thorium la face gâchée du nucléaire

Publié le 21 Septembre 2016

Bonjour à tous

Une véritable bombe ! Parmi les nombreuses filières disponibles pour la construction de centrales nucléaires civiles, pourquoi celle utilisant uranium et eau légère pressurisée a-t-elle été choisie comme standard ? La réponse du reportage de Myriam Tonelotto diffusé par Arte hier soir est très claire : la filière à uranium permet à la fois la création de plutonium utilisé pour la fabrication de bombes atomiques et l'installation de réacteurs compacts dans les sous-marins nucléaires ! Le choix a donc été fait par le gouvernement américain pendant la seconde guerre mondiale, appuyé par d'inévitables lobbies militaro-industriels et par une campagne de désinformation massive auprès du public.

Il existe néanmoins une autre filière beaucoup moins dangereuse, celle des réacteurs à sels fondus utilisant du thorium, élément chimique naturel certes radioactif lui aussi mais constituant une ressource abondante et facile à exploiter. Ayant déjà fonctionné dans le passé de manière expérimentale, les réacteurs à sels fondus sont beaucoup plus simples à fabriquer, à utiliser et à gérer que les réacteurs à eau légère et à eau lourde :

-L'utilisation de combustible liquide (le thorium est contenu dans des sels de fluor fondus) permet un drainage par gravité facile et rapide vers des réservoirs inférieurs en cas de panne électrique.

-Par nature physico-chimique, les sels de fluor sont très stables et faciles d'emploi.

-Le sel fondu qui joue aussi le rôle du liquide de refroidissement empêche la propagation d'une chaleur résiduelle non maitrisée et un emballement du réacteur comme à Tchernobyl en 1986.

-Un réacteur à sels fondus ne nécessite ni fabrication ni recyclage de combustible solide sous forme de pastilles, pas de gaine, pas de réseau de tubes pour l'eau caloporteuse.

-Un réacteur à sels fondus fonctionne à pression atmosphérique. L'absence de circuit d'eau sous pression évite tout risque d'explosion due à un système de refroidissement défaillant comme à Fukushima en 2011.

-Un réacteur à sels fondus recycle presque complètement les actinides produits lors de la fission (Neptunium, Plutonium, Curium, Americium...), ce qui permet une réduction considérable des déchets hautement radioactifs à longue demi-vie.

-Fonctionnant à très hautes températures, le rendement thermique d'un réacteur à sels fondus est excellent.

-Enfin, en cas de fuite du système de confinement, le sel se solidifie immédiatement au contact de l'air !

Hélas, le modèle économique construit autour des réacteurs classiques serait compromis par ces réacteurs de quatrième génération. Nombreuses sont les entreprises comme Areva nommée à la fin du reportage qui n'ont aucun intérêt à ce changement radical. Si l'on considère de manière pragmatique l'utilisation d'énergie nucléaire comme un mal nécessaire complémentaire des énergies renouvelables, d'aucuns évoquent malgré tout des études insuffisantes, des problèmes de réglementation ou une faible compétitivité économique... Sous-produit de l'exploitation des terres rares, 10 000 tonnes de thorium "inutile" seraient aujourd'hui stockées en France... Cherchez l'erreur !

Tonton Daniel

thorium la face gâchée du nucléaire

Rédigé par tonton daniel

Publié dans #télévision, #énergie & matières premières

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