Articles avec #dechets et recyclage tag

Publié le 11 Septembre 2016

Bonjour à tous

Alors que la rivière Daldykan située au nord du cercle polaire russe vient une fois de plus d'être transformée en fleuve de sang par les rejets toxiques d'une usine du groupe Norilsk Nickel, France 3 et Thalassa diffusaient il y a quelques jours une enquête de Sophie Bontemps dénonçant les rejets de l'usine Altéo de Gardanne en mer Méditerranée.

Aujourd'hui propriété du groupe franco-américain HIG Capital, Alteo a successivement appartenu à Péchiney, Alcan et Rio Tinto. Inaugurée en 1894, l'usine produit 635.000 tonnes d'alumines par an à partir de minerai de bauxite transporté d'Afrique via le terminal minéralier de Fos. Grande consommatrice d'eau, la production d'alumine génère une quantité considérable de déchets appelés boues rouges, mélange d'eau, d'oxyde de fer, de métaux lourds, de soude et d'arsenic.

Depuis 1963 et malgré les avertissements du biologiste et lanceur d'alerte Alain Bombard dès 1964, l'usine de Gardanne rejette ses déchets en Méditerranée directement dans le Parc National des Calanques. Le transport s'effectue par un pipeline au débit de 270 m3/h, qui serpente à terre sur 47 km de domaine public avant de plonger au large de Cassis dans le canyon sous-marin de Cassidaigne à 320 mètres de profondeur et sept kilomètres des côtes.

Alors que tout rejet industriel est théoriquement interdit en Méditerranée, on estime que, depuis 50 ans, 30 millions de tonnes de sédiments toxiques ont ainsi été rejetés et répandus au gré des courants sur 230 km2 par l'usine de Gardanne. En plus des métaux lourds (aluminium, baryum, chrome, cuivre, mercure, molybdène, plomb, rubidium, titane, vanadium), 800 tonnes d'arsenic empoisonneraient l'écosystème d'une réserve pourtant classée Natura 2000. Bien que la toxicité des boues rouges soit connue depuis longtemps, l'agrément des rejets vient d'être renouvelé pour cinq ans par Manuel Valls contre l'avis de sa ministre de l'environnement Ségolène Royal.

Depuis janvier 2016, Alteo a néanmoins commencé à traiter ses boues en séparant solides et effluents liquides mais les problèmes persistent. 300.000 tonnes de bauxaline solide contenant des éléments radioactifs naturels mais concentrés (uranium 238 et thorium 232 radiotoxiques par ingestion et inhalation), sont désormais stockées à terre sans protection, les poussières aux effets neurotoxiques étant souvent emportées par les vents ou par le ruissellement des eaux de pluie. Quant aux effluents liquides de pH 11, ils sont toujours rejetés en Méditerranée par le pipeline de Cassidaigne dans un floculat dense et visqueux contenant des hydroxydes métalliques et une tonne d'arsenic par an...

Ouvriers sans protection, usine vieillissante, conduite rouillée, poissons englués, contrôles inexistants, chantage à l'emploi (quatre cents emplois directs et plus d’un millier en comptant la sous-traitance), témoignages de riverains malades et politiciens irresponsables, le constat est édifiant et les images sous-marines impressionnantes. On rappellera pour information ou pour mémoire que la mer Méditerranée est une mer presque fermée, un écosystème fragile et une zone de forte sismicité dont le renouvellement total de l'eau prend environ 90 ans... Comprenne qui voudra !

Tonton Daniel

boues rouges la mer empoisonnée

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #environnement, #télévision, #déchets et recyclage

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Publié le 9 Juillet 2016

Bonjour à tous

Pêcheurs et plongeurs sous-marins le savent bien : à de faibles profondeurs encore éclairées par les rayons du soleil, sur les fonds sablonneux impropres à l'installation du corail, les épaves de navires sont très rapidement colonisées par une multitude de coraux, d'anémones et de crustacés, devenant à terme de véritables récifs artificiels et des refuges pour invertébrés, poissons et tortues. Tous les supports immergés se couvrant rapidement d'espèces pionnières, algues, éponges ou micro-nutriments, les pêcheurs chinois utilisent depuis longtemps des flotteurs en bambou afin d'attirer les poissons imprudents et gourmands...

