Articles avec #le parfum tag

Publié le 10 Octobre 2017


Bonjour à tous

La dernière page tournée, il est des livres que l'on quitte à regret, tel "Parfums" de Philippe Claudel, abécédaire autobiographique sensuel et gourmand évoquant, de "Acacia" et "Alambic" à "Vieillesse" et "Voyage", les parfums d'une enfance heureuse...

Grâce à un extraordinaire travail de mémoire olfactive, Philippe Claudel évoque les figures de son passé "enfermées dans une boucle du temps", les premières amours, les personnes âgées qui sentent le lait d'amande, la fleur d'oranger et la rose ancienne. Et puis les senteurs oubliées de sa jeunesse, charbon dans le poële, angélique des fruits confits, naphtaline des armoires, salpêtre des caves humides, fumée des Gauloises brunes, huile brûlée des moteurs deux-temps, encaustique à la cire d'abeille, craie sur le tableau noir...

Il y a aussi les parfums sans nom, odeurs de liberté et de grands espaces, les parfums à emporter sur une île déserte "qui n'en aurait aucun", les parfums "courbés" et discrets qui renoncent à vivre, les bouquets intimes et les effluves sexuels dont on ne parle pas, les pestilences, relents et autres miasmes putrides, et bien sûr "le remugle des vieux livres" aux feuilles jaunies...

On pense à Philippe Delerm, à Annie Ernaux, à Montand sur sa bicyclette... Il aurait fallu ralentir la lecture et s'accorder avec le rythme du livre et de l'auteur... Le livre est fermé... Ne reste en mémoire que quelques mots, une fragrance qui s'évapore lentement avec le temps qui passe, le souvenir proustien d'un parfum trop tôt évanoui...

Tonton Daniel

 

parfums

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #le parfum

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Publié le 21 Avril 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? L'expression "être en odeur de sainteté" qui signifie "être bien vu par une personne ou une collectivité" aurait une origine bien réelle. Face à des constatations évidemment très subjectives, les interprétations diffèrent, que l'on soit mystique, scientifique... ou écrivain !

Le parfum a toujours été associé à Dieu et au Paradis dans la tradition chrétienne. Le mot "Christ" ne signifie-t-il pas "oint" en grec ancien ? Les textes sacrés évoquent l'encens dont les volutes s'élèvent vers les cieux comme une prière, les offrandes de parfums des Rois Mages, les senteurs de rose, de lys ou de violette associés à la Vierge Marie. Ils décrivent également les parfums suaves et fleuris dégagés par les cadavres ou les reliques de quelques saints, parfois très longtemps après leur mort, phénomène auquel est associé l’incorruptibilité du corps. Fragrances de rose, de lis, de violette ou de jasmin, les exemples les plus connus sont ceux de Sainte Thérèse d’Avila et de Padre Pio qui exhalait de son vivant, dit-on, des senteurs paradisiaques. Les autorités religieuses expliquent cette "odeur de sainteté" par une "osmogénèse miraculeuse" et qualifient les saints concernés et les icones les représentant de "myroblites" ("d’où jaillit la myrrhe").

Face à ces "miracles", la science et la médecine moderne expliquent clairement ce phénomène odorant a priori bien réel chez certains individus par un changement de composition du sang, lui-même occasionné par un mode de vie ascétique. Le jeûne (religieux ou non, végétarien ou non) ralentit en effet la production de corps cétoniques et d'acétone par le foie, modifie le métabolisme, perturbe le fonctionnement des globules rouges sanguins et, finalement, réduit l'oxydation générale de l'organisme. Le cas de Thérèse d’Avila relèverait essentiellement de sa maladie, l'acétonémie diabétique. Dans certains cas, l'embaumement à base d'encens, d’aromates ou d’onguents, le bois, les fleurs ou les résines déposés près du cadavre, expliqueraient encore plus simplement le dégagement d'odeurs des reliques.

Il faut enfin être romancier et s'appeler Patrick Süskind pour créer le personnage de Jean-Baptiste Grenouille, parfumeur et meurtrier, imaginer que le plus angélique et le plus divin des parfums puisse faire naitre "une palpitation d'allégresse, une virginale et délicate lueur de bonheur", faire naitre l'amour "jusqu'à la folie, jusqu'au sacrifice de soi", maitriser "le coeur des hommes", les "inonder de beauté comme d'un feu radieux" et les faire "frémir de ravissement, pleurer de volupté et tomber à genoux comme à l'odeur de l'encens froid de Dieu" !

