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Publié le 19 Septembre 2017

 

Bonjour à tous

Prolégomènes : nom masculin. S'emploie toujours au pluriel.

Étymologie : du grec ancien prolegein ("dire avant", "déclarer d'avance").

Définition : longue introduction placée en tête d'un ouvrage, contenant les notions préliminaires nécessaires à sa compréhension. Par extension : ensemble de notions préliminaires nécessaires à l'étude d'une science, d'une question particulière.

Synonymes (ou par analogie) : introduction, préface, avant-propos, exorde, avertissement, frontispice, prologue, préambule, explication préliminaire, entrée en matière...

Titres :
- "Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science" - Emmanuel Kant - 1783
- "Prolégomènes à la Divine Comédie" - Franz Liszt - 1840
- "Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non" - André Breton - 1946
- "Histoire du mensonge, Prolégomènes" - Jacques Derrida - 2012

Citations :

- "De grâce, Monsieur Grégoire... dit Julien qui s'impatientait de ces prolégomènes." (Champfleury - Les Bourgeois de Molinchart - 1855)

- "Il racheta la lenteur de ses prolégomènes par la rapidité, la netteté, le saisissant relief avec lequel il retraça les événements de la nuit." (Gaston Leroux - Le Parfum de la dame en noir - 1908)

- "Il serait injuste d’exiger du savant la conscience toujours immédiate du but de son travail, et il y aurait mauvais goût à vouloir qu’il en parlât expressément à tout propos ; ce serait l’obliger à mettre en tête de tous ses ouvrages des prolégomènes identiques." (Ernest Renan - L’Avenir de la science - 1848)

- "Heureux si cette explication intérieure et continue que nous avons cherché à démêler en lui peut servir de prolégomène en quelque sorte à ses prolégomènes !" (Sainte-Beuve - Portraits contemporains - 1834)

- "Il y a même une patinoire… où des groupes de petites filles en tenue ad hoc s’initient aux prolégomènes roboratifs des doubles lutz." (Bernard Chambaz - La descente du Tibre - 2014)

- "Encore moins les jeunes des quartiers dont la capuche rabattue sur la tête, la démarche nonchalante paraissaient les signes assurés de leur sournoiserie et de leur paresse, les prolégomènes sûrs d'un mauvais coup." (Annie Ernaux - Les Années - 2008)

- "Ces mélanges insolubles développaient une vapeur fuligineuse au travers de laquelle des influences philosophiques et littéraires se bousculaient, sans avoir pu s'ordonner, dans le cerveau de l'auteur, au moment où il écrivait les prolégomènes de cette oeuvre qui ne devait pas comprendre moins de sept volumes." (Joris-Karl Huysmans - A rebours - 1884)

Tonton Daniel

 

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Publié dans #lexique

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Publié le 21 Avril 2017


Bonjour à tous

Le saviez-vous ? L'expression "être en odeur de sainteté" qui signifie "être bien vu par une personne ou une collectivité" aurait une origine bien réelle. Face à des constatations évidemment très subjectives, les interprétations diffèrent, que l'on soit mystique, scientifique... ou écrivain !

Le parfum a toujours été associé à Dieu et au Paradis dans la tradition chrétienne. Le mot "Christ" ne signifie-t-il pas "oint" en grec ancien ? Les textes sacrés évoquent l'encens dont les volutes s'élèvent vers les cieux comme une prière, les offrandes de parfums des Rois Mages, les senteurs de rose, de lys ou de violette associés à la Vierge Marie. Ils décrivent également les parfums suaves et fleuris dégagés par les cadavres ou les reliques de quelques saints, parfois très longtemps après leur mort, phénomène auquel est associé l’incorruptibilité du corps. Fragrances de rose, de lis, de violette ou de jasmin, les exemples les plus connus sont ceux de Sainte Thérèse d’Avila et de Padre Pio qui exhalait de son vivant, dit-on, des senteurs paradisiaques. Les autorités religieuses expliquent cette "odeur de sainteté" par une "osmogénèse miraculeuse" et qualifient les saints concernés et les icones les représentant de "myroblites" ("d’où jaillit la myrrhe").

