Articles avec #chine tag

Publié le 14 Juin 2017


Bonjour à tous

Bien avant la construction et la mise en service par la Russie d'une centrale nucléaire flottante, de nombreux pays comme la France, l'Allemagne ou le Japon ont installé sur leurs plans d'eau des centrales solaires flottantes de capacités variées. Aujourd'hui, la Chine met en fonctionnement la plus grande centrale solaire flottante du monde :

"Oeuvre de la société chinoise Sungrow, une nouvelle ferme solaire vient d'être mise en activité à proximité de la ville de Huainan à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Shanghai. En plein cœur de la province d'Anhui, une zone agricole assez pauvre autrefois, mais qui à partir des années 1950 a commencé à prospérer en partie grâce à l'exploitation de ses gisements miniers ainsi que de son... charbon. Or, c'est justement dans une mine de charbon à ciel ouvert, désaffectée puis inondée que cette centrale a été rapidement mise en place en 2016. Les milliers de panneaux solaires cumulent une puissance de 40 mégawatts. De quoi alimenter en électricité environ 15.000 foyers, chiffrent les médias chinois. Elle aurait été connectée au réseau du pays en mai 2017, et, de part sa capacité, serait désormais la plus puissante centrale solaire flottante du monde. Le précédent record était détenu par une autre installation très similaire, également située à Huainan et installée dans une mine de charbon désaffectée. Mise en place par le fabricant chinois Xinyi Solar, la capacité de cette centrale atteint les 20 MégaWatts. Un record qui risque d'être de courte durée puisque l'entreprise Sungrow a annoncé début juin que des travaux étaient en cours (dans la même région) pour la construction d'une nouvelle centrale flottante d'une capacité de... 150 Mégawatts. Un projet qui devrait s'achever "à la fin de l'année", selon nos confères du site pv-Tech.org.

L'intérêt d'installer ainsi des panneaux solaires sur l'eau plutôt que sur la terre ferme présente plusieurs avantages. Tout d'abord, ces imposantes installations (800.000 mètres carrés pour la plus récente) n'empiètent pas sur des terres qui pourraient être consacrées à d'autres usages (bâtiments, exploitations agricoles...). La réverbération de la lumière sur l'eau accroît l'efficacité des panneaux, tandis que la proximité immédiate de l'eau offre une solution optimale pour refroidir l'installation. Ultime avantage : la surface de l'eau étant plate, aucun relief du terrain ne risque de venir faire de l'ombre sur les panneaux solaires. Depuis 2015, la Chine est devenue, en passant devant l'Allemagne, le plus grand producteur d'énergie solaire du monde. Et depuis, l'écart se creuse. La Chine a atteint ainsi une capacité de plus de 77 Gigawatts en énergie solaire installée fin 2016 chiffre l'administration nationale de l'énergie dans le pays. Et bien que le charbon constitue encore la principale source énergétique du pays (60%), les énergies renouvelables progressent. Elles représentent à ce jour 11% du mix énergétique chinois et pourraient doubler d'ici 2030."

(Source : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/developpement-durable )

Les industriels ajoutent d'autres avantages liés à l'installation de centrales solaires flottantes sur des lacs de carrières ou sur des retenues de barrages hydro-électriques : réduction de l’évaporation et conservation de l’eau pour l'irrigation, réduction de la prolifération des algues grâce à la couverture de l’eau par les panneaux, réduction des vagues et de l’érosion des berges, amélioration du rendement grâce au refroidissement par l'eau froide, meilleure résistance aux mouvements sismiques, manque de place dans certains pays comme le Japon... En revanche, les centrales solaires flottantes ne sont pour l'instant pas adaptées à la pleine mer en raison de la salinité, des courants et des vagues pouvant entrainer corrosion et détérioration des installations. Une relative bonne nouvelle quand on connait la prolifération des déchets flottants à la surface de nos océans !