Tonton Daniel

"La consommation de pets-de-nonne ne garantit pas une mort en odeur de sainteté" (Patrick Heuschen)

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #lexique, #le parfum, #religion, #médecine

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Publié le 8 Mars 2017


Bonjour à tous

Lancé en avril 1937 par la maison Schiaparelli, le parfum "Shocking" déclencha alors un  petit scandale dans le monde policé de la parfumerie parisienne. Son nom, d'abord, choisi par la superstitieuse créatrice de mode Elsa Schiaparelli, devait obligatoirement commencer par un "S" comme plus tard la plupart de ses autres créations, Soucis, Sleeping, Snuff, Spanking, Séraphique, Stratosphère, Sotto voce ou Succès fou par exemple. Celle qui fréquentait les provocateurs et les excentriques, les dada et les surréalistes, les milieux anticonformistes et d'avant-garde, introduira à son tour l'absurde en haute couture, à l'exemple de la jupe-culotte qui indignera l'Angleterre ou du célèbre chapeau-chaussure souvent porté par Gala, compagne de Salvador Dali. La scandaleuse Wallis Simpson, future duchesse de Windsor, ne s'y trompera pas en choisissant Schiaparelli pour son trousseau de mariage en 1937 !

Le flacon-buste, ensuite, orné de fleurs de porcelaine et d’un mètre-ruban, fut inspiré à Leonor Fini par les formes généreuses de l'actrice américaine Mae West, célèbre sex-symbol américain qui envoya depuis Hollywood à Schiaparelli un mannequin de couturière à ses mesures pour la création de ses costumes de scène. Cette même Mae West dont les courbes plantureuses inspireront plus tard à Marcel Rochas l'invention de la guêpière en 1947 et la forme du flacon en amphore de "Femme" et aux aviateurs américains de la Seconde Guerre mondiale le surnom de leurs gilets de sauvetage gonflables...
Autre provocation en 1948, Schiaparelli lancera en complément du buste de Shocking le parfum "Zut" dont le flacon représente les jambes de la chanteuse Mistinguett perdant sa jupe...

L'emballage de Shocking devint célèbre lui aussi grâce à sa couleur, une nuance de fuchsia peu discrète, "impudente et vivante", évoquant l'indécence de la chair, rebaptisée "Rose Shocking" pour l'occasion et qui deviendra l'un des codes emblématiques de la maison.

Le jus, enfin et surtout, terriblement sensuel, chaud, animal, indécent, presque érotique en comparaison des subtiles fragrances soliflores de l'époque. En plus des traditionnelles notes de tête et de coeur fleuries et fruitées, ce chypré-floral "poudré" composé sous la direction de Jean Carles regroupait en note de fond toutes les substances végétales et animales les plus difficiles à manier car parmi les plus odorantes et les plus persistantes utilisées en parfumerie, musc, ambre gris, civette, vanille, patchouli, vétiver, benjoin et santal. Un expert décrira Shocking comme le "premier parfum sexuel" de l'Histoire, l'un des plus tenaces jamais créé par un parfumeur...

Toujours vendu aujourd'hui, le succès de Shocking ne se dément pas. Cette composition mythique dont on va célébrer les 80 ans a inspiré de nombreux parfumeurs et couturiers tels Jean-Paul Gaultier et créé bien des jalousies. L'austère et conventionnelle Coco Chanel ne déclara-t-elle pas un jour : "Schiaparelli déguise les femmes, moi je les habille" ? My goodness ! Shocking !

Tonton Daniel


https://fr.wikipedia.org/wiki/Elsa_Schiaparelli

http://graindemusc.blogspot.fr/2008/11/shocking-de-schiaparelli-froufrous.html

http://tontondaniel.over-blog.com/article-femme-de-rochas-37534743.html

 

 

shocking

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum

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Publié le 25 Février 2017


Bonjour à tous

Abrité dans l'hôtel Moreau-Nélaton, ancien siège de la Maison Christian-Lacroix situé rue du Faubourg Saint-Honoré entre hôtels de luxe, galeries d'arts et palais de l'Elysée, le Grand Musée du Parfum a ouvert ses portes en décembre dernier dans l'un des quartiers les plus flamboyants et les plus surveillés de la Capitale !

