur une disparition" diffusé en ce moment sur la chaine Arte. Longtemps prélevé dans des carrières et dans des rivières aujourd'hui vidées, le sable est maintenant aspiré au fond des mers et des océans par plusieurs milliers de dragues marines dont les plus puissantes prélèvent jusqu'à 400.000 m3 par jour. Le résultat est édifiant : disparition de certains écosystèmes marins, recul des plages, activité de pêcheurs menacée, baisse du tourisme, corruption, déplacements de populations... la liste est longue des méfaits de cette surexploitation silencieuse.

Partout dans le monde, la poussée démographique et la spéculation immobilière font des ravages. Au Maroc, 40% du sable utilisé est volé, principalement sur les plages... Les Emirats du golfe, eux, ne peuvent pas utiliser le sable des déserts voisins car celui-ci est trop rond et inutilisable pour la fabrication du béton. Paradoxalement, ils sont donc contraints d'importer des millions de tonnes de sable marin, notamment depuis l'Australie. Le projet "The world" a ainsi été un gâchis de matériau faramineux... En Espagne, la folie de la construction a également gâché des millions de tonnes de sable marin... En Indonésie, ce sont 25 iles qui ont déjà disparu après la fourniture de sable à Singapour... A Mumbaï, en Inde, à force de menaces, de chantages et de meurtres, la mafia du sable est devenue l'organisation criminelle la plus puissante du pays avec 8000 sites illégaux d'extraction, entrainant corruption de l'administration et des services publics... Dans l'archipel surpeuplé des Maldives, plusieurs atolls sont menacés de disparition... Aux Etats-Unis, 80 000 barrages retiennent les alluvions et les sables des cours d'eau qui devraient naturellement compenser l'érosion des côtes... En Floride et en Caroline du nord, certaines plages ont définitivement disparu... En Bretagne, les pêcheurs sont menacés par des promoteurs sans scrupules...

Ce sable marin est également dangereux pour les constructions s'il est mal utilisé : non lavé, le sodium du sel marin est très corrosif et peut attaquer les armatures métalliques du béton armé. Difficile de ne pas faire un rapprochement entre l'effondrement d'un immeuble au Bengladesh le 24 avril dernier et le commentaire alarmiste d'un des intervenants au cours du reportage...

Des solutions existent afin d'éviter une catastrophe annoncée : choix de matériaux de construction autres que le béton, recyclage du verre en granulats, information du public, décisions prises par les Etats et les pouvoirs publics... toutes solutions évidemment plus coûteuses que l'exploitation du sable marin... Allons-nous continuer longtemps la politique de l'autruche ?

"Le sable n'est pas une ressource durable".

http://www.arte.tv/guide/fr/046598-000/le-sable-enquete-sur-une-disparition?autoplay=1

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sable

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mati%C3%A8re_premi%C3%A8re_min%C3%A9rale_critique

Tonton Daniel

la guerre du sable

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #énergie & matières premières, #environnement, #télévision

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Publié le 1 Juin 2013


Bonjour à tous

Quel calme ! Quelle paix ! Alors que, de l'autre côté de la grille, la foule se bousculait au château voisin de Versailles, le Potager du Roi était ce matin un havre de douceur et de sérénité visité par de rares promeneurs accompagnés du roi soleil et de quelques papillons blancs. Construit en 1683 par Jean-Baptiste La Quintinie pour nourrir Louis XIV et sa Cour, ce jardin utilitaire longtemps enrichi de l'abondant fumier provenant des écuries du château est toujours en activité et abrite aujourd'hui l'École nationale supérieure du paysage. Ici, pas de faste comme dans les jardins de Villandry, des allées sommairement aménagées, des carrés en friche, un seul bassin, une seule statue, celle de M. de La Quintinie, et une grille dorée séparant le potager de la Pièce d'eau des Suisses, celle-là même qu'empruntait le Roi-Soleil qui venait vérifier la pousse des petits pois dont il était friand !