Face à ces "miracles", la science et la médecine moderne expliquent clairement ce phénomène odorant a priori bien réel chez certains individus par un changement de composition du sang, lui-même occasionné par un mode de vie ascétique. Le jeûne (religieux ou non, végétarien ou non) ralentit en effet la production de corps cétoniques et d'acétone par le foie, modifie le métabolisme, perturbe le fonctionnement des globules rouges sanguins et, finalement, réduit l'oxydation générale de l'organisme. Le cas de Thérèse d’Avila relèverait essentiellement de sa maladie, l'acétonémie diabétique. Dans certains cas, l'embaumement à base d'encens, d’aromates ou d’onguents, le bois, les fleurs ou les résines déposés près du cadavre, expliqueraient encore plus simplement le dégagement d'odeurs des reliques.

Il faut enfin être romancier et s'appeler Patrick Süskind pour créer le personnage de Jean-Baptiste Grenouille, parfumeur et meurtrier, imaginer que le plus angélique et le plus divin des parfums puisse faire naitre "une palpitation d'allégresse, une virginale et délicate lueur de bonheur", faire naitre l'amour "jusqu'à la folie, jusqu'au sacrifice de soi", maitriser "le coeur des hommes", les "inonder de beauté comme d'un feu radieux" et les faire "frémir de ravissement, pleurer de volupté et tomber à genoux comme à l'odeur de l'encens froid de Dieu" !

Tonton Daniel

"La consommation de pets-de-nonne ne garantit pas une mort en odeur de sainteté" (Patrick Heuschen)

 

en odeur de sainteté

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Publié dans #lexique, #le parfum, #religion, #médecine

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Publié le 27 Février 2017


Bonjour à tous

Bézoard ? Vous avez dit bézoard ? Longtemps présentée dans les cabinets de curiosités des naturalistes comme un secret des alchimistes ou comme un puissant antidote à tous les poisons, cette "pierre de fiel" ou "perle d'estomac" n'a pourtant rien de magique ! Le bézoard, dont le nom vient du persan "padzahr" ("qui préserve du poison"), est une concrétion naturelle se formant le plus souvent dans l'estomac de certains mammifères herbivores, chèvres, yacks, antilopes, vigognes ou lamas.

Mentionnés dès le XVe siècle, les bézoards étaient relativement rares et coûteux car rapportés par bateau des Indes ou des Amériques. Souvent montés en bijoux, ils furent également l'objet de nombreuses contrefaçons. Bien que le médecin Ambroise Paré ait pourtant prouvé dès le XVIe siècle l'absurdité de telles croyances, certaines pièces issues de collections célèbres présentent des traces de râpage consécutives à leurs prétendues propriétés médicinales. Parmi les utilisateurs célèbres de poudre de bézoard, on peut nommer l'empereur Rodolphe de Habsbourg ou le Cardinal de Richelieu.

Aujourd'hui, médecine et chirurgie modernes permettent de connaitre l'origine de la formation des bézoards. Il s'agit principalement de boules de poils ou de fibres recouvertes peu à peu de phosphate de calcium dans l'estomac d'animaux habitués pour leur hygiène à lécher leurs partenaires ou leur progéniture. Chez l'homme, la formation de bézoard est la conséquence d'une trichophagie (absorption maladive de cheveux) ou le résultat d'une mauvaise assimilation de certains médicaments consécutive à un mauvais fonctionnement de l'estomac.

Si l'on trouve des bézoards chez des auteurs classiques comme Molière (Le Malade Imaginaire) ou Oscar Wilde (Le Portrait de Dorian Gray), les exemples modernes ne manquent pas dans les séries télévisées, de "Buffy contre les vampires" à "Dr House" en passant par "Grey's Anatomy", sans oublier la saga Harry Potter dans laquelle le héros sauve la vie de son meilleur ami victime d'empoisonnement grâce à des "perles d'estomac".

Les traditions magiques n'ont pas totalement disparu de nos jours car on trouve toujours en Chine aujourd'hui des comprimés de bézoards de boeuf faisant partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise. Bézoard ? Vous avez dit bézoard ? Comme c'est bézoard !

Sources : internet.

Tonton Daniel

 

bézoard

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Publié le 24 Février 2017


Bonjour à tous

S'inspirant peut-être des pomanders du moyen-âge, ces "boules de senteur" en métal précieux contenant matières odorantes ou parfums "solides", le parfumeur Guillaume-Louis Lenthéric a l'idée en 1891 de créer pour ses clientes parisiennes un "bijou parfumant" au nom original, l'atyche. Le succès est immédiat grâce à la réputation de sa boutique "La Parfumerie des Orchidées" ouverte en 1885 au 245 rue Saint-Honoré, futur navire amiral de la "Société anonyme des parfums Lenthéric" créée en 1924.