Tonton Daniel

 

une centrale solaire flottante
une centrale solaire flottante

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #énergie & matières premières, #environnement, #chine, #actualité

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Publié le 11 Juin 2016

Bonjour à tous

Tout les oppose ! Le révolutionnaire Gao Xiaoting prétend qu'on ne vit pas pour manger, le gastronome Zhu Ziye, lui, se régale de rouleaux de poisson aux oeufs de crevettes, de boulettes de poulet sur flocons de neige et de petites brioches de jade ! Gao et Zhu sont les deux personnages principaux du roman "Vie et passion d'un gastronome chinois" écrit en 1982 par Lu Wenfu. Dans le décor de Suzhou, métropole proche de Shanghai, chacun d'eux devra affronter les péripéties de l'Histoire contemporaine et répondre à cette simple question : la gastronomie, art éphémère et raffiné réservé a priori à quelques-uns, est-elle compatible avec la propagande communiste soucieuse de notions basiques comme la nourriture et l'alimentation ? Doit-on opposer plats individuels et "marmite commune" au nom de l'Histoire ?

Entre maisons de thé et fumeries d'opium, Lu Wenfu nous entraine dans des cours intérieures, invisibles au regard du passant, dans une Chine repliée traditionnellement sur elle-même. Il évoque le cérémonial bourgeois d'un menu de banquet ou l'école de cuisine clandestine dite "de maison de passe", nous fait saliver devant des coeurs de légumes aux miettes de crabe et un émincé de poulet en hibiscus, avant de nous rappeler que la table du repas est un lieu social par excellence où tout instrument aiguisé doit être proscrit au profit de baguettes inoffensives. En magnifiant la nature première, brute et crue des aliments de base, la cuisine chinoise, ou plutôt les cuisines chinoises et régionales, se révèle être un art véritable, sophistiqué, codifié, synonyme de civilisation et mettant tous les sens en éveil.

Aujourd'hui, tout comme les pieds bandés et la politique de l'enfant unique, "Campagne des Cent Fleurs", "grand bond en avant", "Révolution culturelle" et "Quatre vieilleries" font partie du passé, le pragmatisme économique ayant pris le pas sur l'idéalisme révolutionnaire. Désormais, malgré l'explosion démographique, la Chine est soucieuse de diététique et de nutrition, de bonne santé et de longévité, mais garde ses traditions et continue de proposer perche mandarine en écureuil, boeuf aux cinq parfums, graines de lotus en gelée, sans oublier le canard "trois en un", entouré d'oeufs de caille et fourré d'un poulet lui-même fourré d'un pigeon...

Bon appétit !

Tonton Daniel

vie et passion d'un gastronome chinois

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #littérature, #chine, #alimentation

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Publié le 2 Novembre 2015

Bonjour à tous

Instaurée il y a 35 ans par Pékin afin d'éviter tout à la fois une hausse trop rapide de la population chinoise, une catastrophe alimentaire et un ralentissement de la croissance économique, la politique de l’enfant unique est aujourd'hui officiellement abandonnée par le 18ème congrès national du Parti Communiste chinois dans le cadre de l'adoption du 13e plan quinquennal. Si les minorités ethniques du pays ainsi que les familles de paysans dont le premier-né était une fille n'étaient pas soumises à la politique de limitation des naissances, le reste de la population a longtemps été sévèrement contrôlée, voire parfois soumise à avortements forcés, stérilisations contraintes et infanticides. (cf. article de février 2010 - lien ci-dessous)

Ayant évité la naissance de 400 millions de bébés durant cette période, ce système a désormais atteint ses limites. Après trois décennies de planification familiale, le bilan est sans appel : déséquilibre démographique, crise des célibataires masculins, trafic d'épouses, vieillissement de la population, baisse du nombre des actifs, choc annoncé sur le financement des retraites... Afin de remédier au déséquilibre hommes-femmes, un économiste de Zhejiang aurait d'ailleurs proposé récemment un "partage d'épouse" pour les hommes les plus pauvres !