Comme tout jardin, du carré le plus simple au parc le plus sophistiqué, le Potager du Roi permet l'évasion et l'éveil des cinq sens. Et tout d'abord la vue, malgré peu de fleurs et peu de couleurs, dans une harmonie d'ensemble où domine en symétrie le vert des arbres et celui des salades... Puis, l'oreille distingue le clapotement de la fontaine, les cloches de la cathédrale Saint-Louis voisine, le chant des oiseaux et la musique baroque du parc royal au-delà du mur... En s'approchant, voici des parfums subtils de lavande et d'herbes aromatiques portés par la brise printanière, et de plus près encore, le toucher rugueux des troncs d'arbres fruitiers en espalier... Mais attention ! Cueillette interdite ! Pour les saveurs, il vous faudra passer par la boutique où quelques habitués viennent s'approvisionner en fruits et en légumes frais tout au long de l'année !

Ici plus qu'ailleurs, les arbres et les jardins semblent se moquer des Révolutions et du temps qui passe. Si vous aussi voulez faire une pause, n'hésitez pas à pousser la grille de ce lieu confidentiel et venir profiter de ce décor intemporel. Mais... chut ! Je ne vous ai rien dit !

http://www.potager-du-roi.fr/site/potager/index.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Potager_du_roi

Tonton Daniel

Quelques photos prises ce matin :

le potager du roi
le potager du roi
le potager du roi
le potager du roi
le potager du roi
le potager du roi

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #au jardin, #paris - ile de france

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Publié le 26 Mai 2013


Bonjour à tous

Les esprits rétrogrades et chagrins qui défilent aujourd'hui dans la Capitale contre le "mariage pour tous" n'iront certainement pas voir l'exposition que la Pinacothèque de Paris consacre à Tamara de Lempicka ! En effet, malgré deux mariages et la naissance de sa fille Marie-Christine dite Kizette, cette artiste peintre d'origine polonaise née à la fin du XIXe siècle n'a jamais caché sa préférence pour les femmes, attirance très visible dans une grande partie de ses tableaux pour lesquelles ont posé nues plusieurs de ses maitresses, Suzy Solidor ou Ira Perrot par exemple.

Elève de Maurice Denis, Tamara de Lempicka commence à peindre dans les années 20. C'est le temps des chapeaux cloches, du charleston, de Gatsby le magnifique et de Charles Lindbergh. C'est l'apparition du style art déco en réaction aux formes courbes de l'art nouveau. C'est aussi le temps des garçonnes et des amours saphiques (En ce début de XXe siècle, on commence aussi à parler de "lesbiennes"). Très tôt, Tamara de Lempicka sera fascinée par la liberté d'artistes comme Louise Brooks, Greta Garbo et Marlène Dietrich dont les personnages à l'écran se sont toutes émancipées des conventions sociales et du pouvoir masculin au point d'inspirer à son tour dans les années 80 la créatrice des parfums Lolita Lempicka.

La Pinacothèque de Paris présente donc aujourd'hui des tableaux de Tamara de Lempicka dont certains jamais exposés depuis les années 20, des oeuvres de jeunesse, beaucoup de dessins, sa correspondance avec l'écrivain italien Gabriele D'Annunzio et même de rares témoignages cinématographiques la mettant en scène avec des amis. Paradoxalement héritière du cubisme, Lempicka peindra des corps voluptueux de femmes rondes qui ont peut-être inspiré l'oeuvre du peintre Fernando Botero, des regards de madone, deux nus masculins uniquement et de très rares natures mortes mais pas de paysages ni de scènes de genre. Eclairée de couleurs vives dans des cadrages modernes préfigurant publicités et photographies, cette peinture sensuelle deviendra caractéristique et emblématique d'une époque résolument tournée vers l'avenir.