Organisé en 3 étapes (Histoires de parfums, Immersion sensorielle et Art du parfumeur) qui rappellent en filigrane que la parfumerie moderne est tout à la fois un art, une industrie, une évocation sensuelle et un monde plein de mystères, le parcours se révèle ludique et instructif dans un cadre que le visiteur jugera graphique, esthétique et contemporain, ou froid, épuré et aseptisé selon son humeur et son expérience. Parmi les surprises de l'exposition, on notera la minuscule collection de récipients anciens, les alcôves sonores, les tulipes de la mémoire, les surprenantes boules de senteurs parlantes et l'extraordinaire salle de l'orgue à lasers qui se succèdent et se complètent afin d'éveiller tour à tour la vue, l'ouïe, le toucher et l'odorat.

Luxe, calme et volupté ? Rêve, création et imagination ? En fin de visite, les inévitables boutique et librairie offrent à la vente un large choix de cadeaux, de souvenirs ou de bouteilles de grandes marques et rappellent que ce lieu de découverte et d'apprentissage est aussi et avant tout dédié au plus élémentaire des commerces... Qui a dit que l'argent n'avait point d'odeur ?

Tonton Daniel

 

le grand musée du parfum
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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #paris - ile de france, #le parfum

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Publié le 24 Février 2017


Bonjour à tous

S'inspirant peut-être des pomanders du moyen-âge, ces "boules de senteur" en métal précieux contenant matières odorantes ou parfums "solides", le parfumeur Guillaume-Louis Lenthéric a l'idée en 1891 de créer pour ses clientes parisiennes un "bijou parfumant" au nom original, l'atyche. Le succès est immédiat grâce à la réputation de sa boutique "La Parfumerie des Orchidées" ouverte en 1885 au 245 rue Saint-Honoré, futur navire amiral de la "Société anonyme des parfums Lenthéric" créée en 1924.

Petit bijou en forme de boule ou de coeur, l'atyche est ouvert sur l'extérieur par un petit tube de verre très fin dans lequel l'essence reste piégée par capillarité. Porté près du corps, en bracelet, en collier ou en corsage, l'atyche diffuse le parfum qui s'évapore peu à peu grâce à la chaleur du corps. A une époque où les essences naturelles sont difficiles à "fixer" bien longtemps, les coquettes restent ainsi parfumées jusque tard dans la nuit...
Simple et ordinaire porte-bonheur à offrir pour la modique somme de 5 francs, l'atyche sera vendu plus tard avec le parfum Orkidée lancé en 1894. Il peut devenir un bijou de luxe, en or ou en argent, enrichi de perles, de diamants ou de pierres précieuses, serti dans un écrin précieux et vendu jusqu'à 700 francs, une petite fortune pour l'époque !

Entre les deux guerres mondiales, la société Lenthéric investira le marché américain et s'y développera de manière considérable, les produits phares de la maison étant rebaptisés de noms anglo-saxons pour l'occasion. Risque-Tout deviendra Tweed en 1933, Coeur de Paris deviendra Shanghai en 1934 par exemple.
La quantité prenant le pas sur la qualité, les années 40 voient l'apparition de produits Lenthéric tout public, conteneurs en matières plastiques ou atomiseurs jetables. Après de nombreux rachats, la marque existe toujours et fait aujourd'hui partie du groupe anglais Shaneel Enterprises Ltd.

Si quelques maisons proposent aujourd'hui des bijoux parfumés (Jean-Paul Gaultier ou Bulgari avec sa gamme "Le Gemme"), l'atyche, lui, a rapidement disparu des mémoires et des corsets, laissant derrière lui le sillage d'un parfum poudré évoquant le souvenir d'une autre époque...

(Sources : Internet + "Miniatures de parfum de collection" - Bernard Gangler - Ed. du Chêne)

Tonton Daniel

 

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #le parfum, #lexique

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