Avec une économie au ralenti, une croissance en berne et la menace démographique du voisin indien, la population est donc désormais autorisée et incitée à avoir un deuxième enfant afin de rajeunir et de fournir davantage de main-d'oeuvre sur le marché du travail de la deuxième économie mondiale. Malheureusement, coût de la vie, frais de scolarité, urbanisation ou travail des femmes, rien n'incite les chinois dont le niveau de vie a beaucoup progressé depuis les années 70 à se reproduire ! Si on a pu dans le passé les stériliser de force, il sera difficile de les contraindre à copuler !

De plus, cette politique de rajeunissement à long terme ne suffira pas selon certains économistes sans le sacrifice d'un peu de croissance, ce que l'Etat n'acceptera pas forcément. D'autres problèmes aussi concrets mais plus urgents restent sans solution : le nombre de couples ayant perdu leur enfant unique et plus en âge d'en avoir un nouveau serait de 10 millions, mettant en difficulté ces futures personnes âgées et isolées. De même, il y aurait dans l’Empire du Milieu 11 millions de deuxièmes enfants non déclarés et sans existence légale dont personne ne sait quoi faire... Les démographes et les écologistes pointent enfin du doigt une catastrophe environnementale inévitable dans un pays qui serait le plus peuplé du monde en 2020 avec 1,4 milliard d'habitants selon ces nouvelles perspectives.

A court terme, les seules à se frotter les mains dans une société très pragmatique sont les entreprises de puériculture et d'alimentation infantile comme Danone ou Nestlé. Les deux leaders du lait infantile en Chine ont vu leurs actions flamber en bourse après l'annonce de ce nouveau boom démographique potentiel ! Contrairement aux nations, matérialisme et cynisme n'ont ni frontières ni limites !

Tonton Daniel

http://tontondaniel.over-blog.com/article-natalite-et-annee-du-tigre-46169765.html

http://tontondaniel.over-blog.com/article-demographie-chinoise-44148990.html

démographie chinoise 2

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #chine, #démographie, #économie

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Publié le 1 Juin 2014

Bonjour à tous

A priori, qu'ont en commun les Pussy riot, Fantômas, les catcheurs mexicains, Spiderman, les forces spéciales en intervention et les baigneuses chinoises à la plage ? Réponse : une cagoule pour tous les premiers, un facekini pour les dernières !

Apparus sur les plages chinoises de Qingdao dans la province du Shandong il y a quelques années, les premiers facekinis sont en réalité appelés "Lian jini" ("bikini pour le visage") ou "nílóng miànzhào" ("masque de nylon") et sont devenus des accessoires indispensables à la nouvelle classe moyenne chinoise depuis environ deux ans. Faites maison ou vendues dans les boutiques de bord de plage dans un large choix de couleurs, de coupes et de modèles, ces cagoules de protection contre les rayons solaires couvrent le cou et ne laissent apparaitre que les yeux et la bouche.

A l'origine de cette cagoule pour bains de mer, aucune pudeur, pas de recherche d'anonymat, pas d'interdit religieux ni de prévention sanitaire contre les mélanomes ou le cancer de la peau, uniquement la tradition pour les femmes d’Extrême Orient et d'Asie du Sud-Est d'avoir la peau du visage et des mains très blanche afin de se démarquer des travailleurs agricoles à la peau cuivrée. Un critère de beauté qui rappelle l'habitude des femmes occidentales de protéger leur teint de porcelaine sous leurs ombrelles au XIXe siècle et la preuve visible, aujourd'hui comme hier, de l'appartenance à un certain niveau social. Pour l'anecdote, rappelons qu'en Amérique latine, et encore de nos jours, certaines femmes d'origine espagnole ne se rasent pas le duvet du visage ou les poils des bras et des jambes afin de se démarquer des indiennes à la pilosité inexistante ! Sur les plages chinoises, le phénomène s'étend aux enfants, aux hommes et à tous ceux qui n'ont pas peur de ressembler à de grands brûlés ! Cette obsession de la blancheur s'étend parfois au corps entier avec le port de véritables combinaisons de baignades alors que la plupart des chinois ne savent pas nager !

Devant tant d'orgueil et face à ce symbole moderne de la distinction des classes, la momie de Mao doit se retourner dans son mausolée !