Depuis quelques années, de nombreux modèles de récifs artificiels ont donc été immergés dans toutes les mers du globe ainsi qu'en eau douce pour des études scientifiques, pour la protection des côtes ou de la biodiversité, comme lieux de pêche ou de plongée sous-marine : cordes, algues synthétiques, prototypes en béton recyclé, carcasses de navires, avions, véhicules terrestres, structures métalliques électrifiées... En 2006, après une longue préparation, le porte-avions USS Oriskany a ainsi été coulé au large de la Floride afin de créer un récif artificiel de grande dimension. Au Japon, on estime à environ 20 000 les sites artificiels destinés à repeupler les fonds marins. En revanche, la création aux Etats-Unis, en Australie ou en Malaisie dans les années 70 de récifs constitués de pneus usagés a été un véritable échec. Instables, soumis aux courants marins et aux tempêtes, constitués de matériaux toxiques et de métaux lourds comme le cadmium, les "récifs de pneus" n'ont jamais rempli leur mission.

Aujourd'hui, de nombreux scientifiques préconisent de laisser en mer les plateformes pétrolières en fin d'exploitation plutôt que de les démanteler et de les ramener à terre, opération coûteuse, dangereuse et pour l'instant obligatoire. Résistantes aux vagues, aux courants et aux tempêtes par définition, cinq cents plateformes ont déjà été converties en autant de récifs artificiels dans le golfe du Mexique. Une solution pragmatique pour beaucoup de scientifiques qui rappellent le dépeuplement des océans mais un habile et rentable camouflage de déchets toxiques et encombrants pour de nombreux écologistes également inquiets de l'éventualité d'une pollution indirecte aux hydrocarbures.

Tonton Daniel

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage

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Publié le 2 Juillet 2016

"A compter du 1er juillet 2016, les sacs plastiques ne seront plus vendus en caisse et d'autres restrictions sont prévues. Inscrite dans la loi sur la transition énergétique, l'interdiction des sacs plastique fins va entrer en vigueur en deux temps: le 1er juillet 2016 pour les sacs de caisse et le 1er janvier 2017 pour les sacs d'emballage des fruits et légumes.

- Pourquoi interdire les sacs plastique fins ?

Ces sacs sont à l'origine d'un énorme gaspillage : fragiles, ils sont souvent jetés sitôt rentrés chez soi et la marchandise déballée. Selon le gouvernement, il y a chaque année, 5 milliards de sacs fins en plastique distribués aux caisses et 12 milliards aux rayons fruits et légumes. Une partie se retrouve dans les océans, où ils sont une catastrophe pour une partie de la faune marine, qui les ingère. Ils viennent aussi alimenter les gigantesques "mers" de plastique formées par de grands courants marins.

- Quels sacs interdits le 1er juillet ?

Les sacs fins en plastique ne pourront plus être distribués à la caisse des grandes surfaces, des petits commerces (boulangeries, pharmacies, boucheries, etc.) et des marchés. Les sacs dont l'épaisseur est supérieure à 50 microns seront encore autorisés. Depuis une dizaine d'années, la grande distribution a commencé à faire payer les sacs de caisse, qu'ils soient fins ou solides, ce qui a fait passer le nombre de sacs qu'elle distribuait à ce niveau de 12 milliards à 700 millions. Certaines enseignes proposent aussi des sacs en papier payants.

- Et les sacs pour les fruits et légumes ?