Le style de Lempicka évoluera en fin de carrière en se diluant et en perdant de son originalité. Car la fascinante Tamara, à la personnalité et au physique hors du commun, reconnue très tôt par la critique internationale, mènera grand train, toujours en voyage, préfigurant les figures de la jet-set avant l'heure, traversant l'insouciance des années folles dans un certain luxe matériel. Passionnée par la mode et les toilettes de grands couturiers, elle sera finalement surnommée "la baronne au pinceau", titre peu glorieux pour celle qui n'hésitera pas à poser pour les photographes peignant devant sa toile avec collier de perles et boucles d'oreilles assorties !

Aujourd'hui, malgré les manifestations, un petit ilot de subversion et de liberté résiste en plein Paris : venez donc admirer La Belle Rafaela, le troublant "Double 47", le Nu aux buildings, la Tunique rose, le Nu aux voiliers, le magnifique Portrait d'Arlette Boucard ou cet étonnant et lumineux "Atelier à la campagne" qui donne envie de s'évader au soleil en passant de l'autre côté de la toile...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tamara_de_Lempicka

http://www.pinacotheque.com/no_cache/fr/accueil/expositions/aujourdhui/tamara-de-lempicka.html

http://tontondaniel.over-blog.com/article-le-musee-des-annees-30-105920629.html

Tonton Daniel

tamara de lempicka
tamara de lempicka
tamara de lempicka
tamara de lempicka
tamara de lempicka

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #les arts

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Publié le 22 Mai 2013


Bonjour à tous

"Un de ces jours, c'est un homme qui va se faire bouffer, après s'être fait une fracture ouverte dans la montagne."

Cette déclaration prémonitoire est extraite de l'article que j'avais publié en juin 2007 suite à un témoignage familial concernant une attaque de vautours fauves affamés sur du bétail vivant au Pays Basque.

Accusés de plus en plus souvent d'attaquer des animaux faibles ou malades mais encore vivants, les vautours fauves sont par nature des oiseaux charognards, tout comme le gypaète barbu ou le vautour percnoptère qui hiverne en Afrique mais vient se reproduire dans les Pyrénées chaque année. Menacés de disparition il y a quelques décennies, les vautours pyrénéens sont aujourd'hui protégés. On compte désormais plus de 300 couples qui se reproduisent dans la région pour y former les plus grandes colonies mondiales. Dans d'autres régions du monde, plusieurs civilisations utilisent ou ont utilisé vautours et autres oiseaux charognards pour leurs "funérailles célestes", rites funéraires consistant à l'exposition des cadavres humains à l'appétit des oiseaux (tribus amérindiennes, populations du Tibet bouddhiste ou Parsis de l'Inde exposant les corps dans les "tours du silence" à Bombay).

Aujourd'hui, un fait divers dramatique illustre parfaitement la prédiction précédente, avec la chute d'une randonneuse le mois dernier au-dessus du village de Larrau dans la haute vallée de Soule dans les Pyrénées, découverte par les secours deux heures après son accident entièrement dévorée par des oiseaux charognards ! La littérature spécialisée nous confirme qu'un vautour seul peut avaler deux kilos de viande en deux minutes et que plusieurs vautours peuvent "nettoyer" une vache en trois heures !

N'ayant retrouvé que des ossements et des habits et constatant une "glissade" de la victime de 300 mètres environ, les secouristes ont affirmé que cette dernière était morte sur le coup. Afin de ne pas effrayer les populations ? Nul ne le saura sans doute jamais.

Le saviez-vous ? Couvert de duvet et non de plumes, le cou des vautours fauves leur permet de mieux fouiller l'intérieur des carcasses animales !

(Source : Les oiseaux de proie - Encyclopédie visuelle Bordas)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vautour_fauve

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tours_du_silence

http://tontondaniel.over-blog.com/article-6765706.html (article du 8 juin 2007)

http://tontondaniel.over-blog.com/article-funerailles-celestes-107022983.html

Tonton Daniel

Mes photos prises il y a quinze jours au Pays Basque en plein centre de Mauléon illustrent le vol des vautours en groupe. Ces oiseaux grégaires utilisent ainsi au mieux leur "vision collective" pour la détection de leur nourriture :

vautours basques
vautours basques
vautours basques

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #pays basque

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