Tonton Daniel

facekini
facekini

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #chine

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Publié le 21 Mai 2014

Bonjour à tous

Sentant sur lui s'accumuler le poids des ans, un vieil homme nommé Zhigen décide un beau matin de retourner depuis Pékin dans son village natal du Guangxi au sud de la Chine afin de tenir la promesse faite à sa défunte épouse : libérer avant sa mort l'oiseau qui lui tient compagnie depuis 18 ans. Ce projet en apparence harmonieux comme un idéogramme chinois va s'avérer compromis quand, par un concours de circonstances, son fils et sa belle-fille lui confient la garde de sa petite-fille Renxing. Tout les oppose a priori. Pèlerinage pour l'un, voyage initiatique pour l'autre, le parcours va s'avérer plein de surprises pour tous les deux...

Le scénario tout simple du dernier film de Philippe Muyl, "Le promeneur d'oiseau" ("Ye Ying"), permet d'imager la confrontation de deux individus et le conflit entre deux générations, mais aussi de manière plus générale à illustrer le choc de deux cultures, le contraste entre rapidité et lenteur, entre le Pékin moderne des buildings, des cadres affairés et des technologies électroniques et la Chine traditionnelle des guérisseurs, des rizières en terrasses, des forêts de bambous et des pétards destinés à chasser les mauvais esprits. Lien entre l'enfant et son aïeul, entre la mégapole et la Nature, le symbole de l'oiseau n'a pas été choisi par hasard dans cette coproduction franco-chinoise. Beaucoup d'oiseaux, coq, canard, pie, martin-pêcheur, paon et bien d'autres, sont porteurs de symboles très forts en Chine. Certains servent d'animaux de compagnie comme les chiens et les chats en occident, d'autres sont dressés à dire la bonne aventure en tirant au hasard des billets avec leur bec ("Han-p'ai"), des pigeons d'ornement rivalisent dans de véritables compétitions, d'autres pigeons portent des sifflets de bambou sur le dos et deviennent "musiciens" en plein vol grâce au souffle du vent, d'autres oiseaux encore sont vénérés comme de véritables divinités telle la grue représentant sagesse, élévation et longévité.

Gâtée et capricieuse, insupportable et mal élevée, insouciante et frivole comme un jeune oisillon, la petite Renxing est le résultat de la politique de l'enfant unique en Chine. Prisonnière d'une cage moderne, solitaire comme son grand-père, elle fera tout son possible pour ennuyer le vieux monsieur. Mais contre toute attente, Zhigen, pour qui "être riche est un résultat et pas un objectif", se montrera d'une patience et d'une sagesse exemplaires. Entre eux deux, le huàméi, petit oiseau chanteur aux "sourcils peints", sera le spectateur de toutes leurs tribulations et l'acteur principal de cette parabole moderne.

Dès le début, on devine évidemment le dénouement final. Grâce à son grand-père et à l'oiseau, grâce à de nouvelles rencontres, grâce à un moustique, un caillou, un buffle, un feu de bois, une nuit à la belle étoile, un courant d'eau vive et un arbre millénaire, la fillette apprendra l'hospitalité, le bon sens, l'entraide, la patience, la politesse et la Vie en général, sortant symboliquement de son nid comme l'oiseau de sa prison d'osier et enseignant à son tour le chant à un nouvel oiseau pour prendre le relais traditionnel. Malgré ce scénario cousu de fil blanc, l'émotion est au rendez-vous, cette fable moderne est un vrai moment de charme et de bonheur. Le film est à voir évidemment en version originale afin de profiter de la fraicheur et de la spontanéité de la jeune actrice. Les comédiens Li Baotian (Zhigen) et Yang Xin Yi (Renxing) sont parfaits, la musique est magnifique, les décors et les images sont sublimes. Alors, loin de toute considération politique, ne boudons pas notre plaisir et suivons ce promeneur d'oiseaux dans son voyage vers la paix de l'esprit.

Tonton Daniel

le promeneur d'oiseau

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Rédigé par tonton daniel

Publié dans #cinéma, #chine

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