Les sacs ultrafins utilisés pour les fruits et légumes seront interdits au 1er janvier 2017. Après cette date, il faudra les remplacer par des sacs en papier ou des sacs qui sont à la fois "biosourcés" et "compostables de manière domestique", selon le décret paru en mars 2016. Un sac biosourcé est composé en partie de matière organique (amidon de maïs ou de pomme de terre) et contient encore du plastique, mais qui pourra se dégrader totalement. La loi prévoit des sacs biosourcés à 30% en 2017, 40% en 2018, 50% en 2019 et 60% en 2025. Un matériau compostable a la faculté - dans certaines conditions et même s'il contient du plastique - de se dégrader tout seul et de se transformer en eau et en CO2. Le compostage nécessitant un certain taux d'humidité, de chaleur, d'aération, la norme "compostage domestique" correspond à ce qui peut se faire à la maison, en quelques semaines, et pas dans des conditions industrielles optimales.

- Est-ce plus cher ?

A priori, oui. Le coût d'un sac fin en plastique, en général produit en Asie, est d'environ 0,5 centime. Ceux biosourcés, qui pourraient être fabriqués en France et en Europe, coutent une poignée de centimes.

- Que deviendront les sacs biosourcés jetés dans un poubelle ?

Si une ville a une collecte séparée des biodéchets (matière organique), ces sacs pourront être mis dans le bac ou le sceau dédié. Si un particulier fait du compostage individuel, il pourra le mettre dans son compost. En revanche, en l'absence de collecte séparée, le sac se retrouvera dans la poubelle d'ordures ménagères classique et finira soit enfoui, soit incinéré.

- Y a-t-il de faux sacs biodégradables ?

Les sacs oxo-dégradables, que certains disaient biodégradables, ne le sont pas et ne sont pas autorisés. Ce sont des sacs en plastique qui sous l'action de la chaleur et de la lumière se décompose en minuscules granules de plastique. La pollution est moins visible mais néanmoins réelle, surtout pour la faune marine.

- Comment font nos voisins ?

Il existe une grande disparité entre les Européens. Les Danois ou les Finlandais consomment quatre sacs par habitant et par an, les Français 80, les Portugais et les Polonais plus de 400. Mais l'Union européenne a imposé aux Etats de rendre payants les sacs fins non biodégradables au plus tard au 31 décembre 2018 ou de prendre des mesures pour réduire leur consommation annuelle à 90 sacs par habitant et par an fin 2019."

(Source : http://www.sciencesetavenir.fr)

la fin des sacs en plastique à usage unique

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage, #environnement, #actualité

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Publié le 23 Janvier 2016

Bonjour à tous

En 1982, faute de lui offrir des perles de culture, le cynique Pierre Mortez offrait à Josette, la célèbre "Zézette épouse X" du "Père Noël est une ordure" de Jean-Marie Poiré, des coquilles d'huitres vides pour en faire des cendriers... Aujourd'hui, hors des écrans de cinéma, rien ne se perd et tout se recycle ! Y compris les coquilles d'huitres vides !

Comme chaque année après la période des fêtes de Noël, la société Ovive, une des rares entreprises françaises consacrée au retraitement des déchets ostréicoles, ne manque ni de travail ni de matière première. Située à Périgny près de La Rochelle, cette société, spécialisée depuis 15 ans dans la transformation des coquillages et des minéraux, récupère auprès d'ostréiculteurs, de restaurateurs et de particuliers des tonnes de coquilles vides d'huitres, de moules, de coques et de Saint-Jacques afin d'en récupérer le calcaire et le calcium vendus ensuite comme compléments minéraux pour poules pondeuses. Après tri, séchage, broyage et tamisage, ce carbonate de calcium enrichi naturellement en sels minéraux et en oligo-éléments marins sert également pour l'amendement calcique des terres agricoles et la lutte contre l'acidification des sols.

Face à son succès et occupant désormais 25 salariés, Ovive s'est rapidement diversifiée en proposant un mélange de coquilles et de sable destiné à la litière de fond de cage pour oiseaux, puis des cailloux pour fonds d'aquarium et des minéraux décoratifs pour parcs et jardins. En cohérence avec son métier de réduction des déchets industriels, Ovive a mis en oeuvre des pratiques industrielles respectueuses de l'environnement sans utilisation de produits chimiques et choisi une production d'énergie par panneaux solaires.

