africa united

Publié le 13 Novembre 2010


Bonjour à tous

 

Oubliez tous vos préjugés sur l'Afrique ! Le vieux Continent Noir, objet de fantasmes et de convoitises, théâtre de coups d'état et de conflits ethniques, victime du sida et de famines, est aussi le creuset de toute une jeunesse souriante et le lieu de tous les espoirs. C'est le message de la réalisatrice Debs Gardner-Paterson dans son film "Africa united" qui sortira sur les écrans français en janvier 2011.

 

"Parmi les nombreux films grand public de ces dernières années qui se passent en Afrique, on distingue un fil rouge : Blood Diamond, Le Dernier Roi d’Ecosse, Shooting Dogs ou The Constant Gardener, tous ont reçu un bon accueil du public et de la critique, et tous avaient pour héros des Blancs s’impliquant héroïquement sur ce continent dangereux et sauvage. Cette harmonieuse série pourrait avoir trouvé son point de rupture. Africa United, surnommé par ses créateurs le “projet de la bleusaille”, a été interprété par de jeunes adolescents âgés de 11 à 15 ans qui n’avaient jamais joué la comédie auparavant, écrit par un scénariste dont c’était le premier scénario et réalisé par une réalisatrice qui tournait ainsi son premier long-métrage. Déjà, le film se voit comparé à Slumdog Millionaire.

 

Le Soudanais Emmanuel Jal, ancien enfant soldat devenu star du rap, qui joue un méchant, est le seul visage connu dans la distribution d’Africa United. Mais c’est pour lui aussi sa première expérience d’acteur. Ce road-movie a pour héros cinq enfants qui parcourent près de 5 000 km pour rejoindre l’Afrique du Sud, où a lieu la Coupe du monde de football. Leurs origines sont aussi bigarrées que le continent : il y a Fabrice, petit génie du foot issu des classes moyennes, Dudu, un orphelin du sida à l’incroyable détermination, Beatrice, sa petite sœur douce et pieuse, la fière Celeste, une adolescente prostituée, et Foreman George, un ancien enfant soldat traumatisé originaire de république démocratique du Congo.

 

Les premières projections ont été marquées par une pluie de louanges pour les acteurs, et au Festival du film de Toronto le film a même reçu une standing ovation. “Ce fut un moment délirant, et un immense soulagement”, raconte la réalisatrice Debs Gardner-Paterson. Mais c’est surtout le moment où sort Africa United, après le succès de la Coupe du monde, qui rend le film si important, estime-t-elle. “Il y a toute une facette de l’Afrique qu’on ne voit tout simplement pas. Ce n’est pas une tâche facile de la dévoiler. Mais notre ambition à nous était de faire un film familial qui n’évince pas cet aspect de la réalité. De montrer aux gamins d’ici qu’il y a là-bas des gamins comme eux, dans d’autres situations, qui sont des individus formidables. Il y a tant d’histoires superbes et de gens formidables, entreprenants, intelligents, pleins d’entrain. Il y a tant d’ingéniosité et de créativité en Afrique, c’est proprement incroyable. J’ai un cousin qui a 14 ans et qui, après avoir lu le scénario, m’a dit : ‘Tu t’es trompée, ce gamin a un téléphone portable, on ne voit pas ça en Afrique.’ Je l’ai détrompé, bien sûr que si, qu’on voit ça, et c’est précisément ce qu’on veut montrer. Il y a tout un pan de l’Afrique que tu ignores complètement.” Debs Gardner-Paterson, dont la mère a grandi au Rwanda, était déterminée à tourner là-bas, ainsi qu’en Afrique du Sud et au Burundi. Africa United est ainsi devenu une coproduction rwando-britannique. “Les paysages sont hors normes, sidérants, et je trouvais moralement contestable de tout tourner en Afrique du Sud simplement parce que c’est plus facile”, explique-t-elle.

 

A l’origine d’Africa United, il y a Eric Kabera, [un producteur rwandais] qui a grandi dans un camp de réfugiés au Congo. A ses yeux également, c’était le moment idéal pour un film aussi euphorisant. “Quand je vais dans les festivals de cinéma, les gens disent en me voyant ‘Ah, voilà le gars du génocide’, parce que j’ai beaucoup travaillé sur cette période. Mais le temps est venu de montrer autre chose de l’Afrique. Il n’y a pas que des guerres civiles ici. Il ne faut pas éluder les problèmes. Mais n’ignorons pas non plus l’espoir. Ce film est l’occasion pour les gens de commencer à porter un autre regard sur l’Afrique, à travers des yeux d’enfant. Le football n’est qu’une métaphore. Mais j’espère que le film ouvrira la voie à bien d’autres histoires venues de ce continent.”

 

Comme pour Slumdog Millionaire, les créateurs d’Africa United ont été très sensibles à ce que cela représente de travailler dans un pays en développement. Ils soulignent que tous les enfants ont été très entourés. Africa United devrait faire évoluer les esprits des spectateurs et influer sur le sort de ses talentueux acteurs. Comme le dit Dudu dans le film, “rien n’est impossible”.

 

(source : article de Tracy McVeigh et Vanessa Thorpe pour The Observer repris dans Courrier International n° 1043)

 

Tonton Daniel

 

 

Africa United

 

 

Rédigé par tonton daniel

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