Petit bijou en forme de boule ou de coeur, l'atyche est ouvert sur l'extérieur par un petit tube de verre très fin dans lequel l'essence reste piégée par capillarité. Porté près du corps, en bracelet, en collier ou en corsage, l'atyche diffuse le parfum qui s'évapore peu à peu grâce à la chaleur du corps. A une époque où les essences naturelles sont difficiles à "fixer" bien longtemps, les coquettes restent ainsi parfumées jusque tard dans la nuit...
Simple et ordinaire porte-bonheur à offrir pour la modique somme de 5 francs, l'atyche sera vendu plus tard avec le parfum Orkidée lancé en 1894. Il peut devenir un bijou de luxe, en or ou en argent, enrichi de perles, de diamants ou de pierres précieuses, serti dans un écrin précieux et vendu jusqu'à 700 francs, une petite fortune pour l'époque !

Entre les deux guerres mondiales, la société Lenthéric investira le marché américain et s'y développera de manière considérable, les produits phares de la maison étant rebaptisés de noms anglo-saxons pour l'occasion. Risque-Tout deviendra Tweed en 1933, Coeur de Paris deviendra Shanghai en 1934 par exemple.
La quantité prenant le pas sur la qualité, les années 40 voient l'apparition de produits Lenthéric tout public, conteneurs en matières plastiques ou atomiseurs jetables. Après de nombreux rachats, la marque existe toujours et fait aujourd'hui partie du groupe anglais Shaneel Enterprises Ltd.

Si quelques maisons proposent aujourd'hui des bijoux parfumés (Jean-Paul Gaultier ou Bulgari avec sa gamme "Le Gemme"), l'atyche, lui, a rapidement disparu des mémoires et des corsets, laissant derrière lui le sillage d'un parfum poudré évoquant le souvenir d'une autre époque...

(Sources : Internet + "Miniatures de parfum de collection" - Bernard Gangler - Ed. du Chêne)

Tonton Daniel

 

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Publié le 21 Février 2017


Bonjour à tous

Fin mai 1974, quelques jours après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française, le Canard Enchainé fait glousser la France entière en rédigeant la nécrologie du cardinal Jean Daniélou.

Créé cardinal par le pape Paul VI en 1969 puis élu à l'Académie française en 1972, Jean Daniélou est retrouvé mort chez une prostituée parisienne le 20 mai 1974 et déclaré victime d'un infarctus. La version officielle explique "qu'il était venu apporter de l’argent à cette femme pour lui permettre de payer un avocat capable de faire sortir son mari de prison".

Les autorités religieuses quant à elles font paraitre un éloge funèbre indiquant "que c'est dans l'épectase de l'Apôtre qu'il est allé à la rencontre du Dieu Vivant", employant ainsi un terme théologique qui désigne l'effort de l'âme vers la sainteté, un progrès de l’homme vers Dieu que le défunt a lui-même abondamment employé et commenté dans "Platonisme et théologie mystique" en 1944.

Quant au Canard Enchainé, il souligne l'étymologie troublante du mot épectase (du grec "epéktasis", extension...), le traduit aussitôt par "décès pendant l'orgasme" et rappelle pour l'occasion la mort en 1899 au palais de l'Élysée du président Félix Faure dans les bras de sa maitresse Marguerite Steinheil surnommée malicieusement "la pompe funèbre" par ses contemporains...

Ironie de l'histoire ou de la géographie parisienne, le cardinal est inhumé dans le cimetière de Vaugirard jouxtant l'avenue Félix Faure ! Unis jusque dans la mort !

"Nous retrouvons ici ce qui est la loi même de la vie spirituelle, l’épectase paulinienne, qui s’appuie sur ce qui est en arrière pour se tendre vers ce qui est en avant". (Jean Daniélou - Histoire du salut et formation liturgique - 1964)

Sources : internet et Dictionnaire des termes rares et littéraires - Jean-Christophe Tomasi - Ed. Chiflet

Tonton Daniel

 

épectase
épectase

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Rédigé par tonton daniel

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