Basée à Cléguer dans le Morbihan depuis 18 ans, une autre entreprise favorable à l'économie circulaire utilise de la poudre de coquilles d'huitres pour la fabrication de produits éco-conçus, fertilisants naturels, peinture pour les routes ou matériaux de type plastique comme des fils d'imprimantes 3D.

Avec cette idée simple, utile et génératrice d'emplois, voici deux beaux exemples de recyclage industriel capables de faire oublier l'humour noir de Pierre Mortez : "Quand on peut faire plaisir et que ça débarrasse..."

Tonton Daniel

http://ovive-sa.com/

http://tontondaniel.over-blog.com/article-32168881.html

http://tontondaniel.over-blog.com/article-3575113.html

recyclage de coquilles d'huitres

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage

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Publié le 17 Septembre 2015

Bonjour à tous

Finis les dépôts sauvages de pneus usagés défigurant les paysages et offrant aux moustiques des lieux de développement favorables ! Grâce aux directives européennes de 2002 et au Code de l'Environnement, producteurs (fabricants et importateurs), distributeurs (garagistes, centres auto, concessionnaires automobiles), détenteurs (entreprises de transport, collectivités locales) et collecteurs (entreprises de ramassage et de tri) ont été obligés de financer par éco-contribution la collecte des pneus usagés dont la totalité est aujourd'hui valorisée ou recyclée. Et les chiffres sont astronomiques ! Principalement destinés au transport routier (deux-roues, voitures, camions, engins de génie civil) et composés essentiellement de gomme de caoutchouc, d'acier et de textiles, 300 milliards de pneumatiques sont produits annuellement dans le monde, générant 17 millions de tonnes de pneus usagés chaque année !

Grâce à une double volonté politique et industrielle, le réseau de valorisation des pneumatiques usagés est aujourd'hui efficace à 100% et est devenu un modèle à suivre pour toutes les filières de recyclage en France et pour l'économie circulaire en général. Créée conjointement par les principaux fabricants de pneus de l'Hexagone dès 2003, l'éco-organisme Aliapur gère 80 % des pneus usagés français. L'entreprise a collecté 100 000 tonnes de pneus usagés en 2014, soit 40 millions de pneus de voitures. 15% environ de ces pneus sont réutilisés après rechapage, 30% sont revalorisés après broyage (granulats servant à fabriquer poubelles, objets moulés et mobilier urbain, revêtements et remblais routiers, supports de voies ferrées, sols amortissants pour aires de jeux et terrains sportifs), 55% sont brûlés dans des cimenteries, aciéries, fonderies ou centrales thermiques agréées. A noter que les pneus usagés de grande taille peuvent servir à la réhabilitation de carrières et qu'une faible quantité est réutilisée par la filière agricole pour le soutien de bâches d’ensilage. Quant à la quantité de pneus brûlés lors de manifestations aussi spectaculaires que médiatiques et polluantes, elle reste infinitésimale !

Soucieux d'une valorisation toujours plus efficace et afin de diminuer la combustion énergétique, des chercheurs français et allemands ont imaginé le moyen de transformer des pneus usagés en pétrole brut, raffiné ensuite de manière classique pour obtenir diesel, essences et solvants ! Présenté au dernier concours Lépine à la foire de Paris en mai 2015, le procédé par pyrolise est ainsi utilisé par la jeune entreprise Pyrum Innovations et devrait être commercialisé dans les prochains mois après d'inévitables tests de performance. Les fabricants "historiques" ne sont pas en reste. Le français Michelin a ouvert l'an dernier une nouvelle voie prometteuse, "traiter des particules de pneus avec des micro-organismes qui devront dévulcaniser le caoutchouc en éliminant le soufre".

Tonton Daniel

http://tontondaniel.over-blog.com/article-21769074.html

recyclage des pneus

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #déchets et recyclage

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